‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 261 sur 331 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

Qoant à ce ««jet, il s'inquiétait pen de.b poKtîque

que la Fnnce jugerait à propos de suivre dans les affiDres

d'Orient; il awaîl tout préve, et paré à tontes ks éwen-

taalités.

«En un mot y oootinua-t-ii , ton! ce qu'il me ianl, c'est mie entante avec TAngleferre , en vne non pas de ce qui devra se faire y mais de ce qui ne devra pas être iaiL Dès que nous aurons atteint ce but, dès que nous serons, le gouvernement anglais et moi, moi et le go»vemement anglais, animés d'une confiance réciproque, je ne m'inquiéterai ^his do reste. »

Alors, sir Hamilton Seymeur fit la remarque que le gonvemement anglais lui semblait tout aussi peu disposé qae celui de la Russie à souffrir la présence des Français àCoftstantinojrfe, et comme sur ce point il désirait savoir s'il existait quelque entente entre ks cabinets de Saint- Pétersbovrg et de Vienne, il ajouta : « Mais Voire Majesté a oublié F Autriche ; or, toutes ces qoestions la touchant de Iiwnprès, e(k s'attendra naturellement à être corasollée. — Qoant à cela, répliqua Nicolas, vous devez savoir que lorsque je parle de la Russie, je parle de l'Autriche; ce qui convient à l'une convient à l'autre. Nos intérêts en ce qui concerne la Turquie sont parfaitement identifues.»

IVessé par les questions incisives du plénipotentiaire de la Grande-Bretagne, Nicolas, revenant toujours à son idée première, prétendit que, le cas édéant, il serait £ic3e de concilier tous les intérêts dans la conclusion des arrangements territoriaux. « Les Principautés , dit-il, formant déjà de fait un État indépendant sous ma protection , cette situation maintenue pourrait s^appliquer à la Servie et à la Pulgarie.

» Quant à l'Egypte , je comprends parfaitement !'«»-

portanee de ce territoire pour l'Angleterre ; je puis seulement dire que si, en cas de partage de la succession ottomane à la chu le de Tempire, vous preniez possession de rÉgypte, je n'aurais aucune objection à faire. J'en dirais autant de Candie ; cette île pouvant vous convenir, je ne vois pas pourquoi elle ne ferait point partie des possessions anglaises. »

Sur ce point, comme sur tous les autres, le prudent minisire plénipotentiaire s'attacha à relever tout ce qui aurait pu faire supposer que son gouvernement se laisserait toucher par les brillantes perspectives que le médecin en chef du moribond offrait à son ambition. En le congédiant, Nicolas lui renouvela l'assurance de son attachement pour la Reine, et lui recommanda d'engager son gouvernement à lui écrire sans hésitation et plus explicitement sur toutes ces questions. « J'ai Ja plus grande confiance, dit-il, dans le gouvernement anglais ; ce n'est point un engagement, une convention que je lui demande, c'est un libre échange d'idées, et, au besoin, une parole de gentleman entre la Reine et moi, cela

suffit. Tt

Le 9 mars suivant, le comte de Nesselrode remit à sir Hamilton Seymour un mémorandum daté du 21 février, et qui n'était que la reproduction exacte des idées que l'Empereur avait formulées lui-même verbalement Dans l'état des choses, ce document a une trop grande importance pour ne pas être reproduit textuellement in extenso.

<c L'Empereur a pris connaissance avec le plus vif in* térét et une véritable satisfaction de la dépêche secrète et confidentielle que lui a communiquée sir Hamilton Seymour; il apprécie dûment la franchise qui Ta dictée. Il y a trouvé une nouvelle preuve des sentiments d'amitié que lui porte Sa Majesté la Jleine.

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