CHAPITRE DOUZIÈME
les montagnards du Caucase et du Daghestan avaient repris les armes : Kasi-Moullah, Vun de leurs chefs les plas redoutables, s'empara de quelques irillages, qu'il pilla ^ et se mesura avec les troupes russes, qui ne réussirent qu'avec peine à délivrer le Daghestan de cet audacieux chef de parti.
Kamsad-Beek, autre rebelle non moins fameux, lui succédant,, souleva deux mille montagnards, à la tête desquels il envahit la province de Djary, et propagea la sédiiiion chez les Lesghis. Ce partisan , après avoir intercepté toute coxomunication avec la forteresse de Zakataj^^ menaçait les provinces de Yelcussi et de Schetu Résolu de déjouer ses projets,, le lieutenant général Bifesen marcha contre lui et dispersa une première bande de mille insurgés. Il compléta la défaite de ces peuplades sauvages par une nouvelle victoire qui coûta la vie à Kasi-MouUafa, tué dans le défilé inaccessible de Gimry«
Vérification faite de son bilan militaire, l'année 1832 fut heureuse pour l'empereur Nicolas. L'unité moscovite, menacée en Asie et en Europe sur les frontières de son propre territoire, était sortie victorieuse de cette double lutte : l'épée avait détruit en Pologne la faible barrière élevée par le congrès de Vienne entre le colosse russe et l'Europe occidentale, où la préoccupation produite par cet événement allait se compliquer encore par raititude que la Russie se proposait de prendre dans la guerre du pacha d'Egypte contre le sultan Mahmoud.
Seul entre tous les cabinets européens, celui de Saint- Pétersbourg s'était prononcé entre les deux parties belligérantes. Dès le mois de juin, il avait rappelé son consul général d'Alexandrie, preuve d'un bon vouloir pour le Divan dont celui-ci songea à profiter après la bataille de Koniéh. Dans la situation désespérée que lui avaient faite
les armes égypliennes , il ne pouvait que recourir à Fassistance des nations chrétiennes. Déjà, il s^était adressé à TAngleterre , mais le cabinet de Londres avait refuse de lui prêter son appui. Ce fut la plus vieille ennemie de Tempire ottoman , la puissance que la Porte pouvait à bon droit considérer comme la cause première de ses malheurs y la Russie enfin , qui vint la protéger par uoe intervention armée dans Constantinople avec autant de zèle que s'il se fût agi de ses propres intérêts.
La Russie agissait comme puissance auxiliaire, préservatrice ; mais FEurope ne savait-elle pas que c^était sous ce masque qu'elle était autrefois intervenue dans les affaires de la Pologne, qu'elle venait de livrer aux serres de ses aigles ? De là s'explique cette méfiance universelle qui se manifesta, surtout en France et en Angleterre, au moment où ces aigles dirigeaient leurs ailes vers les riches contrées que Pierre le Grand avait recommandées à leur vol.
Ce fut à cette époque que l'empereur Nicolas prescrivit , par un rescrit au ministre des finances , d'inscrire au grand-livre des dettes de l'État un emprunt de 80 millions de francs , avec intérêt de 5 pour 100 et de 1 pour 100 d'amortissement. La maison Hope, d'Am- ^ sterdam , chargée de le réaliser, l'émit au taux de 84. Les souscriptions furent immédiatement remplies.
Nous passerons sur les détails du conflit turco-égyptien, qui, sans aucun doute, aurait ouvert Constantinople à l'heureux Ibrahim , libre, comme il le disait lui-mêoie alors, d^aller faire boire son cheval dans les eaux de Scutari, si l'intervention russe ne fût arrivée à temps pour conserver à Mahmoud sa capitale, seul point important que les troupes égyptiennes eussent encore à occuper. Nous arriverons de suite aux conséquences de