‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 247 sur 331 · CHAPITRE DIX-HllTIÈMK. tt · texte numérisé non relu

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caractère de nationalité qu'ils avaient su conserver à travers des siècles de servitude. Les symptômes d'éloignément politique qui depuis quelques années , accompagnés d'une ardeur de sén^ et de jeunesse , s'étaient manifestés au sein de ces populations contre la Russie , décidèrent cette puissance à tenter un effort décisif j)our ressaisir l'influence qui lui échappait. L'insurrection du Monténégro lui en fournit le prétexte et l'occasion. Le jeune héritier du dernier vladika^ renonçant au pouvoir ihéocratique y n'avait voulu conserver que le pouvoir temporel , afin de lui donner une plus grande force et d'asseoir sa dynastie sur le principe de l'hérédité en ligne directe. A la suite de cette résolution, la Turquie, ne prévoyant pas les difficultés qu'elle allait se créer, déclara une guerre acharnée aux populations de la montagne Noire. Au lieu de se borner, ainsi que le lui conseillaient la France et l'Angleterre , à repousser les attaques des Monténégrins, elle lança une armée à la conquête. du Tsernagora.

L'Autriche , sympathique aux Monténégrins par des rapports de bon voisinage, la Russie, également favorable à leur cause par des affinités de race et de religion, s'unirent pour blâmer cette expédition dès qu'elles en eurent connaissance. Cependant, malgré cette communauté d'intérêt entre les deux grandes puissances du Nord, des intérêts opposés les empêchèrent d'envisager la question sous un même point de vue. L'intérêt du cabinet de Vienne était de ne point laisser prendre à celui de Saint-Pétersbourg une influence trop décisive sur Tesprit des populations belliqueuses qui dominent le Cattaro. De là l'action distincte du comte de Linange négociant en dehors de la Russie et obtenant sans elle à Constantînople l'évacuation du Monténégro parles troupes

turques. Jalouse de ce succès diplomatique , la vodhat de son oMé faire à CoostantiBople une dèmoaslration solemieUe, opposant aux inquiétudes des puissances occidentales la question des Lieux iaints résolve, disaifelle, au désavantage de ses coreligionnaires, et celle da Monténégro constituant un danger réel ponr les populations des pays soumis à son protectorat L'emperear Nicolas, répudiant en apparence tonte pensée de guerre oo de eonquéte, jeta les yeux sur son ministre de la marine le prince MenscIrikofF pour oufrir à Conslanthiopie des négociations que devaient accompagner d'inposants préparatifs militaires.

Le prince Menschikoff, lout à la fois homme de guerre et d'inSniment d'esprit, brave soldat et beau diseur, connaissant par cœur l'échiquier d'un cfaMBp de kataSle et œlui d'un salon, avait conservé sous les rides d'on âge avancé toute la verdfeur de la jeunesse. Intelligent, actif, arrogant au besoin, préférant aux voies de la conciliation les moyens extrêmes, il était plutôt fait pour créer les difficultés qoe ponr les résoudre. Anssi les Russes à grandes voes, qui voyaient «vec peine leur goût emement se lancer dans les mystères de l'inconnu pour one vaine satirfactîea d'amonr-propre en apparence, disaient^iis en faisant allusion à l'origine dn prince : « Noos serions bien snrpris si Menschikofr ne servait des brioches de sa façon au Grand Seigneur '. v

Menschikoff quitta Seint-Pétersboorg dans les premiers jonrs de février 1853 et se rendit k S^Mislopol, oii il passa la revue de la floMe , fière et snperiie snr les eaux qai bientôt devaient l«i aervir de ton^. D'CMessa, ou quelques jours plus tard il inepecta les troupes de terre,

1 Le chef de la famille AlenschlkoiT était pâtissier sous Pierre le GtsikI, 4biiC il devnit le fiiwri.

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