CHAPITRE ONZIÈME. JOft
bîentAl celles du choléra. <c C'est aisâi, disait le généralissime pokoais dans un rapport dn 22 avril, que dans sa crvauté i'euoeiiii qui depuis des siècles Tomîi sur noire sol foules sortes de maox vient de bous apporter le fléan qui nous manquait » Plus que le boulet répîdémie asiatiqoe creusait de larges trouées dans les rangs des combfttteDts.
Sur ces entrefaites , une insurrection formidable édalaal en Lithuanie sembla promettre une diversion en ia^ear de la Pologne, mais elle ne fit qu'irriler davantage encore l'empereur Nicolas , décidé à écraser partout la réFolalîoQ. Le mouvement de la Lilbuanie s'étendit à plusieurs contrées de la Volhynie, de l'Ukraine et de la Podolie, qui se soulevèrent sous Timpalsion de Tysikiewiez et de Kolysko; mais le succès ne répondit pas aux espérances ; Kolysko, battu près de Dasaow, fut rejeté ea Gallicie.
Cependant le comte DieUtsch avait achevé ses préparatifs et réorganisé son armée à l'aide de puissants renforfs. Voulant alors frapper au ccêur l'iosurrection, il se mit en marche sur Varsovie. Les Polonais se retirèrent gradoelJement devant lui. Le 28 avril , le quartier général russe se trouvait une seconde fois à Minsk; mais le pays était tellement épuisé par le fait des Polonais, détruisant tout ce qui pouvait servir à leurs ennemis , que le maréchal Diebitsch, manquant de paille même pour ses chevaux , fui obligé de reprendre ses premières positions. Après queJques escarmouches insignifiantes, Skrzpecki entreprit une série de mouvements contre l'aile droite de Diebitsch, occupant alors Ostrolenka, sar la rive gauche de la Narew. Les troupes russes, quoiqu'elles comptassent alors dans leurs lignes les régiments de Ja garde impériale, abandoûnèrent les fortifications
«ai HISTOIRE DE L'EUPEREUR MGOLAS.
élevées sur ce point, et reculant devant une bataille générale, se retirèrent dans la direction de Bialystock.
II semblait qne le plan du général russe , en laissant s'aventurer aussi loin de leur centre d'opérations les colonnes polonaises, était de concentrer ses forces dans son mouvement rétrograde , a6n de pouvoir ensuite envelopper dans un réseau de baïonnettes le noyau de l'insurrection. En effet, le 21 mai, passant de nouveau le Bug , il se remit en pleine marche contre les Polonais. Skrzynecki, affaibli par Téloignement d'un corps de troupes qu.'il avait envoyé en Lilhuanie, et craignant d'être écrasé sous les masses de l'armée russe , se relira à Ostrolenka dans l'intention de repasser la Narew.
II avait à peine effectué ce mouvement que le maréchal Diebitsch, culbutant à Nur la division du général Lubienski, vint lui présenter la bataille. La rencontre était inévitable; elle fut sanglante. Diebitsch ne parvinl qu'au prix des plus grands sacrifices à s'emparer d'Ostrolenka le 14-26 mai; chaque pouce de terrain fut disputé avec acharnement, et dans aucune bataille moderne le courage personnel ne joua un rôle plus brillant. Les soldats, les officiers eux-mêmes luttèrent corps à corps; le généralissime, payant de sa personne, conduisit les combattants à la charge, bataillon par bataillon. Sous le choc de son pied, comme sous celui d'Ajax, le sol , couvert de cadavres , semblait vomir les guerriers. Un instant il parvint à traverser le pont, mais ses troupes^ foudroyées par l'artillerie polonaise , furent rejetées sur l'autre rive à travers des monceaux de morts.
En définitive, le champ de bataille resta aux Polonais, mais cet avantage fut acheté par des pertes cruelles : trois cents officiers, parmi lesquels se trouvaient les généraux Kicki et Henri Kaminski, gisaient percés de
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coups sur le tenrain; sept mille soldats matoqaèreot à rappel. Les Russes perdirent une qniniaitte ^ miJI^ hommes.
Celle bataille terrible , qui marqua le terme des succès de la Pologne, fut aussi la dernière que livra le feldmaréchal Diebitsch. De grands changements s'opéraient dans le camp russe, où l'empereur Nicolas, voyant que malgré de pompeux rapports la guerre traînait en longueur, avait envoyé le comte Orloff, chargé d'une mission spéciale auprès de son armée. Diebitsch mourut à la suite d'un banquet, le 10 juin, près de Pullusk. Cette mort, attribuée à une attaque de choléra, produisit une vive impression. Malgré les mystères qui recouvrent encore la tombe du héros des Balkans, et soit que cette mort provint d'un crime ou d'un suicide, il est certain qu'elle le dérobait à la honte d'une disgrâce résolue par le cabinet de Saint-Pétersbourg.
Quelques jours plus tard, le 15-27 juin, le grand-duc Constantin, la cause primitive, sinon le prétexte, de cette guerre sanglante , mourut aussi subitement à IVitepsk au moment où le comte Orloff venait d'y arriver. On prétendit alors que le choléra avait choisi cet homme pour en faire le ministre de ses hautes œuvres. La princesse Jeanne de Lowicz, qu'une destinée fatale avait unie au sort du grand-duc Constantin, le suivit de près dans la tombe , où bientôt devaient la rejoindre les espérances d'un peuple qui l'avait surnommée Vange de la Pologne.
L'armée russe, épuisée par les ardeurs d'une lutte sans résultats définitifs, et surtout par le manque de munitions, reçut avec enthousiasme le général en chef qui loi fut envoyé par l'empereur Nicolas. Le comte Paskevitch-Erivansky apportait avec lui le gage d'un succès t. S8
inlûHiUf . En pea de JMrs , 11 réorganisa les cadres de l'armée) poarwt abondamiDeiii à son approvisionnement, et marcha sur Varsovie, qui depuis cinq semblait braver les eolères de l'aigle impérial.