CHAPITRE DKUXIKilK
même : il avait comme la conscience d'an grand devoir accompli.
Dans le courant de l'hiver de 1821 à 1822, les grands-dacs Michel et Nicolas , le grand-duc héritier Constantin et la grande-duchesse de Weimar, sœur de l'Empereur, se trouvaient à Saint-Pétersbourg, où toute la famille impériale s'était réunie pour opposer aux progrès du mal moral qui dévorait l'Empereur une tendresse impuissante et inutile. Le grand-duc Constantin, jugeant le moment opportun pour accomplir définitivement le projet qu'il méditait depuis longtemps, écrivit le 26 janvier la lettre suivante à l'Empereur :
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j> Encouragé par toutes les preuves des dispositions bienveillantes de Votre Majesté à mon égard, j'ose y recourir encore une fois et déposer à vos pieds, Sire, une très-humble prière.
V Ne reconnaissant en moi ni le génie, ni les talents, ni la force nécessaires pour être jamais élevé à la dignité souveraine, à laquelle je pourrais avoir droit par ma naissance, je supplie Votre Majesté de transférer ce droit à celui à qui il appartient après moi, et d'assurer ainsi pour toujours la stabilité de l'empire. Quant à moi, j'ajouterai par cette renonciation une nouvelle garantie et une nouvelle force à l'engagement que j'ai spontanément et solennellement contracté à l'occasion de mon divorce avec ma première femme.
3> Toutes les circonstances de ma situation actuelle me portent de plus en plus à cette mesure, qui prouvera à l'empire et au monde entier la sincérité de mon assentiment.
» Daignez, Sire, agréer avec bonté m» prière-, dai-
70 HISTOIRE DE L'KUPEREiR XICOLAS.
gaez contribuer à ce que notre auguste mère veuille y adhérer, et sanctionnez-la de votre assentiment impériaL
9 Dans la sphère de la vie privée , je m'efforcerai tonjours de servir d'exemple à vos fidèles snjeis et à tous ceux qu'anime l'amour de notre chère patrie.
jt Je suis avec un profond respect, de Votre Majesté, le plus fidèle sujet et frère ,
yi Signé : Constantin Gèsarowitsch.
« Saiul-Pétenltourg, 14 jjuiricr 1822. «
La réponse à cette lettre ne se fit pas attendre; le grand-duc Constantin la reçut le 14 février; elle était ainsi conçue :
tt Très-cher frère,
» J'ai lu votre lettre avec toute l'attention qu'elle méritait. Ayant toujours su apprécier les sentiments élevés de votre cœur, je n'ai trouvé dans votre lettre rien qui pût me surprendre. Elle m'a donné une nouvelle preuve de votre sincère attachement à l'État et de votre sollicitude pour son inaltérable repos.
y> Conformément à votre désir, j'ai présenté votre lettre à notre mère chérie; elle l'a lue avec le même sentiment que moi, en appréciant les nobles motifs qui vous ont guidé. Tous deux nous n'avons plus maintenant, après avoir pris en considération les raisons que vous alléguez, qu'à vous donner pleine liberté de suivre votre inébranlable résolution et à prier le Tout- Puissant de bénir les conséquences d'intentions aussi pures.
» Je suis à jamais votre sincèrement affectionné frère ,
« Signé : Alcxandre. n