CHAPITRE DOUZIÈME. «TT
ont fait un cours complet d'études ou subi des examens convenables y etc. , etc. »
Cofnme on le voit, ces prérogatives impériales ouvraient au travail et à la probité une carrière d'émulation dans laquelle Tindustrie active et le talent trouvaient les honneurs et les distinctions , justes récompenses d'un mérite reconnu.
£n même temps que l'empereur Nicolas accordait une vie nouvelle aux parties militantes de ses peuples, il témoignait sa reconnaissance aux mutilés de ses armées fidèles, en fondant aux frais du cabinet impérial une colonie d'invalides près de Gatchina, entre Ingerbourg et la barrière de Hozine. Le but de cette fondation , qui devait porter le nom de slobode Pavlovskoïa , en l'honneur de l'empereur Paul I", était d'offrir un asile aux sous-officiers et soldats invalides de la garde ayant une famille et se trouvant, à l'époque de leur congé, dans l'impossibilité de s'établir au lieu de leur naissance.
Les maisons de cette colonie militaire furent construites de manière à contenir chacune deux familles; les jardins potagers qui les entouraient , et une portion de terrain propre à la récolte des grains et des fourrages, devaient pourvoir aux besoins matériels des familles. Chaque invalide reçut en outre une somme de 100 roubles pour frais d'installation , et la faculté de recueillir dans les bois et parcs de la commune des chablis pour son approvisionnement de chauffage.
Après la mort des invalides, leurs enfants héritaient seulement de leur mobilier; mais les veuves chargées d'enfants en bas âge pouvaient rester dans les maisons et jouir du produit des terres jusqu'à l'entrée de leurs fils dans les établissements militaires, ou jusqu'à ce que leurs filles eussent atteint l'âge de seize ans.
Ces actes de munificeoce furent accaeillis avec une vive gratitude par l'armée.
La position des généraux et des officiers mutilés dans les combats devint également l'objet des sollicitudes de l'Empereur. D'après un nouveau règlement, rédigé par ses ordres et publié le 18-30 août, les généraux et officiers blessés sur les champs de bataille de manière à ne pouvoir plus servir, devaient recevoir des pensions proportionnées à l'élévation de leurs grades, savoir : un général d'infanterie ou de cavalerie , 6,000 roubles ; un lieutenant général, 4,500 roubles; un général-major, 3,000 roubles; un colonel, 1,200 roubles; un lieutenant-colonel, 1,125 roubles; un major, 1,050 roubles; un capitaine, 975 roubles; un capitaine en second, 900 roubles; un lieutenant, 825 roubles; un sous-lieutenant, 750 roubles; un enseigne, 675 rpubles. Une pension supplémentaire et proportionnelle était en outre allouée à ces officiers pour leurs frais de domestiques. Les médecins et les pharmaciens devaient, en cas de maladie, leur donner gratuitement les uns des soins, les autres les médicaments. Enfin, les villes où ils établiraient leur résidence étaient tenues de leur fournir le logement, le chauffage et l'éclairage.
La sollicitude constante de Nicolas pour les intérêts généraux de l*empire embrassait tous les rouages qui faisaient mouvoir l'immense machine dont il était à la fois le cœur, la tête et le bras. Les affaires litigieuses en fait de commerce, souffrant des lenteurs souvent inévitables dans les tribunaux ordinaires , réclamaient depuis longtemps la création de tribunaux de commerce. L'empereur Nicolas combla cette lacune en créant des tribunaux spéciaux dans les deux capitales et dans les villes où le commerce , par son importance et son éten-