‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 142 sur 331 · CHAPITRE M)CZ1ÈME. JMft · texte numérisé non relu

CHAPITRE M)CZ1ÈME. JMft

C'est ainsi qn'im nombre coDsidéraUe d'babitaats, rai* nés oa appauvris par la guerre, furent amenés à prodaiie eux-mêmes le nombre de leurs enfimts, qui bientât furent arrachés de leurs bras.

Le désespoir des mères à la vue de ces enlèvements, qui rappellent 9 par le mode de Texéeution et le but dans lequel ils étaient pratiqués, l'institution des janissaires, donna lien à des scènes déchirantes : plusieurs femmes se donnèrent la mort ; on en vit une briser le crâne de son enfant pour le soustraire par un infui* ticide aux souffrances de l'exil , et se suicider ensuite pour se soustraire par un second crime au châtiment du premier.

Tandis que l'armée russe comblait le vide de ses cadres par Venrôlement forcé des Polonais insoumis ou amnistiés, la Russie elleHuéme, ainsi que la Ranvs an** tique, offrait à sa victoire les dépouilles opimes des vaîocos en s'appropriant les objets d'art ou d'antiquité qui pouvaient encore consoler les vaincus. A rexœption de quelques ouvrages de médecine, d'astronomie et de ihéotogicy la bibliothèque de Varsovie, si riche en ma- Quserits rares et précieux, fut transportée à Saint- Pétersbonrg. Le cabinet des estampes et des médailles éprouva le même sort. La suppression de l'université de IVilaa et de la société' philomathique de Varsovie, la sup« pression de toutes les institutions littéraires et scienti^ fiqœs, des universités, des écoles militaires, des collèges de la Pologne, ou leur transfert dans d'autres villes, couronnèrent cette œuvre de spoliation et de destroction.

Dans ce grand naufrage de la nationalité polonaise, l'orthodoxie russe n'épargna point la religion catholique. Les onkases qui parurent pour restreindre ou pour en^

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Graver l'exercice de ce culte, professe par la grande majorité de la nation, prouvent qu'il était considéré comme un obstacle à l'incarnation de la Pologne dans l'élément rosse.

Au milieu de ces calamités, aggravées par le zèle des courtisans, toujours prêts à dépasser la volonté du maître, la Pologne présentait un aspect de tristesse qu'eUe cachait dans le cercle de plus en plus rétréci des relations sociales , car de la douleur publique on loi eût fait un crime de lèse*Russie. La police et l'espionnage en étaient venus à ce point de suspecter jusqu'aux regrets et aux larmes. Seuls les émigrés et les Polonais sujets de l'Autriche avaient conservé le triste privilège de porter publiquement le deuil de leur malheureuse patrie.

Mais de toutes les blessures faites au cœur des Polonais, la plus cruelle fut la persécution exercée contre la religion catholique romaine, base fondamentale de la nationalité polonaise. Le système adopté à cet égard avait pour but d'assurer le triomphe du culte gréco-russe; il a été poursuivi depuis avec une rare persévérance. Deux cents établissements religieux environ en Podolie, Lithuanie ou Voihynie , furent abolis et leurs biens confisqués. Un grand nombre d'ecclésiastiques, plusieurs prélats éminents , subirent les traitements les plus rigoureux. Les exécuteurs des hautes œuvres de l'orthodoxie moscovite joignirent plus d'une fols l'ironie à la cruauté, ainsi que le prouve la décision suivante rendue contre le vénérable abbé Sierocinski : a Considérant que le coupable est d'un âge très-avancé , il est condamné à la perte de ses titres de noblesse, de sa fortune, et à un bannissement perpétuel en Sibérie. » En écoutant cette sen* tence , le prêtre catholique leva les yeux au ciel et répondit : tt J'en appelle à Dieu , notre maitre à tous. » Le

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