‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 194 sur 331 · TOUS II. G · texte numérisé non relu

TOUS II. G

toutes les grâces qu'on aime à rencontrer dans les élus choisis de Dieu pour exercer la souveraine puissance. C'était une ravissante princesse^ qu'on ne pouvait loir sans ressentir au cœur une de ces iropretsions qaioooi* mandent le respect, l'amour et l'admiration. Les lignes de son blanc visage étaient d'une pureté séraphiqu^; le regard de son grand œil bleu était doux coaune celui d'un ange en prière. Le ciseau de Pradîer ou de Ganova aurait trouvé tout un poëme dans l'harmonie de ces fcNrmes modèles de la beauté typique. Son pied, coiuaie sa maîQ , moins grand que les ailes d'une mésange , semblait fait pour marcher sur des fleurs. Le duc de Leuchteuberg lui-même paraissait digne de posséder un pareil trésor par les qualités morales et les grâces distioctivcs dont la nature l'avait doté. Cette union eut été parfaite sous tous les rapports sans la différence qui existait entre la religion des deux fiancés. Le prince Maximilien était catholique, et sa mère n'avait consenti à ce mariage qu'à la condition expresse que les enfants qui en naîtraient seraient élevés dans le catholicisme.

Nous voyons, au commencement de l'année 1839, le Czar persévérant plus que jamais dans la politique de la grande Catherine. La conduite de son gouvernement dans la question qui se débattait sur les rives de l'Eu- , pbrale, le système d'hostilités qu'il suivait contre les i peuplades du Caucase , l'influence qu'il s'efforçait de | prendre dans les affaires de l'Afghanistan , tout mettait | en rolicf la marche ascendante de la poissance moscovite. { Fatiguées des horizons sans fin et marécageux des steppes { moscovites , les aigles de la Russie dirigeaient leur vol | vers les sommets des montagnes graniteuses; mais, i^ vant ce vol, des tribus fières et indépendantes se dres*

CIAPITHE QVATaRZIÈUE. U

taieni les armes à la main, loi dîspiHaiit à chaque pas ie soleil et l'espace : victarienses parfois, vaiocoes sonvent, mais debout toujours.

Nous avons vu cemmeai les Gîrcaesiens arvaieut repoussé les propositions que leur avait ackessées te bo«. vean général en cbei* ûe Tarmée russe. Ce refus de soumission soutenu par la rétodle ée la province de Grusie, l'une des oonqaéles da maréchal Paskeirilcb, décida l'Eoipereur à lancer de nonvelles troupes pour, assaillir sur une plus vaste échelle loates les frontières du Caucase. M^gré oe déploiement de forces, ks Circassiens aétaquèrent cinq mille Rosses qui débarquaient, protégés par le feu meurtrier -de dix vaisseaux de ligne. Quoique habilement oommandés par le célèbre Anglais Bell, ils dorent après un combat acharné céder le champ de bataille aux troupes de débarquement, qui s'empressèrent de cons traire plusieurs forts, seul moyen pour elles de se maintenir dans on pays où des armées toujours nouvelles seraient nécessaires pour conserver les terraios eonqois.

Le général Rajewski, commandant de Semex en Abasie, voulant essayer une dernière tentative pour désarmer ces tribus indomptables, adressa aux princes, aux nobles et aux habitaDts de Notkuhatch cette emphatique proclamation :

« Notre subUmo empereur, dont les amées sont innombrables, m'a ordonné de prendre possession de Toaps, Shapligna et Senea; je m'en suis emparé. Il m'a ordonné de construire un fort à Semez et on arsenal pour sa flotte, ie dois aussi constniirci ose route pour Anapa, d'Anapa à Apsoa par le Bachan, et d'Apson à Pyadogg.

" Que les habitants qui se trouvent dans cette direc-

lion se retirent , et que ceux qui demeurent sur la gaocbc du côté de la mer restent tranquilles, s'ils veulent vivre en paix avec nous comme la tribu de Kaburda.

» Notre sublime , miséricordieux et très-puissant em • pereur nous a ordonné , malgré sa force, de recourir d'abord aux voies de la conciliation et de la douceur. Si donc vous voulez rester en paix, envoyez-moi des hommes de savoir et de talent à qui je puisse communiquer les ordres de mon maître, sinon préparez-voas à combattre et à recevoir une rigoureuse leçon. Des déserteurs et des émigrés flattent en vain depuis quatre ans le peuple de Notkuhatch de Tespoir de secours promis au nom de la reine d'Angleterre, du roi de France el du Sultan, avec qui notre empereur est en paix. S'ils étaient en guerre avec nous, ils ne pourraient pas davantage pour vous.

n Quand notre sublime empereur a pu prendre Anapa, Ërzeroum et Khalish, pourquoi n'a-t-on pas secouru lo Sultan? Si les Anglais et la France n'ont pas alors secouru le Sultan, croit-on qu'ils donneront plus d'assistance aujourd'hui au peuple de Notkuhatch? Les juifs faibles et crédules croient à l'apparition d'un géant sur la terre. Ce colosse, disent-ils, doit détruire les chrétiens et les musulmans. Depuis deux cents ans leur espoir est déçu, et cependant ils y croient encore. Do faux prophètes en ont imposé à la crédulité des juifs : des ambassadeurs ou plutôt des transfuges ont surpris de même la bonne foi du peuple de Notkuhatch. Dos gens suspects se sont dits nos interprètes auprès do vous; ne croyez pas plus à la parole de ces faux frères, que je ne crois moi-même aux insinuations do ceux qui viennent auprès de moi en se disant envoyés par vous.

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