CHAPITRE DEUXIÈME
le principe <|a'iine imposante forieresse élevée pour défendre les provinces méridionales contre les incursions des Tores et des Tartares ; mais la conquête de la Crimée lui a?ait lait perdre au point de vue militaire Timportance qu'elle avait acquise sous le rapport commercial Elfe étail devenue le siège d'un commerce considérable, renirepôt de toutes sortes de prodoits du sol russe. Cette ville, qui naguère ne possédait que de misérables mai- 800S construites en bois avec de la boue, offrait alors au regard des constructions nombreuses et élégantes , nne phjsLcHMMnîe de prospérité, que l'Empereur se proposait d'augmenter encore en accordant à TaganrQg les fraiH chises dont jouissait Odessa.
Dans ces conditions^ le séjour de cette ville était agté^le à Leurs Uajestésy qui chaque jour faisaient dans les environs des promenades à pied et à cheval. Inquiet et sombre toujours, quoique sa santé, sous l'influence d'un climat meilleur, parût réaliser les espérances des médecins, l'Empereur, constamment occupé des soins de son empire, se délassait des affaires sérieuses par de nombreuses excursions sur les côies de la mer d'Amv et dans les stanitcas des Cosaques du Don j mais son occupation la plus chère était le tracé d'un grand jatdin public dont les travaux étaient dirigés par un architecte anglais qu'il avait fait venir de Saint- Pétersbourg. La nuit, il dormait sur un lit de soldat ,^ la tête posée sur un oreiller de cuir.
Oublieux des soins de sa propre conservation , il négligeait, malgré les prières de son médecin, les précautioQs que les habitants du pays eux-mêmes prenaient contre les fièvres d'automne, qui cette année sévissaient avec nne intensité peu ordinaire.
Au retour d'une de ses excursions à New-Tscherkask,
7ê HISTOIRE DE L'EMPEREUR NICOLAS.
la beauté de la saison paraissant devoir se prolonger au delà du terme accoutumé , Alexandre voulut en profiter pour visiter les établissements de cette fameuse Tauride que la grande Catherine se plaisait à regarder comme une balte militaire devant Byzance.
M. Nariskkine , gouverneur civil de la Tauride , n^avait été prévenu que huit jours avant de Texécution de ce projet par Tordre de faire préparer aux stalious indiquées les chevaux nécessaires pour neuf voitures de la cour. L'Empereur arriva le 5 novembre, au soleil couchant, à Symphéropol, siège du gouvernement; il se rendit d'abord à l'église , ainsi qu'il avait l'habitude de le faire dans tous ses voyages. II ne voulut s'arrêter qu'une nuit dans cette ville; il la quitta le lendemain malin pour continuer ses explorations sur les côtes et pour visiter les villages tartares. Le principal but de son voyage était de voir la terre d'Urjanda, située près d'Aloupka , non loin des terres que le comte Woronzoff possède en cette contrée charmante , l'Eden de l'empire russe, suivant Pallas et le docteur Clarke. L'Empereur avait été si charmé de la beauté de cette position, qu'il avait accepté l'offre transmise au nom du comte Woronzoff par le comte Kouschelew-Besborodko de la cession de cette propriété, en échange d'une autre équivalente sur cette même côte.
Après quelques visites au comte Woronzoff, à la princesse Galilzin à Aloupka, l'Empereur se rendit successivement à Sébastopol , ou il fut reçu par le vice* amiral Greig, commandant de la flotte de la mer Noire, à Baktschi-Seray,. ancienne capitale des kans de Grimée, ou il admit à sa table le muphti et huit murses tartares. De là il se dirigea sur KIoslow.
Dans les derniers jours de son voyage, le temps s'é-