CHAPITRE TREIZIÂMfi
aatres, n'ont pas assez tenu compte de la positioto de Nicolas comme empereur de Russ*ie ei roi de Pologne. Avant de prononcer Tanathème, une critique sage et non passionnée se serait adressé cette question : Lequel des deux de Tempire ou du royaume a le premier rompu le pacte qui les liait Tun à Tautre? lequel des deux a le premier tiré Tépée et répandu le sang? Quoi qu'il en soit, le journal ofiGciel de Saint-Pétersbourg publia, par ordre, le discours dans tout son contenu, ainsi que les commentaires dont le rédacteur du journal Pavait accom* pagné, afin que la Russie pût juger en pleine connaissance de cause.
a Une telle publicité , disait le journal franco-russe , est la seule réponse que méritent ces articles, en même temps qu'elle en est la critique la plus amère, car elle prouvera le peu de valeur qu'on attache aux attaques qu'une haine impuissante dirige contre les actes ou les paroles de l'Empereur. Le langage tenu par Sa Majesté à Varsovie sera accueilli, comme il le fut toujours en Russie , par un sentiment unanime de fidéUté et de dévouement national, et dans le royaume de Pologne comme l'expression d'une conviction intime et d'une vérité sévère sans doute, mais salutaire. Ce n'est pas en flattant les passions des peuples qu'on assure leur repos»
» Pour garantir d'une manière durable la paix et la prospérité de ses sujets dans ce royaume, l'Empereur a dû leur dire tout haut : a Demeurez fidèles à vos devoirs, » et vous ferez oublier ce qui s'est passé ; veillez vous- » mêmes à la tranquillité de votre pays, garantissez-le de ^ la publication d'écrits séditieux, et vous assurerea » votre bonheur. Élevez vos enfants suivant les principes de ^ la religion et de la fidélité envers leur souverain, et vous » leur préparerez un bel avenir. Soyez les gardiens du
3) repos intérieur de votre ville , et la citadelle d'Alexandre » n'existera que pour Vous protéger, sinon vous attirerez y» sur vous et sur votre patrie des maux incalculables. i Telles sont les vérités que l'Empereur et Roi a dû faire entendre aux députés de Varsovie; mais il a encore ajouté ces paroles mémorables que le Journal des Débats a évité avec soin de reproduire : a Depuis longtemps j'ai » pardonné les offenses dirigées contre moi et contre ma Ti famille ; mon seul désir est de rendre le bien pour i> le mal et de faire votre bonheur malgré vous : je Vai V promis devant Dieu , et je ne trahis pas mes sermetits. "
» Ces paroles de paix et d'oubli ont été baotement prononcées : elles retentiront dans le cœur de tous les Polonais fidèles à leur souverain et véritablement amis de leur pays; elles seront aussi, nous en avons l'espoir, un nouveau gage de la prospérité renaissante du royaume. Les ennemis de son repos pourraient seuls les dénaturer ou les taire. »
Immédiatement après le discours qu'il venait de prononcer, Nicolas, seul en avant de son escorte, défiant, pour ainsi dire, le danger qui pouvait menacer sa personne, se rendit à la citadelle. Pendant ce temps, le peuple de Varsovie, calme et silencieux dans les rues, murmurait tout bas : a Voici notre père qui examine ses canons, y Celte citadelle, intervenue d'une manière si menaçante dans la mise en scène du discours impérial , domine la ville; elle est vaste et communique, par un pont qui la dessert, avec la rive droite du fleuve. Nul doute que la voix de ses canons, en cas d'émeute, ne fût assez puissante pour couvrir celle du peuple faisant un appel aux armes.
Les conjectures qui avaient précédé et suivi les congrès des souverains réunis à Theresienstadt et Munchen- Graetz se renouvelèrent cette année au sujet de grandes