‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 254 sur 331 · CHAPITRE DIX-HllTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HllTIÈME

vante au général Gortscfaakoff, commandant en chef Tannée russe dans lés principautés du Danube :

tt Monsieur le GÉNàRAL,

» J'ai Thonneur de vous adresser cette lettre par l'ordre de mon gouvernement. Lorsque la Porte Ottomane épuisait tous les moyens de conciliation pour maintenir la paix et son indépendance, la cour de Saint-Pétersbourg n'a pas cessé de susciter des difficultés. Elle a même îiolé les traités par l'occupation des deux principautés de Moldavie et de Valachie^ parties intégrantes de l'empire ottoman. La Porte Ottomane , au lieu d'user de représailles, s'est bornée alors à des protestations, sans s'éloigner de la voie qui pouvait conduire à un arrangement. La Russie ne manifeste point des sentiments pareils. Elle repousse des propositions que lui avaient recommandées les puissances médiatrices, et nécessaires à la sareté et à l'honneur de la Sublime Porte.

y> En conséquence, il ne lui reste d'autre parti à prendre qae de recourir à la guerre , et c'est un devoir impérieux pour elle. Toutefois, comme l'invasion des principautés danubiennes et la violation des traités qui l'a accompagnée sont les causes réelles de la guerre, la Porte Ottomane, comme dernière preuve de ses intentions pacifiques, propose par mon organe à Votre Excellence d'évacuer lesdites provinces , et elle vous accorde pour cela un délai de quinze jours à compter de celui de la réception de cette lettre. Si pendant ce délai je recevais de Votre Excellence une réponse négative , le commencement des hostilités en serait la conséquence naturelle. Voilà ce que j'ai l'honneur de communiquer à Votre Excellence , et je Saisis en même temps cette occasion de vous assurer de ijaa haute estime. »

S&6 HISTOIBE DE LEMPEREUH NICOLAS.

Lorsque la nouvelie de l'arrivée des flottes alliées ' dans la baie de Besika parvint à Saîol-l^étersbocnrgf, le chancelier de l'empire adressa aux ministres russes à l'étranger une nouvelle circulaire par laquelle il songeait moins à<se défendre devant l'Europe qa^â prendre une attitude provoquante. « L'oc(^patioQ des eaox des Dardanelles par les flottes française et anglaise, disait-il, plaçait la Russie sous le coup d'une démonstration comminatoire, qui devait fatalement amener de nouvelles complications. »

La France et l'Angleterre n'acceptèrent point les arguments dont le chancelier se servait pour donner à leur conduite' une fausse interprétation. Leurs cabinets y répondirent en termes catégoriques. Celui de la France, par l'organe de M. Dtviuyn de Lhuys, exposait dans une circulaire adressée à tous les agents a l'étranger , les motifs qui avaient décide l'envoi des flottes dans les eaux de la Turquie. Cette mesure, tonte de prévoyance, n'avait aucun caractère hostile à l'égard dis la Rnssie, mais elle était impérieusement commandée par la gravité des circonstances , et suffisamment justifiée par les préparatifs de guerre qui se faisaient depuis plusieurs mois en Bessarabie et dans la rade de Sébastopol. Le motif de la rupture entre la Russie et la* Porte avait complètement changé de nature. La^ question qui dominait présentement à Constantinopic était celle de l'existence même de l'empire ott(mian', et la France ne pouvait admettre qiie de si vastes intérêts se trouvassent en jeo,. sans revendiquer la part d^influence et d'aotion qui convenait à sa puissance et a soR' rang dans le monde. A la présence d'une armée russe dans les provinces danubiennes, il avait le droit et le devoir de répondre par la présence de ses forces navales à Besika, dans mnebaîe librement

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imie6<qiMi les traités défeodbnt de franchir en temps d«i paix«. L'habile mhiistffe démiMilrail par les dalèa, que» riaîtiatiire'etlà neeponsAbîlité dés monvemeots mtlitainea apyacteaaiefit toul eBéièvea/àla Russie.

La fermeté le^îque' de;ceHd' circulaire r éclamaié pear. la France le hénéfioe det la .medérationi; mais dans la prévtsieo» de l'ameoir!, , elle* indiquait use réselution jmi* maaUe de i^econririà dea^meyeus- pias piuîssanis^ dan» 1 ^peibèee quelaJliieaîe,.ccmliiDeani'.d'iooeup^r les Prin^ cipaaéés eovabies^meaaeeraift^d'uiie nouvelle. attteiole les. ûroilft de T^mpicei oitoBaani La circnlaîre anglaise expri^? niant les méfnesvoea^ élaUissait aux yeux de la Russie^ Taccord pavfaii q^ réglait eaife les deux gi^andes paissanees oocidentales sur oeite. question hérissée de.

fieodani ce* temps,. uae< grande* puiasaaoe qui jusque-là était restée> spectatrice .du conflit saas-y prendre part,. P^des couaidératioasdiarersement interprétées , l'Autriche trouerait un mofiffù diplomatique' d^aecorder ses avoirs, eovers TEurope et. ses senliraeate: envers la Hoasie;, Daos J'iatéréi 4e la vérité , nous ^k^vous ici faire, justiee^ use ifoîe pour toutes de l'aecneatioa d'iagfathude^ sisévèremeBt^afifriiqiiéeiau gDuvernea>en4 aulriebienv au: sttjei de la «quesiion d'Orieotv En. principe , . de vail«elie , P^r aequîHerila dette do: reeounaîsaanGe qu^elle seo^ UaU .avoir contracta eovers la Russie durant la gn^rci ^Haogde, .devail-ielle^se mettre en op^^ition flagrante* ^^ les inlérêts>de la; famille européenne ei ceux de sa propre autonomie? Parce que Tempereur Nicolas! avaitt CQipley^ une avmée russe affaire la chaîne en Hongrie, P<^urétaiadlre lô.'feu d'un édifice dont les flammes mena^ S^pt de se comBWiquer au sien propre, devait -eUe)

en bonne politique, appuyer de son influence armée les prétentions exorbitantes de celui qui, devant l'Europe, se proclamait son sauveur? Il n^est point vrai que la Russie ait sauvé FAutriche , attendu que l'Autriche n'a jamais été perdue. L'intervention russe en Hongrie était une question d'un intérêt supérieur pour la Russie. Nicolas tirant l'épée contre les Magyars, combattait moins pour conserver la Hongrie à l'Autriche, que pour se garder la Pologne. D*aulre part, le jour où Paskevitch est entré dans la lutte, l'insurrection, réduite aux abois, cernée de toutes parts dans un réseau de baïonnettes autrichiennes, n'avait plus qu'un seul espoir de salut , celui de se confier à la clémence du vainqueur.

D'ailleurs, dans l'ordre des intérêts généraux, laquelle de ces deux politiques doit prévaloir, celle du sentiment ou celle de la raison? Avant déjuger la conduite de l'Autriche, sur le terrain brûlant oà nous Ja voyons posée , cette question doit être carrément résolue. La raison politique a déjà prononcé. L'avenir dira que l'Autriche a fait tout ce qui dépendait d'elle pour sauvegarder l'honneur de la Russie , sans faillir à ses devoirs envers l'Europe, envers elle-même. Ce n'est pas elle que l'on doit accuser si l'empereur Nicolas a fermé Toreille à ses sages conseils. Ce que la Russie loi impute à crime et no lui pardonnera jamais , c'est moins d'avoir conservé une attitude conforme à ses intérêts, que de n'avoir point pris fait et cause pour elle contre h France et l'Angleterre. Dans ce grand conflit, l'Autriche a joué non-seulement un rôle habile, mais elle a joué un rôle honnête.

Quoiqu'il en soît, le cabinet de Vienne, qui, proverbialement parlant, se trouvait entre l'enclume et le marteau , vit ses oflVes de bons offices acceplés p>r

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