‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 229 sur 331 · CHAPITRE DIX-SEPTIKME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIKME

S€s propres sujets , et on respect aux lois de son empire en rapport avec la somme de protection et d^ospitalité facile qui yo«s s«*a accordée. Sajets de la république en France, n'oaUiez pas que vous êtes les hôtes d'une mo* narchie autocratique en Russie; n^oobliez pas que vons fivez sous l'égide des lois moscoirites. Cenx d^entre vous qui désireront rentrer en France recevront sans difficulté leurs passe-ports, et au besoin les secours nécessaires pour leur repatriemenl; ceux qui voudront rester en Russie auront pour garantie de leur sécurité particulière la parole du Czar. Telles sont , messieurs , les communications que Sa Majesté TEmpereur, mon auguste souverain, m'a chargé de vous transmettre, i»

Cette harangue, prononcée avec une vive émotion, fut écoutée avec un silence marqué par une sincère Batisfaclion ; elle rassura des inquiétudes préconçues , et rendit le calme au cœur des Français justement alarmés sur le sort de leurs établissements en Russie. En échange des garanties qui leur étaient assurées , ils se conduisirent avec une sagesse qui leur mérita de plus en plus la bienveillance de TEmpereur.

Dans un conflil qui eut lieu à cette époque entre des étrangers et plusieurs officiers , dont l'un périt lâchement frappé d'un coup de couteau, plusieurs Français furent arrêtés ; mais PEmpereur, disant que les Français n'assassinaient pas, pressa l'instruction de cette affaire : l'enquête , ainsi que l'avait prévu le Czar, établit complètement l'innocence des Français compromis, qui furent aussitôt remis en liberté.

En présence des agitations démocratiques et sociales de l'Europe occidentale, l'attitude de la Russie fut celle d'une puissance patiente dans sa force et prête à tous les événements. Confiante et calme dans la sagesse de

son empereur^ les yeux tournés vers la France et la main sur la garde de son épée , elle n'attendait pour la tirer du fourreau que le signal pour se précipiter à la défense de la cause de l'ordre dans le monde qu'elle avait pris sous sa protection.

Par un premier oukase en date du 8-20 mars, Nicolas fit mettre sur le pied de guerre une partie de ses armées; tous les militaires en congé et de la réserve reçurent l'ordre de rejoindre sans délai leurs corps respectifs. a Dans l'Europe occidentale, disait l'oukase, ont éclaté des événements qui trahissent de la part des révolutionnaires le coupable dessein de renverser toutes les autorités légales. Les liens d'amitié, les traités réciproques et les relations qui unissent la Russie aux États voisins, nous imposent le devoir sacré de prendre à temps des mesures pour opposer au torrent pernicieux de Tanarchie une résistance efficace. »

Les prévisions contenues dans ce premier manifeste ne tardèrent pas à se réaliser. En apprenant la formation du gouvernement républicain représenté par un poëte , des avocats , des journalistes , des rhéteurs , un professeur de barricades, un ouvrier, des juifs et des culotteurs de pipes, l'empereur Nicolas, retrouvant tout à coup dans son cœur de sympathiques regrets pour les splendeurs passées d'un peuple que Louis XIV avait fait si grand , ne s'était pas fait un seul instant illusion sur les tempêtes qui devaient sortir du palais du Luxembourg. En effet, malgré les prodiges de l'éloquence acrobatique de M. de Lamartine, malgré son poétique manifeste à l'Europe, le drapeau rouge, repoussé de l'hôtel de ville de Paris, demanda bientôt à la Marseillaise sa feuille àe route pour faire avec elle son tour d'Europe.

11 débuta en Belgique par une affaire dont le nom

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