‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 210 sur 331 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

explieafions à messieurs les gouverneors militaires et civils y leur impose en même temps les obligations suivantes :

« l"" De veiller avec soin à ce qu'il ne soit fait à Toccasion du présent oukase aucune fausse interprétation , comme par exemple celle de Taffranchissement des paysans; et si parmi eux ou parmi les personnes d'un autre rang, il s'en trouvait qui, contre toute vraisemblance, cberchant à répandre des bruits faux et dangereux, trompassent le peuple, d'arrêter ces coupables et de les livrer à toutes les rigueurs de la loi.

» 2* De veiller également à ce que les paysans demeurent dans l'obéissance et sous le pouvoir légitime de leurs seigneurs, et s'il s'en trouvait d'insoumis , de les rappeler snr-le-cbamp à leurs devoirs, autant que possible par des moyens de douceur, et au besoin par toute la sévérité que la loi accorde. y>

Cette seconde pièce tempéra les inquiétudes des seigneurs, et donna à l'acte d'émancipation un caractère public mieux défini. En même temps qu'il acquérait plus de solennité, il laissait moins de prise à l'arbitraire.

A la même époque, le Czar, inspiré par un sentiment d'humanité , publiait un oukase relatif à la suppression de la traite des nègres, considérée èomme également eontraire aux principes de l'humanité et aux lois de la morale publique. Par un traité spécial conclu entre l'empereur de Russie, le roi des Français, l'empereur d'Autriche, la reine d'Angleterre et le roi de Prusse, il fut expressément défendu aux sujets des puissances contractantes de continuer et d'exercer le trafic des nègres, soit dans les possessions soit sous le pavillon de ces puissances; toute tentative de contravention à ce traité devait

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être assimilée «a «rime de piraterie et j>eiiieB préservées j^r les lois.

Aux conditions essentielles de grandeor et ée fcrce pour tout pouvoir francbement «bsoia, liSceias joi^ant l'adresse «t Tactivîté politique , ne laissait éoiiapper «■• euM occasion de mettre en relief l'èateHigenee et ses pians 9 et son habileté pratique, soit à riatérieurMt à l'extérieur de «es Etats. Fidèle au praieipe d'une sa^e économie, il s'empressa de réduire Teifoctif ée son armée, que ia paix assurée de l'Eurepe ffsodaît désormais inutile. La situation des finances et Tiaipolsion réclamée psff les grands Usivaux d'utilité publique avaient nécessité cette mesure. Pour accélérer les travaux du chemin de fer qui devaét rattacher les deux capitales de l'empire, l'État déclara qu'A preMÎt à sa charge les frais de cette entreprise* Dans ia pensée du Czar, cette détermination se rdiaît à VUée politique qu'il avait reçue en héritage de ses ancStres, mais qu'il a plus nettement formulée : la civilisatîen progressive de son pays. Dans l'étaUiswment de cette voie ferrée qui devait être hientât livrée an psUic, Nicolas voyait autre chose que les avantages du omnmerce et de l'industrie, il y voyait lu réalisatieu de son vaste plan d'utilité publique et nationale^ indispeosable à la force de son empire. Il aurait marché plus rapide*ment encore dans cette voie , si parmi les ombilieox et les intrigants auxquels il avait accordé toute sa confiance et dont l'influence devait être ftitale à l'empire, il ne l'ea fôt trouvé un surtout qui <levait un jour vmr soo nett se changer en malédiction sur toutes les lèvras. EmeShty le jour cil cet homme, repoussé par l'opinion puUiqseet par la justice d'un nouveau csar, est tombées disgrâce i ce jour-là a été une grande fête pour Saiat-Péterabourg...

CHAPITKE QIIIliilZlKMË. 199

On s'embcassaît dan» les rues canHie anx fêtes de Par

qnes; senlement au lien de aire : iésne-Chriet est ras«

sneHéy Von répétait : Kieiniinekel est mort. . polUiqae-

ment Kleumicfael, petiUfih d'un n«|de nmgiky était

pairean par on esprit de mse féccHide^ par sa grand

zèle et nae exoessine actîvifé, au titre de comte; mais

sons sen Uason de fit^lie date on inetronvait toos les

défauts da serf afrandû : kuneas, jaloux, personnel,

iihidicatif, froidement crael, ne comptent pour Tien le

bonheur ou la vie de ses semUaMes, il aurait sacrifié

reàaipfire a nn caprice de s<m senverahi, son honneur

même à une complaisance faonteuse. (Jn seul trait dé-

pemdhca mienx qne tontes les paroles le earactère die eet

hnmme.

Confonstrasent avec èinnnes fonctieai, lUeimincliel cumdait le titre de directeur en chef de Tlastitut des voîei ^ eanumtmieatwm, élaUissement correspondant à TEoole polytechnique en France. Ua jour, les élèves oceupés à préparer lenrs examens , prenant fait et cause pour nn de lenrs camarades brutalisé par l'ofiteier de service, se livrèrent à des ac4es d'îasnbordinatîon qui devaient se tradoire, au réfectoire, à l'heure d« souper, par des voies de fait contre r«fficier« Le général de Gottman, qui, en qualité de sous-directeur de recelé, la commandait en l'absence de Kleiamiobel alors en voyage , instruit de ces projets, fit battve la retraite avant l'heure et envoya les mutins se coucher sans passer par le réfeo* toire. Le lendemain, le général de Gottman adressa une verte réprimande aux élèves et les somma de lui désigner les principaux instigateurs; pas une voix ne se fit entendve. Le général, appréciant en homme de eœur la Sénérosité de ce silence , maâs loroé de sévir, déclara qae, eonfsrmément aux règlements de Tnislitut, il serait

forcé de renvoyer les trois plus mal notés de l'établissement, si les coupables ne s'accusaient pas eux-mêmes.... Cinq jeunes gens sortirent alors des rangs et se présentèrent au général comme ayant dirigé le mouvement. (( En vous dénonçant vous-mêmes , leur dit le général, vous remplissez dignement votre devoir; mais, àwas rintérét de la discipline, je dois faire le mien en vous infligeant une punition. Mes amis, je vous félicite de votre loyale franchise, je vous punis pour votre faute : vous serez en retenue pendant nn mois. »

Quelques jours après, le comte Kleinmichel revint à Saint-Pétersbourg; le sous-directeur lui rendit compte de ce qui s'était passé durant son absence, et reçut avec des éloges pour la répression de la mutinerie les plus belles protestations de tendresse et de dévouement. Une heure plus tard le directeur en chef se trouvait au palais d'hiver et disait à l'Empereur que l'Instilot des voies et communications était infesté des principes révolutionnaires de la France : si la Marseillaise n'était pas sur leurs lèvres , elle chantait dans leur cœur. Pendant son absence , une révolte avait surgi et exigeait une punition exemplaire. Enfin , il terminait par l'offre de sa démission dans le cas où , pour sévir, il ne recevrait pas de Sa Majesté Impériale carte blanche. Nicolas, qui dans chaque syllabe de Marseillaise et de révolution voyait une tète de Méduse, ignorant, d'un autre coté, que jaslice avait déjà été faite , donna carte blanche à KleinmicheL

Le soir même, le général de Gottman fut remplacé dans ses fonctions à l'école par le général Engelhardt, homme dur et sévère comme la consigne d'an caporal ivre, et le lendemain matin l'école entière fut réunie dans la cour pour assister au supplice des cinq élèves qui déjà avaient satisfait à la justice de la disciplina*

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