CHAPITRE OXZIÈHK. 4S
contre les divisions Zymirski et Skrzynecki, appuyées sur un bois en avant de Praga. Les Polonais supportèrent bravement ]e choc. Diebitsch, soutenu par une artillerie formidable, redoubla d'efforts, et parvint à percer le centre de ses ennemis. Le bois fut emporté y mais les généraux Chlopitzki et Skrzynecki, ralliant leurs troupes sous le feu qui les foudroyait, s'élancèrent de nouveau sur cette position , et la reprirent après un engagement meurtrier d'une heure. Chlopitzki, blessé dès le commencement de l'action, ne voulut pas quitter le champ de bataille. Cependant les Russes revinrent une seconde fois à la charge avec une telle impétuosité , que les Polonais, malgré leur courage, durent abandonner ce poste important. Ils se replièrent en bon ordre sous le canon de Praga , où Diebitsch tenta vainement de les forcer; mais, redoutant avec raison que la débâcle de la Vistule, en brisant le pont de Praga, ne coupât leurs communications avec la capitale , ils rentrèrent à Varsovie.
Le prince Michel Râdziwill déposa son commandement le 14-26 février, et la Diète nomma pour le remplacer comme général en chef Skrzynecki, qui s'était couvert de gloire dans ces divers engagements. Le quartier-maitre Prondzynski lui fut adjoint en qualité de conseil. Les armements se poursuivirent de part et d'autre avec un nouveau degré d'énergie. Mais le comte Diebitsch, condamné à l'inaction jusqu'à la débâcle de la Vistule, abandonna les plaines de Grochow : il se retira sur Plock avec son principal corps, que devaient rejoindre de nouvelles troupes arrivant de Russie à marches forcées. Cependant de fortes divisions restèrent en observation devant Varsovie. L'une d'elles, sous les ordres du général Rosen, s'établit à Dembewilkié; une
un HISTOIRE D£ URXPKIEUR NICOLAS.
autre, commaiidée par Geismar, à IVaver; un troisième corp», plus avancé, étendait ses lignes jusque so«s le canon de Pra^ On touchait aux premiers joors de mars; le temps se mil au dégel ^ la débide de la Vistoie d'abord y son débordement ensuite ^ suspendirent les opérations de guerre pendant le mois entier. Le générai Skraynecki profita de ce répit pour ouvrir de nouvelles négociations avec Diebitsch, pour terminer les (briificatîons de la capitale, combler les vides de son armée » et réparer son matérieL Le général russe, se conformant aux ordres dn Czar, demandait avant tout la soumisûoo des Polonais sans conditions. La reprise des hostilités était imminente. Skrzynecki en donna le premier le signal.
Dans la nuit du 30 au 31 mars , il se mit.à la tête de vingt-cinq mille hommes, et, défilant par le pont de Praga^ il se porta rapidement sur Waver par des chemins couverts de paille; de sorte que, protégé par le silence des chemins et Tobscurité de la noil, il put tomber sur le corps de Geismar surpris à Timproviate. Ceini-ci, débusqué de ses positions, se replia sur la division de Rosen à Dembewilkié, qui fut également culbutée après un combat acharné de dix-sept heures.
Le colonel Ramorino , que la mort des traîtres devait atteindre plus tard dans les plaines du Piémont , se distingua et contribua particulièrement au succès de cette brillante affaire, qui coûta aux Russes cinq à six mille hommes tués, six mille prisonniers, douze canons et deux drapeaux. Le général Rosen abandonna Mindi et se replia sur ses réserves , poursuivi l'épée dans les reins par les Polonais, qui, le 29 mars- 10 avril, remportèrent une seconde victoire au village d'Iaganie.
La fortune des combats souriait alors aux armes polo» naises; mais aux horreurs de la guerre vinrent se joindre