CHAPITRE DOUZIÈME. 4SI
cette grosse affaire, qui excila en Angleterre et en France une sensation telle que ïoû put croire un instant à une rupture complète entre ces deux puissances et la Russie,
Tandis que le protectorat russe couvrait la capitale de l'eoipite ottoman et que l'armée égyptienne prenait une alliiude de plus en plus menaçante, Ibrahim refusait de souscrire à un traité conclu entre l'amiral Roussin et la Porte, le premier secrétaire de l'ambassade de France > accompagné d'un officier du Sultan , partait le 18-30 mars pour le quartier général du pacha d'Egypte. 11 était porteur d'un hatti-schérif par lequel le Grand Seigneur accordait à Ibrahim les quatre pachaliks de Syrie : Saint*Jean*d'Acre , Damas , Alep et Tripoli , avec leurs dépendances; il devait, en outre, employer toute sofla influence pour faire accepter ces concessions.
Les pourparlers durèrent quatre jours. Ibrahim consentit enfin à évacuer l'Asie Mineure , renonçant à toute autre prétention, mais réservant toutefois la question relative au district d'Adana, qui deviendrait l'objet d'une négociation ultérieure.
Sur ces entrefaites, le comte Orloff, muni des pouvoirs les plus étendus, soit en qualité d'ambassadeur extraordinaire , soit comme commaadaut en chef les armées de terre et de mer, anivait à Constantinople en même temps que l'ambassadeur de la Gk-ande-Bretagne débarquait dans cette capitale. De son côté, Ibrahim, qui n'avait plus de raisons pour retarder sa retraite, s'apprêtait à repasser le Taurus en présence de deux officiers, l'un Russe et l'autre Turc, envoyés à son camp pour surveiller et constater l'évacuation de l'Asie- Mineure par les troupes égyptiennes.
Ce fait accompli , l'occupation du territoire ottoman par l'armée russe, d'après la déclaration même du ca-
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Mi HISTOIRE DE L'EIIPEREVR NICOLAS,
bioet àe Sakit-Fétersbour; , n'avait pkts sa rais0D d'être. Cette armée , idèle à la parole du Casar , quitta la rade de Bttïukdéré po6r re^jner les ports de la Russie; ce mou- Tement eut lieu le 29 jma-lO juillet.
Dès lors, la question orientale semUait être définît!- Tement rés<rfue, lorsque la découverte d'un traité conclu entre la Porte et la Russie vint raviver cette qoesUon menacmte pour l'équilibre de l'Europe, qui la comidé^ rait avec raison coaune l'épée de Damoelès. Ge traité , négocié avec «n profond mystère par le comte Oricff , et signé le 36 jiiin-8 juillet à Constantinople , constituait de la part de la Russie à l'égard de la Porte un protectorat dont la portée n'échappa point aux puissances occîdentsdes. Aux termes de cette convention , les deax parties coDtractantes avaient fmvé une alliance défensive contre tocrte attaque extérieure on intérieure, dont la d«rée était^fixée à lioit ans. Dans oe but, la Russie s'engageait à fournir au Divun toute l'assistance dont celui-ci pottv&it av0Îr besoin, soit sur terre, soit sur mer. Par un article supplémentaire, ta Forte s'engageait de son oélé, le cas échéant, de fermer le détroit ^des Dardanelles aux vaisseaux de l'élrauger.
Cette dernière clauoe fot générai^nent considérée comme lu remise des defs do Bospliore dans les mains de la Russie, dont les flottes, pouvant à leur gré débou* cher désormais dans la Méditerranée et rentrer dans la mer Noire sans crainte d'j^ être poursuivies, auraient le privilège de porter la guerre chez les antres sans la redouter chez elles. Il y avait d'autre part trop -de gmsies de perturbations en Turquie pour que les termes du tiafté qui les prévoyait ne parussent pas annihiler de fait l'indépendance politique de cette pmssance. Aussi la froideur qu'avait laissée après efle la question polonaise