‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 206 sur 331 · CHAPITRE QUINZIÈME. tS · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME. tS

loûne 8e fraya , Tépée à la main , un passage dans les brèches d'un bastion , et s'élança résolument , enseignes déployées, vers l'intérieur du fort. Mais dans ce moment critique , le colonel Vesselovsky, conservant sa présence d'esprit y se précipita à la baïonnette avec une réserve de quarante hommes d'élite sur l'ennemi, et le rejeta hors des retranchements après lui avoir enlevé deux drapeaux. Cette action d'éclat, arrêtant l'audace des assaillants, enflamma au plus haut degré le courage de la garnison.

Le révérend père Ivano£P, au milieu des troupes dont il était l'aumônier, assistait, la croix à la main, aux diverses péripéties de ce drame sanglant. De chaque soldat sa voix retentissant au milieu de la fusillade faisait un héros ou un martyr. Un tambour du bataillon n"" 1 des Cosaques de la ligne frontière de la mer Noire, debout à ses côtés quoique grièvement blessé, resta jusqu'à la fin du combat à son poste. L'ennemi, battu sur tous les points, prit la fuite en emportant une partie de ses morts, suivant l'usage des guerriers asiatiques. Cependant, ils laissèrent six cent quatre-vingt-cinq cadavres tant dans l'intérieur de la place que dans les fossés.

Au moment de l'attaque du fort Abinsky, la garnison se composait d'un officier supérieur, de quinze officiers et de huit cent dix sous-officiers et soldats. Chaque homme reçut en récompense de sa belle conduite une année de solde ; trente croix de l'ordre militaire de Saint- Georges furent accordées à ceux qui s'étaient le plus distingués. L'empereur accorda au révérend père IvanofT une année d'appointements et une croix pectorale attachée au ruban de l'ordre de Saint-Georges.

Nicolas ne négligeait rien pour stimuler le zèle et le dévouement de son armée. Non content de récompenser le mérite des illustrations vivantes , il voulut fouiller

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dans les tombeaux pour honorer celui des illustres morts : c'est ainsi qu'il ordonna de faire graver sur des tables de marbre noir et de placer dans les chapelles des écoles militaires où ils avaient été formés, les noms de tous les élèves morts au champ d'honneur ou à la suite de leurs blessures , cfaèï que fût le grade dont ils étaient revêtus. Il voulut, en outre, et dans le cas où l'officier aurait été frappé h mort dans l'accomfrfissemeat d'un fait d'armes remarquable signalant une haute abnégation dans l'intérêt du service du souverain et de la gloire des armes russes, qu'une inscriptimi destinée à en rappeler le âouvenir ^t gravée sur la table de marbre.

La Providence réservait cette année une grande joie au cœur du Czar, au double point de vue du chef de l'empire et du chef de famille : son fils, le césaréwitsçh grand-duc héritier Alexandre Nicolaiéwitsch, unil ses destinées à une jeune princesse de Hesse-Dannstadt, nommée Marie. Par l'éducation parEûte qu'elle avait reçue , par les qualités morales qui, jointes à une rare distinction d'esprit et de grâces, en faisaient une princesse accomplie, la fiancée du Césaréwitsçh étaitdigne do rang suprême qu'elle devait occuper un jour.

La cérémonie du mariage fut célébrée le 16-28 avril dans la chapelle du palais d'hiver, en présence de l'Empereur, de l'Impératrice, de tous les membres de la famille impériale, des princes étrangers , des ambassadeurs, des hauts dignitaires de la couronne, des officiers généraux des armées de terre et de mer, et des négociants russes appartenant aux deux premières goildes. Les dames étaient en costume russe et les cavaliers en grand uniforme. L'auguste fiancée portait nue couronne au front et un manteau de velours poneeau doublé dliermine sur les épaules.

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