CHAPITRE DOUZIÈME
Revers de l'ara^ polonaise. — Belle retnile du -général DembinskL — Nnit d'horrenn k Varsovie. — Sii^e de la ville. — Prise do Tort Wola. — Mort d'un bnve. — L'ardn rèfmê à Vùnovit, ^ Contéfueices d« fia— itectie» vaiacK. -« Le lieatenant Stanislas. — Le choléra à Saint- Pëlersboarg. — Avengiemeat des ■aatses. — Bneute populaire. — Paissance de t'empereur MFicolas. — Révolte des colonies militairesk — HorriUe laerie. ^ Coora^eose condalte ée Nicolas. — Une bouteille de chlore. — Statut organique de la Pologne. ~ Proteaiation des paissances eecidenfaies. ^ If alhenrs poNtiqnet et persée otîons rtltgieoscs de la Pologne. — Création dn tiers état en Russie. — Fondation d'une ookmie d'invidides. — Établissement de tribunaux de commerce. — Système d'édvcalion poor le gnnd-duc bërilier. ^ Leçen d'histoire. ~ Tentative d'assassinat sur la personne de l'Empereur. — Clémence. — La fortune vient en dormant — Plan de Pierre le Grand poor rngvandissemenl de la Russie. -> Conflit de la Porte avec l'Egypte. — Intervention rnsse. — Graves complications.
— Emprunt de 8 millions de francs. — Traité secret entre la Porte et la Russie.
— Rcft cMiaéi|aences.
Qv^oiqv^e le général Skriyned^i iét resté maître des posilions qu'il occupait avant la bataille d'Ostrolenka , il jugea prudent de commeDcer le lendemain sa retraite ; il la continua sans être inquiété jusqu'à Praga, pour y couvrir une seconde fois la capitale. Durant la plus grande partie du mois de juin , les opérations actives des deox armées principales forent suspendues; il n'en fut pas de même sur d'autres points oii l'insurrection polonaise faisait des efforts inouïs pour exciter et propager le mouvemenL Presque partout il y eut des soulèvements partiels ; n^s les insurgés , malgré des succès d'escarmouches , se montl^reot ineapabtes de tenir la campagne contre les RussesL
En Volhynie, le général Rudtger battit simultanément les généraux Jaokovdci et Chrzaaowski. En Lithaaaie, le général Sacken, non moins heureux, refoula sur le territoire prussien les troupes du général
5ts.
Gielgud, accusé de trahison par les uns, et reconnu parfaitement incapable par les autres. Une seule division, commandée par le brave général Dembinski, préférant les hasards de la guerre à la honte d'un refuge sur une terre étrangère, résolut de s'ouvrir, les armes à la main, la route de Varsovie. Cette manœuvre hardie, conçue avec courage par Dembinski et exécutée avec une rare habileté, eut un plein succès. Ce vaillant capitaine eut la double gloire de ramener ses troupes et ses canons à Varsovie et de recevoir les honneurs d'un véritable triomphe. Ce fut au milieu des acclamations du peuple et d'une pluie de fleurs qu'il fit sa rentrée dans une ville sous les murs de laquelle allait se vider le duel de l'indépendance polonaise contre la domination russe.
Varsovie était préparée au siège qu'elle allait soutenir. La population entière était sous les armes, et tel était J'enthousiasme public, que des femmes, oubliant dans i'amour de la patrie la faiblesse naturelle de leur sexe, avaient quitté les douceurs du foyer domestique pour les périls des combats. La ville, mise à l'abri d'un coup de main par le zèle de ses enfants, ne se trouvait malheureusement pas à l'abri des intrigues et des dissensions intestines; les désastres de la guerre avaient porté un coup funeste à l'harmonie, ainsi qu'il arrive toujours dans la mauvaise fortune. Ces désastres furent attribués à l'incapacité et à la trahison des chefs, coupables de n'avoir pas réussi; on les rendit responsables non-seulement de leurs revers, mais encore du mauvais vouloir ou de l'indifierence des cabinets européens. La position de l'insurrection, acculée sans espoir de secours contre les murs de la capitale, avait réveillé la mésintelligence , affaibli l'enthousiasme et j^té le doute dans les esprits : la défiance était devenue générale.