‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 253 sur 331 · CHAPITRE DIX-HIITIKME. Mi · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HIITIKME. Mi

lulion toute nouvelle dans nos rapports avec la Porte Ottomane en nous conférant la sonveraineté effective de l'immense majorité de ses sujets, r»

Les déclarations du chancelier sur le point capital du débat contenaient, comme nous l'avons dit, des erreurs essentielles. En effet, Tappui que la France a souvent prêté sous l'ancienne monarchie aux sujets catholiques de l'empire ottoman, non en vertu d'un droit conventionnel mais à titre de bienveillance affectueuse, ne pouvait en principe s'assimiler au protectorat que la Russie prétendait s'arroger.

De même les traités conclus au temps de la réforme entre l'Empereur et quelques princes protestants ne pouvaient servir de point de comparaison avec les engagements que le cabinet de Saint-Pétersbourg voulait imposer au Divan. Cette dernière question, débattue entre l'Empereur, le chef de la Confédération allemande et les princes qui en dépendaient, était une simple question intérieure. La véritable pensée de M. de Nesselrode ressort tout entière des considérations par lesquelles il termine sa circulaire.

a En soumettant notre ultimatum au jugement impartial des cabinets, dit le chancelier, nous leur laissons à décider si , après les torts si graves dont la Porte î^^esi rendue coupable envers nous, après qu'elle nous a donné tant de. causes de ressentiment légitime , il était possible de se contenter d'une simple satisfaction. L'examen consciencieux de notre projet de note prouvera que, dépouillé de toute forme de traité ou même de contrat synallagmatique , il n'a rien qui soit contraire aux droits de souveraineté du Sultan, rien qui implique de notre part les prétentions exagérées que nous prête une défiance aussi injurieuse pour nous qu'elle est peu justiBée

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«a HISTOIRE DE L*ËiIP£RSU{R MGOLAS.

far nos aetes soiiérieors. CetexameD suffira, ««us T^spérons , pour: faire évanouir \es faux bruUa répaaios sur nos exigences hautaiDes^^etpovr moDtrorK|iie si le rejet des derniers «if yens d'accoamôdenent que nous propo- «OBs.pour réMudreJes difficultés qui «ovs^out été suscitées dans Taffaire des lieux sainte amène des cemplica&ioQs cempcomeétantes p&n ia paix, ee n^ast pas sitr BOUS, .que la respMisaUiité en ^avra 'retomber aux yeux du imonde. »

La. France, par IWgane de M. -Dreeyn de Uiajs, répondit à cette circulaire, piîneipalemeat dirigée centre eUe, par me argumentation logiqae et feme, qui réfutait viotoriensemMit les trots onirea de toasidéra- 4ion& sftg^alés^aMila. ciroalaîre du dîp)ema(e crusse. Au prixide la modécaiton^eiii la'France'avait fiMvnilant de fireuoes, il déolinait toutei|)art de reapoosàbililédans la crise. oiîentaley elifàisait des^iraoox paur qae-iWiperear Nicolas iroHvàt Je.acioym de eoneilier ^es 'fréleiiftions avec las prérogatives ide la sounnevaioelé de la Poitte sans secourir . à iaioroe desiannaa.

Malgré ces difficultés, que Tépécaeide devait ifVBchcr, PËurope, à peine eeoûae \des ^oanoiottaaB'de 1848, vottlaii et désirait la , paix.. Napoléon iU, «nreiBoaaat en France les anneauxrdeJa éksâne impériale, s^était prowmcé caé^goriquemenL rRoar .peévenîr-jles cvainles qui 'poasftient nailre de. net >évéaemeBt^t»évu ,^ il s'étail liâté de •proclamer que l'^oinpire, o'étai^MjKic;:mmi7migvé XOÊAS les eiForis de Ja prndeatee iiiNiiaine,4e sert^ae jaoanl des calculs <ide ila ^^litiqne, proova uBe.«foiajde plus la vérité du. vieil aaiome : « Les liommes s^agitent, -etDicu les mène. )>* L'araaée nuaae allait :eavaliir lea^priacipautés jdanubiennes. L'empermr Nioaias ramaiifa) lai-iMme à ses peuples par ce manifeste à la date.dni 14*â6 jaîn.

OITAPITJIE DIX-HUITIEME. ^M

ttParla grâdeideJMeu^ Nous, Nicolas r% empereur ci autocrate de toutes les Russies, roi de Pologne, etc.

» U est à la ooQDaissanee de m» fidèles et.biea-aimés sujels que de temps immémorial bos glorieux prédécess€iirs<ont fait vœu dedéfeodre la foi orlbodo^ie.

') Depuis l'instant où. il a plu à la dlvioe Providence de nous '.trausmetire le irôue héréditaire, TobservaUQH de ces devoirs sacrés qui en sont :ioséparabIes a coo*atammieat été ToJbjet de nos soius'et de -nos sallicitudes. Basés surile.^rieuK iraiié de «Kmaardji > confirmés par les iransaotioiisjsoieaiielles conclues! poslérieuremen t avec la Porte Ottomane, ces soîna^et cette sollicitude ont toujours eu pour but decgaraalirles> droits* de T^glise orthodoxe. Mais, à notre profonde affliction, malgré tous nos efforts pour défendre l'intégrité des droits et privilèges de oi»tre Église orthodoxe , dans .ces derniers ten>ps de nombroQx agîtes arbitraires du gouvernement ottoman ont porté. atteinte à ces droits, est numaçaîent enfin d'aoéantîr complètement tout l'ordre de choses sanctionné par les aiàoles et si cher à la:foi orthodoxe.

n Nos efferls pour détouroer la Porte d'actes -sembla- Ues sont restés infructueux, et même la. parole solennelle que le Sultan nous avait donnée en cette -occasion n'a pas tardé :à être violée.

» Après^avoîr épuisé toutes les voies de k persuasion et U>m les tuioyens. d'obtenir à l'amiable la satHfaetion dae à nos justes réclamations, nous avons jugé indispensable rde &ire entrer nos troupes daas.les principauiéB daaubiemies, afin de montrer à. la Porte où peut la.con>duire soo opiniâtreté.

» Toutefois let même à présent notre intention n'eat «point de commencer la guerre par l'occupation des Principautés^ nous voulons avoir entre les mains un gage

qui nous réponde en tout état de cause du rétablissemenl de nos droits.

» Nous ne cherchons point de conquêtes : la Russie n'en a pas besoin. Nous deoiandons qu'il soit salisEût à un droit légitime si ouvertement enfreint. Nous sommes prêt même dès à présent à arrêter le mouvement de nos troupes si la Porte Ottomane s'engage à observer religieusement l'intégrité des privilèges de l'Église orthodoxe. Maïs si l'obstination et l'aveuglement veulent absolument le contraire, alors, appelant Dieu à notre aide, nous nous en remettrons à lui de décider de notre différend , et plein d'espoir en sa main toute-puissante , nous marcherons à la défense de la foi orthodoxe.

n Signé Nicolas. »

Ce langage de l'empereur Nicolas enthousiasma au plus haut point les inslincls guerriers du peuple russe , acceptant avec orgueil le rôle qu'on lui proposait de jouer. Plus tard, au jour des revers, oubliant l'appui unanime qu'en ce moment il prétait à son souverain, il devait lui infliger la responsabilité de la défaite et de l'humiliation. C'est en Russie surtout que le succès justifie les moyens.

En apprenant le passage du Pruth par l'armée russe, la Porte protesta publiquement contre cette invasion devant l'Europe , qui , elle n'en doutait point, n'y donnerait point son assentiment, liée qu'elle était par les traités de 1841. En attendant, et tout en gardant une attitude armée pour sa défense , elle était prête à donner satisfaction à toutes les réclamations de la cour de Russie, mais dans les limites de son honneur et de sa dignité.

Tandis que le Divan protestait ainsi, Omer-Pacha, généralissime de l'armée turque, adressa la lettre sui-

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