‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 262 sur 331 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

» En s'entreteoant familièrement avec l'envoyé brilanniqae sur les causes qui, d'un jour à l'autre, peuvent amener la chute de l'empire ottoman, il n'était point entré dans l'idée de l'Empereur de proposer pour cette éventualité un plan par lequel la Russie et l'Angleterre disposeraient d'avance des provinces régies par le Sultan , un système , encore moins une transaction formelle à conclure entre les deux cabinets. Dans l'idée de l'Empereur, il s'est agi purement et simplement de se dire confidentiellement des deux parts moins ce qu'on veut que ce qu'on ne veut pas, ce qui serait contraire aux intérêts anglais , ce qui le serait aux intérêts russes, afin que, le cas échéant, on évitât d'agir en contradiction des uns et des autres.

» 11 n'y a là ni projet de partage ni convention à rendre obligatoires aux autres cours; c'est un simple échange d'opinions, et l'Empereur ne voit point qu'il soit nécessaire d'en parler avant le temps. C'est précisément pour cela qu'il s'était bien gardé d'en vouloir faire l'objet d'une communication officielle de cabinet à cabinet. En se bornant à en parler lui-même sous forme d'une conversation particulière au représentant de la Reine, il a choisi le mode le plus intime et le plus confidentiel de s'ouvrir à Sa Majesté Britannique, désirant que le résultat quelconque de ces pourparlers demeurât ce qu'il doit être , un secret entre les deux souverains. Dès lors tombent toutes les objections qu'élève lord Russell contre toute réticence qui serait faite aux autres puissances pour le cas d'une transaction formelle dont il n'est nullement question pour le moment; et dès lors aussi disparaissent les inconvénients qu'il signale comme pouvant servir à accélérer l'événement même que la Russie et l'Angleterre ont à cœur de prévenir, si l'existence d'une

tn HISTOIRE DE L'EMPEREUR NICOLAS.

trmsMfkm pareille venait à être eonnne prémataréme&t èe l'Europe et des sujets da Sultan.

9» Quant à l'objet même de cet échange d'opinions tout intime, la chute possible de l'empire ottoman, ce n'est 1k, sans doute, qu'une éventualité incertaine et lointaine, on ne sanrait à coup sAr en feer l'époqne , et aucune crise réelle n'est survenue qui en rende imminente la réaUsation*, mais enfin elle peut arriver même înopinénieBL Sans parler des causes toujours croissantes de dissolulioB que présente l'état moral, financier, admimstratîf de /a Porte, elle peut sortir progressivement de Pane ao moins des deux questions mentionnées par le ministère anglais dans sa dépêche secrète. A la vérité, il n'y voit que et simples disputes qui ne dépasseraient pas la portée des difficultés dont s'occupe d'ordinaire la diplomatie.

» Mais ce genre de dispute peut néanmoins amener h guerre, et avec la guerre les conséquences qu'en apprébende l'Emperenr , et si , par exemple , dans l'affaire des Lieux saints, l'amonr-propre et les menaces de la France, continuant à peser sur la Porte, obligent celle-ei à nous refuser toute satisfaction ; et si , d'un antre côté, le sentiment religieux des Grecs orthodoxes , outragé par les concessions faites aux Latins , soulève contre le Saltan rimmense majorité de ses sujets.

« Quant à l'affaire du Monténégro, on peut heurensement aujourd'hui, d'après les dernières nouvelles, la regarder comme arrangée ; mais an moment où l'Empereur a en son entretien avec sir Hamilton Seymour on pouvait craindre que la question ne prft une tonmure des plus graves. Ni nous, ni l'Autriche, n'aurions pa permettre la dévastation prolongée ou la soumisnon ftnrcée du Monténégro, pays resté jusqu'ici dans une kidépendance effective de la Porte, pays auquel notre pro-

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