CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
tait en doute jusqu'à son existence, par les divisions intestines de son ponvoir exécutif, elle était fatalement condamnée à une immobililé expectative.
Une révolution éclata à Qucharest. Le prince Bibesco, siivant l'exemple des souverains de l'Europe occidenlaie, abdiqua et fut remplacé par un gouvernement pro^ visoire. En d'autres temps, lit diplomatie européenne tout entière se fiât préoccupée d'une commotion dans ces piiocipautés mixtes qui devaient dans un avenir rapproché servir de cbamp clos à des luttes décisives. A cette époque, la Russie seule, maîtresse de ses mouvements, se sentait assez de force et de puissance pour interreBir. Se considérant comme la tutrice naturelle et lé^le de ces {MÎncipautés, elle ne pouvait assister l'arme «nx bras à ces événements, qui menaçaient de s'ac-^ complir sans elle et contre elle*
Dans ces circonstances, l'agent rosse protesta d'abord au nom de son maitre contre la violation des traités, oais une protestation plus sérieuse allait bientôt changer Itiaee des choses. Dans la prévision des événements qui venaient de bouleversa les Principautés, une armée nnse s'était concentrée sur les bords du Pruth. Sur ces ^(refaites, la révolution triomphante en Valachie se 'épandit en Moldavie , avec le projet de fonder, sur le ca- ^^re assassiné de l'hospodar et sur les ruines de l'ordre pistant, la réunion des deux principautés en un seul ^'bt, sans liens quelconques avec la Russie ou la Porte ^^ttomane, la création d'une nationalité établie sur une I prétendue base historique et sous le nom de royaume ^aco-romain, royaume indépendant et séparé, à la forination duquel des programmes et des proclaniations ^évolotionnalres conviaient les populations de la Moldavie, ^^ la Bnkowinp, de la Transylvanie et de la Bessarabie.
Dans les premiers jours de juillet les troupes russes s'ébranlèrent et passèrent le Pruth sous la conduite des généraux Duhamel et Erzenstein ; à leur approche , les membres du gouvernement provisoire s'enfuirent, laissant pour adieux aux Valaques cette proclamation ampoulée :
tt Frères Roumanes, malgré tous nos droits sacrés , reconnus et garantis par toutes les puissances étrangères, l'armée russe est arrivée à Fockschany. Vous avez proclamé que la croix serait votre arme. C'est la croix des justes. Ainsi, ne craignez rien ; car si les Russes foulaient la croix et l'Evangile , Dieu a des armes plus puissantes que les leurs , armes puissantes avec lesquelles il a protégé les Roumanes depuis dix-huit siècles contre tous leurs ennemis ; armes avec lesquelles nous avons reconquis la liberté en trois heures.
» Roumanes , la croix , signe de la rédemption et l'arme de Dieu , sera notre protection si nous avons confiance en lui et dans nos droits sacrés, que désormais aucune force humaine ne peut nous ravir. Néanmoins le gouvernement que vous avez nommé, voyant que la mission difficile dont vous l'avez investi n'est pas encore terminée , a adressé un appel à toutes les puissances étrangères qui nous ont prêté souvent leurs secours. Il a envoyé des agents pour demander des troupes auxiliaires, i et afin de pouvoir négocier avec ces puissances et de i protester les armes à la main, il a cru devoir se retirer j dans les montagnes et y rester sur la cime des monts j Krapacks , qui est notre seul asile.
» Roumanes, au nom de nos soufifrances de dix-huit siècles, au nom de la liberté que vous avez conquise pour toujours , nous vous adjurons de ne pas quitter le deuili avant que la Roumanie ne soit délivrée.. Conservez cetj