‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 134 sur 331 · CHAPITRE DOUZiàMB. M · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZiàMB. M

Peut-elle vivre, rbéroique nation 4|a*oii a vue mourir tant de fois? et peut-elle mourir, celle q«e les tr<M»pettes de i'iodépendaDce nationale ont reesoscttée si souvent?

Les cirnséquenees de cette imurreetion , qui par son impétuosité d'abord et ses premiers succès ensuite avait étooné le monde, furent &tales, comme nous le verrons plus lard. L^empercur Nicolas a su vaincre souvent, mais il a'a jamais su pardonner. Dans soqb cœur mystérieux composé d'or et de bronse, le sentiment de la force a toojours combattu celui de la clémence. Empereur et cbef de la religion orthodoxe , il aurait dû savoir cependant que la miséricorde est le plus doux attribut de la poissanee, et la vertu la plus agréable à Dieu* L'Empereur se trouvait sur la route de Tsarskoé^Sélo à Saint Pétersbourg lorsque le comte Souvaroff, envoyé tù courrier par Paskevitefa, lui annonça la prise 4e Varsovie. Nicolas descendit aussitôt de voiture et se mit à genoux pour rendre grâce à Dieu , qui venait une fois encore de bénir ses armes.

Les premiers moments de la victoire furent consacrés par le gouvernement russe à récompenser les chefs qui avaient bien mérité de Tempire. A son titre d'Erivanaki, Paskevitch, élevé à la dignité de prince, reçnt rantorisatVon de joindre celui de Warszowski, et fut nommé Souvemew général de Pologne. 11 débita dans ses nouvelles fonctions par établir, suivant les intentions du Csar, un gouvernement provisoire sous la présidence du conseiller d'État ËngeL

Aux récompenses de la fidélité succédèrent les cbàtinenis de la révolte. L'Empereur, qui, tout en déplo^ rant la persistance des Polonais , n'avait pu s'empêcher d'adoiiner leur brillant courage , inclinait pour la générosité envers les vaincus; mais les Russes , jaloux des

libertés dont la Pologne avait joui en dehors d'eux, la noblesse et le clergé, justifiant leurs exigences par les efforts et les sacrifices que la Russie avait faits pour soutenir la lutte, demandaient une satisfaction pour la mort de près de cent quatre-vingt mille hommes resiés soit sur les champs de bataille , soit dans les lazarets, soit dans les hôpitaux.

C'est principalement dans le but de sonder et de modérer ces sentiments hostiles à l'infortunée Pologne, que l'Empereur et l'Impératrice firent au mois de novembre un voyage à Moscou , où la noblesse rosse réside dans toute sa vitalité. Là, de même qu'à Saint-Pétersbourg, les conseils de la colère l'emportèrent sur ceux de la miséricorde. Aussi le Czar publla-t-il un décret d'amnistie, que les Polonais, faisant allusion à la date russe qu'il portait, le 1*' novembre, appelèrent un décret de mort. Par une fatale ressemblance avec la plupart des actes de ce genre, celui-ci comprenait pins d'insurgés dans ses exceptions qu'il n'en appelait au bénéfice de la clémence. L'ère des réactions impitoyables s'ouvrîl donc pour la malheureuse mais héroïque Pologne. Les séquestres, les confiscations de biens, les arrestations de personnes, les déportations en Sibérie furent mis à l'ordre du jour. Le vœ victis prononcé à Saint-Pétersbourg avant l'ouverture des hostilités s'accomplit dans toutes ses rigueurs.

Cependant, comme nous l'avons dit, l'Empereur, dans sa juste appréciation des grandes choses, ne pouvait s'empêcher d'admirer le courage des Polonais. Il en rendit un public hommage dans la personne d'une jeune fille qui s'était particulièrement distinguée les armes à la main dans la lutte gigantesque de l'indépendance contre la domination.

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