‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 208 sur 331 · CHAPITRE QUIXZI]h:ME. 1S · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUIXZI]h:ME. 1S

ser et accroître encore le dévouement de ton antique capitale en lui procurant la satisfaction de te contempler, aiflsi que les auteurs de ton bonheur, si bien partagé par nous.

» La sainte Eglise s'émeut d'une pieuse joie lorsqu'au mn de la félicité de ta maison , rappelant à ta mémoire la sainteté de cet ancien temple du Seigneur, tu viens dans cet asile sacré des czars faire hommage , par tes aciioQS de grâces et par la prière , de ton bonheur et de celoi de tes enfants aux pieds de Dieu qui te Ta donné. » Que le Roi des rois daigne accomplir tes vues bien* faisantes, et que ses abondantes bénédictions descendent SUT Alexandre, Marie et leur postérité, comme elles sont descendues sur Nicolas et Alexandra. »

Tandis que l'ancienne capitale des czars acclamait ainsi par la voix du peuple et de l'orthodoxie russe l'empereur Nicolas ) le Souverain Pontife à Rome versait des larmes amères sur les malheurs de la religion catholique en Pologne , et ne cessait de réclamer la tolérance poor ses ouailles et la reconnaissance de son autorité spirituelle méconnue. La sévérité croissante de la censure ne permettant aux prêtres catholiques que des discours autorisés par elle; l'injonction intimée au clergé d'accorder le sacrement du mariage, dont le divorce était simplement prononcé par le synode grée; la transmutation des biens ecclésiastiques es domaines nationaux , la défense aux évéques de communiquer directement avec le chef de l'Eglise romaine, la persécution religieuse qui succédait à la suppression des institutions politiques, envenimaient de plus en plus les relations entre les cours de Rome et de Saint-Pétersbourg. Tous ces faits, accomplis pendant qu'un chargé d'affaires négociait à Rome pour concilier les différends et que le Toin II. 9

il» HISTOUE DE L'EMFKMUR MCOLAS.

Sainft-Pèie titoidoil une réponae à s^s pvopmilioDS, proj^ftient «lia iiDpffB$aion douloiureiifle en Pel^goe.

L^ Soiftveratti Pmiiîfe iasîstaii spéeîaleoieM pMr awoir une légation à Saint-Pétersbourg, afin de surmUer les aibires religieusea dana ïaaipire n^ae; taMlea ses demandes à ce sujet furent reponsaées^ Deux Qoies furrat adressées an cabinet mMCMile^ qw y répondit tardivement par renvoi d'un etergé d'afiairea ayaAt pour mission de négocier avec le Saint-Père difféceales queslms que TEmpereuF désirait voir terminées dans un esprit sincère^ de coneiliaiim et de canmnance imUudUe : tels étaient les tei:mes de la kttre adressée an secsélaire d'Etat romain par le comte de Nessekode, mmslre des affaires étrangères. Nicolas écrivit luinaiême dana ce sen^ au Souverain Pontife.

Cependant toute l'année s'écoula sans apporter la plus légère modification à la sévérité du gouvernement russe vis-à-vis des sujets catholiques. Loin delà, de nouveaux oukases ajoutés aux anciens convergèrent vers le même but de propagande en faveur de la conuDtmion grecque. Aussi les craintes et la douleur édalaient-elles au Vatican avec le caractère d'un profond abatiement. Paralysée dans sa puissance morale, Rome se préparait à en appeler à l'i^inion publique en Europe.

A cet effet le Saint-Père prononça, daaa un consistoire tenu le 22 juillet 1842, une aUoculion dont nous donnons le texte, pour mieux faire comprendiie les motifs ^ le. caractère de cet acte à la fois politique et religieux :

« Vénérables frères ,

» Déjà dans ce lieu même Nous avons épettché devani vous la douleur que dès longtemps a profondément en-

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larinée daM Notre cœur la poidtnD lammiMe et TÉgiise catholiqne aa seki de l'empiffe rame. Cd\ii doni Nous floœiii»^ quoique indigne ,. le vicaire sur la terre. Nous est témom que depuis le momevt où Nous fûmes revêtu de la charge dv 80o?erain pontificat , Noue n'avons rien négligé de ce que coBinandaiil la 8ollicit«ide et le thte pour remédier, autant que cela était possible , à de si grands maux toujours croissants. Mais quel a été le froit de toas Nos soins? Les iails, et des faits trèsrrécents , le disenè asses. Combien Notre amertume toujours présente s'en est accrue l' Vons le voyez mieux par la pensée qu'il ne Nous est possible à Nons de Feipliquer par des pandas. Mais il y a cpuelque chose qui met comme le comble à telle anecfcoflie intime, quelque chose qui, en raison de la sainteté du ministère apostoKque, Nous tient outre mesure dans l'amiété et Fafiiiclion. Ce que Nous avons fait sans repos ni relàohe pour protéger et défendre dans toutes les régions souames à la domination eusse les droits inviolables de la religion caliM>lique , ce que Nous avons fait^ on ne l'a point su et n'a pas été de notoriété publique dam ces régions sartoot : alors il est arrivé, pour ajouter k Nos douleurs, que parmi les fidèles qui ks habitent, les ennemis du saint-sîége ont, par les menées frauduleuses qui leur sont hdbituelles, propagé le bruit qu'oublieux de Notre ministère sacré, Nous couvrions de Notre siieuce les maux si grands dont ils soai accablés, et qu'Ussi Nous avions pre^qne aban>denné la cause de la religion catholique ; et la* chose a été portée: à ce point que Nous sommes presque devenu comme la pierre occasion de chute, conmie la pierre de scandale pour une partie considérable du troupeau du Seigneur que Nous sommes divinement appelé à régir, et menue pour l'Église universelle fmdée comme

5ar la pierre ferme , sur celui dont la dignité vénérable Nous a été transmise à Nous , son successeur.

» Les choses étant ainsi, Nous devons à Dieu, à la religion, à Nous-méme, de repousser bien loin de Nous jusqu'au soupçon d'une faute si honteuse. Et telle est la raison pour laquelle toute la suite des eflTorts faits par Nous en faveur de la religion catholique dans l'empire de Russie a été par Notre ordre mise en lumière dans un exposé particulier qui sera adressé à chacun de vous, afin qu'il soit démontré à tout l'univers fidèle que Nous n'avons en aucune façon manqué aux devoirs qoe Noos impose la charge de l'apostolat.

i> Du reste, que notre âme ne se laisse point abattre, vénérables frères ; espérons que le très-poissant empereur de toutes les Russies et roi de Pologne , écoutant sa justice et l'esprit élevé qui le distingue, voudra bien se rendre à nos vœux instants et aux vœux des populations catholiques qui lui sont soumises. Soutenus par cette espérance, ne cessons pas cependant de lever, en priant avec confiance , les yeux et les mains vers la montagne d^où nous viendra le secours, et demandons avec instance et supplication au Dieu à la fois tout-puissant et tout miséricordieux d'accorder bientôt à son Église, depuis longtemps $oufi*rante, l'assistance qu'elle attend. »

Cette allocution imposante, publiée ensuite avec l'exposition des faits et des documents à l'appui, produisît en Europe une sensation profonde, et excita en Russie un mécontentement qui devait se traduire par de nouvelles violences exercées non-seulement contre les catholiques, mais encore contre la volonté de l'Empereur lui-même , harcelé par les exigences orthodoxes de ses ministres et de son entourage plus gréco-russe que lui. Que de fois, tempérant le zèle des persécuteurs, il

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