‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 129 sur 331 · CHAPITRE OXZIKME. 4S · texte numérisé non relu

CHAPITRE OXZIKME. 4S

que le premier coup de caooa que nous tirerons sera le sigfoal de la destruction de la Pologne. Ces paroles , en Doos enlevant tout espoir d'obtenir justice, ne nous laissent plus qu'un noble désespoir.

» En conséquence , le peuple pidonais représenté par « la Diète déclare ^ Qu'il est indépendant et qu'il a le droit de disposer de la couronne en faveur de celui qu'il jugera digne de la porter, et qui lui présentera les garanlies les plus solennelles et les plus religieuses pour le maintien de la foi et du pacte juré. »

Treize membres seulement refusèrent d'apposer leur signature à cet acte signé par tous les membres de la Diète.

Un Eût étrange est le rôle que le nombre treize a joué à certsûnes époques dans les rapports de la Russie avec la Pofi^e. Ainsi, lors de l'élection d'Auguste II à Varsovie en 1697 , treize sénateurs portèrent leur vote sur le protégé du czar Pierre I". En 1733, lors de l'élection d'Auguste III à Praga, treize sénateurs seulement donnèrent leur voix à l'élu de la czarine Anna Yvanovna. En 1164, les plus zélés partisans de Stanislas* Auguste, l'élu de la czarine Catherine, étaient au nombre de treize. A la séaiice de la Diète le 3 mai 17D1, treize sénateurs ou nonces s'opposèrent énergiquement à la constitution. Le premier noyau de la confédération de Targowica en 1792 se composait aussi de treize personnages. Enfin , et indépendamment des treize abstentions précitées, il y eut en 1794, à l'époque de la révolution, treize exécutions d'hommes politiques accusés de dévouement à la Russie.

L'acte de déchéance fut communiqué aux cabinets de l'Occident C'était le gage exigé par leurs promesses, puisque la Pologne avait recouvré son indépendance....

«M HISTOIRE DE UEMFERIUR ISfIGOLAS.

Que firent les cabinets alors I fls renièrent œ qn'iis avaient impliciteineiit enoonragi; ils prétendirent que p«r le mot intervention ils n'avaient jamais compris autre ofacwe qu'une intervention purement dij^omatique, devenue désormais impossible par le fait seul de la déchéance des Romanoffl

Le gouvernement de Louis-Philippe , moraieaMDl phis compromis dans un mouvement qn'ii vrai dire il avait redouté plus qœ désiré, osa £ure entendre une voix conciliatrice entre les menaces de la Russie et les résistances de la Pologne ; mais l'emperear Nicolas , qui ne pouvait loi pardonner ce quMl appelait une usurpaHom de famille, lui fit répondre sèchement : « Que me veuton? De quel droit se méie-t-on de mes affaires? Depuis quand le charbonnier n'est-il plus le maître chez lui? Les Polonais sont des rebelles, et comme tels je dois les combattre et les punir. Ils doivent subir la peine de leur ingratitude, car ce sont aussi des ingrats. J'ai lont frit pour eux. Qu'était la Pologne avant moi? Un désert de sable et de boue« Elle me doit tout : son bien-^tre, son armée, ses finaoces.... Les canons qui servent aqoord'hui osMtre moi sont ceu que je lenr ai envoyés après la prise de Varna.

» Empereur de la Russie, je ne puis faiblir devant la révolle , car je dois rendre compte à l'histoire de la mission qui m'fôt confiée.

9 Je resterai Russe avant tout; c'est mon droit, c'est mon devoir, c'est ma politique. Si j'avais le malheor de transiger, de reculer, je périrais dans la tempête qœ j'aurais voulu étouffer.... Ne me demandes rien d'impossible. «

Les Polonais avaient brûlé leurs vaisseau; aussi, malgré les mécomptes, malgré les manvais vouloirs,

GHAFITIUE ONZIÉBMC. 417

WÊÊtAj^é Tabseace de kHif 8ec«iure^ malgré les hostilités fi/Ê» OU moiiM pateates de la Prasse et de rAutricbe, seals y sans autre espérance que celle de vaincre ou de Mourir, ils se jetèrent vaillamment dans la lutte.

Le 18 «âO janvier y les chambres nommèrenl un jpmveraemeut naiiomal composé 4t cinq membres, non responsaUeS) et jonîssaBt d'une autorité égale aux prérogatives d'une royauié.

Le priuce Adam Csartorjski et BanEÎkowski représentaient Félémeiit xnooardiique pur; Vincent Miexnoiovski et Théophile Morawsài , les idées coostitotion- .aoUes; Lelevel seul représentai! les idées démocratiques. Le priuoe Cnrtoryski, élu président de ce gou vemement, fit aussilél une proclamation, que les rebelles considérèrent comme un branle-bas de combat a Mon devoir, disait^ eo terminaut , m'oblige à déclarer dès à présent que le aart du pays et l'intérêt de la nation ne peuvent être è mes jeuK encbilnés à aucuns liens particuliers. L*armée et le gouvenemeat doivent combattre jusqu^a fat fin, et dispuler opinifttréntent chaque pied da terrain reaté libre ém terrttoire nationaL »

Le gage des combats éUU jeté. Dans les premiets JOTirs de février, au milieu d'un hiver 4es plus rigonxem, cent vingt mille Russes sous le commandement da fidd-roaréchal DîeUtschZabalkaKiskiy réunis sur k £mntière occidentale entre Kovao et Ouatiloag, entrèrenl en Pologoe par plusieurs points. A mesure que leurs divera corps avançaient an convergeant vers Varsovie, les Pobuais, au nombre de quatre-vingt-dix mille kcMumeSy sous les ordres du prince lUdziurilly évitant avec prndnnce un engagement général, se repliaient anr la capitale. Chlopitaki, qui s'était démis de la dicUture |M>nr ne pas être responsable d'une lutte inégale contre

4S8 HISTOIRE DE L*ElfFEREUR NICOLAS.

la Russie , s'était rendu à l'armée pour assister de ses conseils le général en chef et pour combattre à Tavantgarde ea simple volontaire.

D'après le plan de défense adopté par le prince Radziwill, les troupes polonaises se concentrèrent vers le faubourg de Praga. Les Russes , en voulant tomber sur leur aile droite , furent battus à Stoczek le 2-14 février par le général Dwernicki, et perdirent dans cette affaire onze canons. Diebitsch, occupant bientôt le bois de Grochow avec quatre -vingt mille hommes et deux cents bouches à feu , offrit la bataille aux Polonais , qui , malgré l'infériorité de leurs forces, l'acceptèrent bravement. L'action s'engagea de part et d'autre avec un égal acharnement. Elle dura toute la journée , sans autre résultat qu'une perle considérable des deux côtés. Le lendemain 8-20 février, les Russes, partagés en deux divisions commandées , l'une par le général Rosen , et l'autre par le comte Pahlen, engagèrent de nouveau le combat De l'aveu du généralissime russe lui-même, les Polonais, combattant avec cette intrépidité qui est le trait caractéristique de leur nation, firent reculer les troupes du comte Pahlen, et firent des prodiges de valeur pour chasser les Russes d'un bois où ils s'étaient mis à couvert contre les charges de la cavalerie. La nuit seule mit fin au combat. Les Russes, par le fait qu'ils s'étaient rapprochés de Varsovie, s^attribuèrent la victoire; mais entre eux et cette capitale l'armée polonaise, ferme, intrépide, pleine d'enthousiasme, élevait un rempart de baïonnettes.

Le généralissime rosse ayant reçu de nombreux renforts, entre autres vingt mille hommes composant le corps des grenadiers , ne tarda pas à recommencer la lutte. Le 24, il enleva le village de Bialolenska sur la gauche des Polonais; le 25, il dirigea toutes ses farces

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