‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 207 sur 331 · CHAPITRE QIJINZIÈME. tSCf · texte numérisé non relu

CHAPITRE QIJINZIÈME. tSCf

Au milieu du jour eut lieu uo grand banquet, auquel furent invitées les persoaaea des deux seieg appartenant aux trois preuaièffes classes. Daufi la soirée, quelques instants avant la fin du bal , le grand*duc Michel , k&re de l'Empereur, et la grande-ducbesse Hélène Pavlovna se rendirent dans les appartements des nouveaux époux pour y recevoir Leurs Altesses Impériales, qui y furent conduites par Leurs Majestés, précédées de la cour et suivies des dames d'honneur. A leur entrée dans les appartements, les époux, reçus suivant le cérémonial prescrit, se rendirent dans les appartements intérieurs, où seule se tenait une dame d^honneur pour présider à la toilette de la grande-duchesse héritière. Les autres dames et demoiselles d'honneur, ainsi que les gentilshommes de la cour, qui s'étaient arrêtés dans le grand salon du Césaréwitsch , quittèrent alors le palais.

A cette occasion, l'empereur Nicolas, cédant aux impulsions de son cœur, comme il le déclarait lui-même, publia un décret d'amnistie dans lequel on remarque le passage suivant :

tt Dès le commencement de Notre règne. Nous avons proclamé Notre ferme volonté d'user de clémence et de générosité sans affaiblir les lois, mais en employant pour le bien géoérd les droits que Nous tenons de Dieu.

« En amnistiant aujourd'hui les coupables dont les crimes ne sont pas de la dernière gravité et en allégeant les châtiments infligés aux autres, Nous espérons que les grâces qui leur sont accordées réveilleront eo eux le sentiment du ren»ords, et que par leur conduite à venir ils justifieront Notre indulgence pour leurs erreurs passées.

» Les immunités que Nous concédons en même temps aux débiteurs à divers titres de l'Etal ont principalement

îf» HISTOIRE DE LBUPBREUR X'ICOLAS.

pour objet ceux dont l'inexactitude a été occasiounée par la pauvreté ou par des besoins temporaires, et Nom ne doutons pas que cet adoucissement ne soit ifour les antres un nouveau motif de redoubler d'efforts poar remplir les obligations qui leur sont imposées.

n Dans ces vues bienfaisantes , Nous ordonnons ce qui suit, etc., etc., etc. »

Le mois suivant, l'Empereur, jaloux de faire partager aux habitants de l'ancienne capitale de la Russie le bonheur que la Providence avait accordé à son cœur de père, se rendit à Moscou avec le grand-duc héritier et la césarevna grande- duchesse Marie Alexandrovna. Son voyage fut un véritable triomphe; l'amour de ses peuples lui servit d'escorte. La population de Moscou rivalisa de respect et de dévouement. Suivis par une foule immense jusqu'à la cathédrale de l'Assomption , l'Empereur et ses augustes enfants furent reçus avec la croix et l'eau bénite par le métropolitain assisté de trois évéques. L'éloquent prélat prononça l'allocution suivante :

a Très-orthodoxe monarqie,

» Déjà les entrailles de la Russie avaient tressailli de joie à la nouvelle de la félicité départie à ton cœor paternel et à ces deux cœurs unis pour le bonheur du pays. Ton premier-né, après avoir répondu par luimême aux hautes espérances que la patrie avait mises en lui , la remplit des plus douces attentes en choisissant et unissant à lui par des liens sacrés une digne cobéritière des bénédictions répandues par le ciel sur ton auguste famille.

» Mais à présent, dans l'amour paternel que tu portes anssi à tes fidèles sujets , tu as voulu récompen-

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