‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 174 sur 331 · CHAPITRE TREIZIÈME. U · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME. U

— Tu auras deux chevaux et deux drodkys, les uns pour la semaine y les autres pour les dimanches; de plas, tu auras la liberté pour toute ta vie; j'indemniserai ton seigneur, je le connais, y»

Après son diner, dont la durée ne dépassait jamais une demi-heure y il jouait avec ses enfants, puis il rentrait dans son cabinet pour s'occuper des affaires de rÉtat Les seules distractions qu'il se permettait, c'était, Thiver, le spectacle , et surtout la mascarade (bal masqué), qu'il aimait à ce point de n'en manquer pas une; c'était, pendant l'été, des promenades en famille, ou bien une de ses occupations favorites , comme la peinture , dans laquelle il excellait à la manière de Wouwer* mans. Rarement il prenait part aux causeries ordinaires de salon ; cependant, il était charmant de bonne humeur et d'entrain dans l'intimité. Quelquefois même, lorsqu'il se trouvait sous une impression heureuse, il prenait l'initiative des jeux d'esprit, qu'il aimait autant qu'il détestait ceux de hasard. Un soir, cherchant un nombre qui, par l'arrangement dés chiffres, devait produire des dates fatales et mystérieuses, il trouva le résultat suivant au moyen de simples additions :

1794 chute de Robespierre.

4 • Addition : 1815 chute de Napoléon.

Addition : 1830 chute de Charles X.

Addition : 1842

Addition : 1855

chute et mort du duc d'Orléans.

Poursuivant le problème, TEmpereur, au lieu d'écrire en colonne sous ce dernier total les chiffres qui l'avaient produit, traça, par une étrange erreur, 1840 pour 1842, et obtint, en additionnant, le nombre 1855.

Il datait ainsi de sa propre main l'année de sa mort. A la vue de ce nombre, il ne put se défendre d'un sentiment d'effroi, a Je ne sais , dit-il à la personne qui se trouvait dans ce moment près de lui, la pensée qui m'a fait écrire 1840, cette erreur n'est pas naturelle. Dieu

veuille que Tannée 1855 ne me soit pas fatale » Il

reprit l'opération sur la base de 1842, et obtint l'addition de 1857 : l

Addition : 1857

Résultat encore inconnu.

Il se couchait à onze heures ; mais tant qu'il y avait sur sa table un papier qu'il n'avait pas lu, il ne s'accordait pas le repos du sommeil. Souvent même, par les plus grands froids de l'hiver, il se relevait la nuit pour aller inspecter lui-même soit les corps de garde, soit quelque autre établissement public. La crainte d'être surpris en défaut entretenait ainsi de la part des administrateurs une

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