‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 141 sur 331 · CHAPITRE DOUZIÈME. 4«l · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME. 4«l

pandre sur leur pays et de la modéralion qu'il montrait à l'égard des vaincus.

Ce n'était pas assex pour Ja Pologne de se vcnr arracher les derniers vestiges de sa liberté et de son indépendance nationale, elle devait être frappée dans ses enfants, dans tontes les instilutions qui faisaient son or» gQeil et sa gloire.

Le cbàleao des rois de Pologne fut dépouillé de tous les objets d'art rappelant ses souvenirs historiques, et les deux salles où s'assemblait la Diète furent converties en casernes. Un caporal russe représentait ainsi la pensée qui devait désormais présider aux destinées dû pays.

La cocarde moscovite fut substituée à la cocarde po* lonaise, et Tordre national du Mérite militaire transformé en un ordre russe.

Immédiatement après la publication du statut organique, le feld-maréchal Paskevitch fit paraître un décret conceniaot l'enrôlement des militaires polonais amnistiés dans les cadres de l'armée russe. En même temps, le gouvernement résolut de transplanter un grand nombre detamilles polonaises sur les steppes de la Couronne, et de préférence sur la ligne du Caucase. A cet effet, le gouverneur de la Podolie reçut l'ordre de prendre les iDesares nécessaires pour une première transplantation de cinq mille gentilshommes de cette province. Voici les mstmctioos que lui adressa à ce sujet le ministre des fîoauces :

^ Sa Majesté l'Empereur a daigné émettre l'ordre SQpréme de faire les règlements nécessaires pour faire transplanter, pour une première fois, cinq mille familles de gentilshommes polonais du gouvernement de Podolie ^nr les steppes du Trésor, et de préférence dans les dis-

Jlêt HISTOIRE DE L'EMPEREUR NICOLAS.

Iricte du GaucMe, poar qu'ensuite les transplantés soient enrôlés au service militaire.

» Pour effectuer ladite transplantation , il faut choisir : 1* les personnes qui, ayant pris part à la dernière insnrreetion, sont revenues an terme fixé témoigner leur repentir; celles aussi qui ont été comprises dans la troisième classe des coupables et qui , par conséquent , WBti obtenu la grâce et le pardon de Sa Majesté ; 3* les personnes dont la manière de vivre y d'après Topinion des autorités locales , éveille la méfiance du gouvernement, etc., etc. y>

Le gouverneur de la Podolie avait plein pouvoir de contraindre par la force les gentilshommes qui refuseraient les bienfaits de la clémence impériale.

Quelles que soient les rigueurs de ces mesures cmelles, elles n'égalent point encore celles de Foukase décrétant que tous les enfants mftles vagabonds , orphelins ou pauvres, seraient dirigés sur Minsk et incorporés dans les bataillons des cantonistes militaires. En conséquence, un grand nombre d'enfants furent recueillis dans les villes et dans les campagnes pour être façonnés aux mœurs , h la langue et à la religion russe. Cette déportation commença à Varsovie le 23 avril-5 mai par les enfants trouvés déposés à l'hôpital, par les fils des militaires morts pendant la guerre et par les orphelins; elle comprit ensuite les enfants d'une classe plus aisée, les fils mineurs des invalides, et ceux qui fréquentaient gratis les écoles élémentaires.

Pour rendre cette mesure plus complète , les autorités employèrent un moyen d'une perfidie révoltante. Dans la crainte que les familles ne dérobassent leurs enfants aux recherches de la police, on offrit une prime de secours à toutes celles qui déclareraient en avoir besoin.

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