‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 227 sur 331 · CHAPITRE DIX-SËPTIËME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SËPTIËME

Bérolnf ion de (irrieT. — Impression qu'elle produit à Saint- Pëtersbourg. — Kicolas ftemà la cd»iiie frtn^is» M«ft •• prDt«cti«B. — Frtfpcrstifà de «pterre. — Appel an peeple msse. — Embams et impuissance dn ^onunement pr«fisoir« en France. — La république abdique en Orient. — Rëvolnlion de Bucharest. — Uterfenllon rosse. — Proclamation amponlée. — KonYelles scènea de choléra à SaiBt>Pétersbonr<]. — Ascendant de l'Empereur. — Guerre de Hangrie. — Inter- Tcnlton russe.— Motifs de cette nrtervention. — Bfonrements mîTItafres an Caucase. — AmdIUintiMi èet npparts astre loma ai SamtrPétersbonrj. — Hcurtvx réinluts. — Mémorable allocution de Nicolas aux évéqnes catholiques de Russie. — Piélé irmie da Kcolas. — Une daosaine de maadiairs. — Mort dti grand-dnc Uichel. — Manifesie impédal i cette occasion. ~ Traits d'esprit. -> Testament du jrand - duc. — Conspiration à Saint-Péiersbonrg. — Scène impie. — Arrestatim des conpaUea. — CfaMimeal. — fappretaion des Kgnn èaaaaières antre la Rassie et la Pologne. — Lamoricière à Saint-Pétersbourg. — Hommages d'ao frère Araga — Rapprochement de l'Empereur avec la France. — Vingt-cinquiéme ■saircfaaira dm conroonaaMBl 4a Nitolas. ~ Le daatky de Mascon.

Injoor, e'étaiten 1848, l'empereur Nicolas, passant en revoe avec le vieux comte de Nesseirode les affaires de I^Envope, se réjouissait 4e voir l'ordre succéder partoDt avx idées révolotioiiiDaires qui durant ks deraières anées a^vaienl si profoudéasent bouleversé les puisances oecideDiales. La Pologne était cakne et résignée; b&issie, glorieuse au dehors, prospérait à rintérieur. ToQt pronetlait à fav^nir des jours de calme et de paix: tn seul piHOt h l'borîzott politique Finquiétail : c'était la Fraace. Lonis-Pbilippe , poursuivant péniblement son npérieiiee de quasi- légitimilé, lui semblait mal assis dans son usurpation de fannlle. « T6t ou tard , disait-il , les pavés qui servent de trône au roi des Français s'écrouleront sous de nouveaux pavés. La France un beau matin se réveillera au bruit des barricades , et dans ce beau pays tout sera remis en question

— Diea veuille qu'au bruit de ces pavés jetés snr le trône de juillet, répondit Nesselrode, TEurope 5e rappelle les leçons de 1830. La politique des révolutions est oublieuse...

— Si, pour le malheur de l'humanité, répliqua Nicolas, vos sinistres appréhensions se réalisaient, je me sentirais assez fort et hissez puissant pour sauver l'Europe et la défendre contre elle-même, n

Le lendemain, un courrier venu de France en neuf jours apporta à l'Empereur la nouvelle de la révolution de février. Louis-Philippe , chassé par le peuple du palais des Tuileries, était en fuite, et la république avait été proclamée. A cetle nouvelle, qui devait produire sur l'esprit du représentant des monarchies absolues l'effet d'un coup de foudre, le regard de l'autocrate devint rayonnant. Un de ces rares sourires qui, dans les grandes occasions, déridaient son front soucieux, glissa sur ses lèvres. « Je l'avais prévu, s'écria-t-il *, au fait, j'aime mieux cela. La république, tout impraticable qu'elle me paraisse en France, est au moins un principe; la royauté de Louis-Philippe n'était qu'un déni de principes. Justice est faite... » Cependant, lorsqu'un instant après il se retrouva seul face à face avec l'histoire, et qu'il se rappela tout ce qu'il y avait de prestige et de force entraînante attaché à ce principe arborant sur son drapeau ces trois mots : Liberté, égaUté et fralerniié! il se recueillit en lui-même , et , mesurant l'avenir au passé, il sentit passer sur son front comme le souffle avant-coureur des révolutions populaires ; il sentit trembler dans sa main comme l'étreinte convulsive des grandes nations en lutte. 11 crut entendre comm^ "'' écho lointain de la Marseillaise... la Marseillaise aux

Page 1