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La garnison da fort de Stocka , qui avaii fait use sortie pour défendre les épaves des corvettes naufragées, fut taillée en pièces , et perdit mille hommes sur onae cents. Ces pertes successives n'empêchèrent pas le général russe d'adresser aux Circassieos des propositions qa'an vainqueur seul aurait eu le droit d'imposer , savoir : P de cesser toute hostilité; 2'' de fournir des otages qui seraient renouvelés tous les quatre ans; S'' de ne recevoir des étrangers qu'avec l'autorisation du gouvernement; 4* d'accepter un gouverneur nommé par l'Empereur. Les Circassiens répondirent à ces avances par le refus formel de se soumettre à l'autorité impériale I et par l'ioiention de combattre jusqu'à la dernière extrémité pour l'indépendance de leur territoire. D'un autre côté la Russie , craignant qu'une collision menaçante pour les intérêts européens déjà compromis par la question d'Orient n'éclatât entre elle et la Grande^firetagns, prêtait une sérieuse attention aox affisûres de l'Inde.
Dans les premiersjours de l'année, l'Angleterre n'avait pu voir sans inquiétude Mohammed-Mirza mettre le siège devant Hérat, ville importante de la province de Kborassa&y située sur les frontières de l'Afghanistan, reliant laTartarieàl'Hindoustan, Dans ce mouvement militaire, dont le but apparent était d'ohtenir par la force an tribut réclamé vainement par le Schâh, l'Angleterre crut voir quelque intention secrète de la Russie. Aussi, voulant à tout prix empêcher la prise d'une ville îafluente dans l'Afghanistan , dont la population loi était hostile^ elle dépêcha M. Marc-Niel auprès du Sebah pour le sommer d'avoir à lever le sié^e d'Uérat, pendant que le gouvernement de l'Inde se préparait à soutenir par la force des armes les réclamations de son délégué.
Mais la Russie déclara à son tour que la démarche de M. Marc-Niel cachait, sous un prétexte que rien de sérieux ne justifiait, l'intention bien arrêtée d'accaparer au bénéfice de l'Angleterre le monopole du commerce de cette contrée; qu'elle ne souffrirait pas que l'on portât atteinte aux droits de son allié. Ces démêlés dont les suites pouvaient être fort graves pour le repos de l'Europe, fixèrent l'attention des puissances occidentales sur cette question qui depuis si longtemps portait dans son sein les éléments d'une conflagration générale.... Il était évident que tôt ou tard elle devait embraser l'Europe.
Au milieu de ces grandes préoccupations, l'empereur Nicolas multipliait au cœur de son empire les moyens de communication si nécessaires à la prospérité de ses peuples. Il faisait reprendre le travail de canalisation du Wolga et du Don , il fondait un établissement maritime à Odessa , il améliorait la navigation du Dnieper, il reliait par un vaste chemin de fer ses deux capitales de Saint-Pétersbourg et de Moscou, il relevait de ses ruines, avec une rapidité qui tenait de la magie, son palais dévoré par l'incendie du mois de décembre; enfin il encourageait de tout son pouvoir les tendances de sa noblesse vers les idées d'émancipation , et applaudissait à l'initiative de quelques seigneurs qui, cette année, accordèrent la liberté à leurs esclaves, moyennant une faible redevance pour les terres qui leur étaient concédées.
Cette haute protection accordée aux essais préparatoires de l'affranchissement général des serfs, ces travaux d'utilité publique, exécutés simultanément, prouvaient que l'Empereur, même dans les circonstances difficiles, marchant dans la voie du progrès, ne
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négligeait rien pour assurer à l'intérieur la prospérité morale et matérielle de la Russie, ainsi que pour fonder sa prépondérance au debors.
Deux nouveaux sinistres terminèrent la série des catastrophes qui avaient signalé le cours de cette année , inaugurée, comme nous l'avons vu, sous de tristes présages : l'incendie d'un paquebot à vapeur en pleine mer, le naufrage d'un navire de commerce, tous les deux accompagnés des circonstances les plus dramatiques. Le premier surtout produisit d'autant plus d'impression sur l'esprit superstitieux du peuple russe, que le paquebot portait le nom du souverain qui venait de voir engloutir son palais dans les flammes. Le peuple crut voir dans ces deux événements un terrible et mystérieux rapprochement.
Le bateau à vapeur le Nicolas /'% capitaine Stahl, ayant à son bord cent trente-deux passagers et trentetrois hommes d'équipage , effectuait sa traversée ordinaire de Saint-Pétersbourg à Stettin. Le ciel était magnifique comme la mer, tous les passagers, au terme de leur voyage , se félicitaient du temps qui les avait favorisés, lorsqu'à un mille de Travemunde, entre onze heures et minuit, au moment où les femmes venaient de descendre dans leurs cabines pour se coucher, et où les hommes se trouvaient réunis autour des tables de jeu, le cri : Le feu est à bord! se Gt entendre. Les passagers se précipitèrent aussitôt sur le pont; une épaisse fumée, traversée par de larges étincelles, sortait de l'emplacement où est située la chambre à chauffer. . . Le capitaine, conservant son sang-froid au milieu des cris de détresse des voyageurs, et reconnaissant l'imminence du danger , profita de la force encore agissante de la machine pour gouverner vers la terre; puis.
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(i'«ne voix de tonnerre , il recommaBda le calm et k siienee néeessatres au salut de tous. L'incendie fil en quelques instants des progrès si rapides, que bienlèt il ne sembla plus rester aux voyageurs et à l'équipage qœ le choix d'une tombe , entre le feu qui s'élevait en longues spirales au-dessus de leurs têtes, et les flots de la mer qui s'entr'onvraient sous leurs pieds. Il n'y avait pas oa instant à perdre ; le capitaine Stahl fit échouer le ps« quebot à trois cents mètres de la cote , près de Kiiiti.
La terreur et le trouble étaient à leur comble ; chactui voulait être sauvé le premier : a Les femmes d'abord H les emfants 1 » s'écria le capitaine avec une sombre énergie. Plusieurs passagers s'élancèrent dans la mer, d'antres voulvrent détacher le canot, qui se brisa sous leurs eiforts désespérés. Le capitaine dut recourir k la violence pour rétaUir un peu d'ordre dans le travail d« «aavetage. A l'exception de trois passagers et de deux bomines de l'équipage, tout le monde fut préservé dn péril. Le brave capitaine, uniquement occupé du saint eommuo, ne songea pas même à mettre en sûreté ses papiers et ses effets^ il ne quitta le bâtiment que le derwer.
A la première nouvelle de ce sinistre, l'Eoaperear fit immédiatement partir son aide de camp, le colonel V<ssiltohikoff, avec des fonds pour secourir les passagers , q«i, pour la plupart, étaient arrivés à Tramemunde sans coiffure, sans souliers, et dans le plus affreux dénâmeat
L'autre sinistre offre des circonstances plus émoa^ vantes encore, avec loufes les horreurs des drames trap fréquents de la mer. Un navire de commerce rasse, le Peslevon, commandé par le capitaine Sicardupole, se rendant d'Odessa à Galacx, fut surpris, vis-à-vis de Kirvaneug, par une violente tempête ^ui le brisa sur un banc de sable. L'équipage et les passage», formant un