‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 127 sur 331 · TOUE I · texte numérisé non relu

TOUE I

campée am portes de la ville. Easnile û dépéduk k pMee Lobetxki et le eomte Eierski à Saûil-Pélershomvffj paar solliciter de rEmpereor Toiibli an passé. Etal reste, stncèremeat attaché à son pays, et Polooais dans rame , il ne voulait pas se soumettre saas conditîoos et voulait mettre à prix des succès qoekpie éphémères qu'ils parussent à ses yeux. Il espérait même à Taide de l'iotervention de h France et de rADgielerre, obtenir de la Russie des concessions qui auraient satiaiiait les exigences et iatté Tamour-propre de ses concitoyens. A cet effet il expédia des agents actifs à Londres et a Paris.

En même temps l'administration provisoire envoyait quatre de ses membres an quartier général du grandduc Constantin, pour lui proposer des arrangements aa moyen desquels ils répondaient de la soumission dfu peuple polonais. Ces conditions consistaient à rétablir la constitution octroyée par Alexandre, la suppression de l'acte addHimmel de 1825, la réunion à la Pologne des provinces de Lithuanie et de Volbynie, et une amnistie complète pour tout ce qui venait de se passer.

Le prince accueillit favorablement ces ouvertnres. a Sans vouloir répondre des intentions de l'Emperenr, à qui seul appartenait le droit de décider, il déclarait qu'il n'avait pas l'intention d'attaquer la ville sans un avertissement préalable de quarante- huit heures si les hostilités devaient recommencer; qu'M ne donnerait aucun orère au corps d'armée de Lithuanie, et qu'en rendant oonqpie an Gzar des événements qui venaient d'avoir lien à Varsovie, il voudrait bien en solliciter le pardon etToiiUi. 9 Le prince fit plus encore, û consentit à ce que les troupes polonaises qui l'avaient suivi rentrassent dans

te ville y s'eDgageant lai-niéme à quitter le territoire

polonais. Ces conditions acceptées à la satiafaetioa des deox partis, s'exécutèrent ponetoellenieat.

Lès soUats polonais rentrèrent avec anaes et bagages à Vanof ie et prêtèrent serment ao nouveau gouverne^ ment provisoire, pendant qne de son côté le grand-duc Coflsiaiitin a'âoîgnait à petites marckes dans la direction de la Volhjnie.

De ce moment, l'étoile du (vinee qui avait préféré ramour d'une femme à Fambition d'un trône eom* meoça i s'éclipser à rfaorizon de la scène politique.

La première nouvelle du soulèvement de Varsovie panint à l'Empereur au moment où la garde impériale cpi'il venait de passer en revue s'ébranlait pour le défilé ; il fit former le cercle aux généraux et aux officiers > et leor annonça d'une voix émue un événement si triste et nimpréra* a La trahison des troupes qui viennent d'entacher ainsi l^hooneur de l'armée polonaise , ditr-il , est UD des coups les plus douloureux qui pouvaient me frapper au cceur. »

Ces paroles produisirent un effet OMgique ; les offieiers supérieurs qui se trouvaient les plus rapprochés de la personne du souverain se jetèrent à ses pieds, et avec des larmes d'attendrissement jurèrent de verser pour lui jusqu'à la dernière goutte de leur ssDg. a Les rebelles y s'écria Nicolas , ne se sont pas contentés de briser le pacte qui unissait la Pologne à la Russie y ils ont la témérité de me poser des conditions... Msia è ce sentiment de votre indignation , je vois que voQs avez deviné ma réponse : La voix du canon me servira d'interprète, i» En attendant il adressa aiix Poloaais une proclamation fortement accentuée et dans laquelle il manifestait son intention immuable de ne

faire aucune concession ', et de n'accorder merci qu'à une soumission immédiate.

Ce fut par cette porte ouverte au repentir que le prince Lubetzki et le comte Ezerski , après avoir échoué dans leur mission, revinrent à Varsovie, où les clubs en permanence creusaient de plus en plus l'abîme qui s'était fait enire la Pologne et la Russie. Les ambitions privées, les passions populaires, étaient aux prises avec le mouvement de résistance que le général Chlopitzki s'efforçait d'imprimer à la situation. Cet homme de bien avait en quelque sorte rétabli l'ordre dans le désordre et constitué la révolution dans la révolution ; il possédait sans réserve la con6ance de l'armée, de la garde nationale et de la noblesse , lorsque les chefs des sociétés secrètes, jaloux de son pouvoir, lui représentèrent que l'autorité qu'il s'était arrogée était incompatible avec les institutions du pays et les vœux du peuple. Son orgueil s'en montra blessé; il donna sa démission aux deux chambres constituées.

La nouvelle de sa retraite répandit dans Varsovie une inquiétude qui ressemblait à de la consternation ; mais la Diète se hâta de rassurer les esprits en votant à l'unanimité un décret de reconnaissance pour les services rendus par le général , et en donnant son adhésion complète à la proposition de lui conférer avec la dictature l'autorité suprême la plus absolue. Cette proposition, également accueillie d'enthousiasme par le Sénat, ayant été convertie en décret, les deux chambres se réunirent dans la soirée du 8-20 décembre en assemblée plénière, où Chlopitzki se rendit pour le recevoir.

La cérémonie fut imposante de simplicité et de recueillement : le prince Adam Czartoryski , président du

^ Voyez les Documents hisloriqiics , n** 19.

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