‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 267 sur 331 · CHAPITRE DfX-KXUVlËlfS · texte numérisé non relu

CHAPITRE DfX-KXUVlËlfS

AnnlCon Seynioiir, de s'entendre e& dehora du Divao, ei de ne soumettre à celte pnissaiice la réglementatkm du difiërend qu'après ua aecord préalable eaire lies dem cabineCs. Gependaiit k sHuation faiisse de la Russie viaà>vis de la Franee s'était trahie d'eUenoaéitfe par le lan« jage de Meaaelnkoff, déclarant à CoMtantiaeple i^'U n'avait point mission de traiter avec la lé^iatîon fran« mse. Il est vrai que cette réserve dut cesser en luréseitce du langage loyal et ferme du goovemeBient français.

Dès le 21 mars, le eabânet de Paris avait adb^essé de tives représentatioDs à celui de Saint-Pétersbourg. Il lui déclarait, en annonçant le départ de sa flotte, que la ceneentratmi des troupes moscovites dans la lU^sie mé-« ridionaie elles préparatifii extraordinaires qni se faisaient à SébasAopcd ne lui permettaient plus de considérer la XusBÎe comne n'aoeeplant pas l'éventoaiité certaine d'une guerre avec là Porte.

IVnn antre eôté, les exigences et les allures du prince lienscbikoff durant sa missiod extraordinaire avaient paru si exorbitanles/si contraires^ aux assurances pacifia ques données par la Russie à tous les gouvernements, que le jour oè la qoeatien des Lieux saints disparut, le voâie du doute se déchira aux yevx de la Grande-Bretagne* Dès krs comprenant toute la portée des exigences moscovites, elle reconnut pour les partager ensuite tontes les inquiétudes de la France. Une étroite alliance n'avait pas tardé à s'établir entre les deax cabinets, et à se maaiCester par l'^Q^ simultané des escadres des deuxs nations dans la baie de Besika. /Uorsle comte de Claren*« don, dévoilant lecoaite de Nesselrode en flagrant délit de duplicité, raillait à Saint-Pétersbourg et avouait à M. Drooyn de Lbuyt qu«, du d au 19 janvier, le chao* celier avait* l^rmé à qttinae reprises diflSrentes i|ue la

mission du prince Menschikoff à Constaotioople n'avait eu d'autre but que le règlement de la question des Lieux saints; H. Drouyn de Lhuys déclara à son ionr que, en fin de compte, le total des assurances semblaJbles données par M. de Nesselrode au cabinet des Taileries et pareillement démenties par les événements, était plus considérable encore.

Le revirement de la politique anglaise, tendant la main à sa vieille ennemje , s'apprétant à mettre sa royale jarretière au genou du neveu du martyr de Sainte-Hélène, et à courber le front de sa gracieuse sonveri^ine sur le tombeau du glorieux vaincu de Waterloo, avait profondément ulcéré le cœur de l'empereur Nicolas. Dans la question qui devait donner un si rude échec à sa fabuleuse puissance, il avait tout prévu , tout calculé, tout, excepté la possibilité d'un rapprochement entre la Grande-Bretagne et la France napoléonienne. Cette alliance lui paraissait un monstrueux phénomène, comme celle de l'astuce et de la loyauté. Puis, entre les deux nations rivales n'y avait -il pas toute la profondeur de longs siècles de luttes et de jaloux antagonismes, le bu* * cher de Jeanne d'Arc , les massacres de Quiberoo et la sinistre figure d'Hudson Lowe ?

Quoi qu'il en soit, la Russie, profondément humiliée de n'avoir pu associer a sa fortune et à son ambition l'Angleterre, résolut de l'isoler, en flattant à son tour la Francei De ce moment, le marquis de Casielbajac, ministre de France à Saint-Pétersbourg, devint l'objet de prévenances analogues sinon supérieures, à celles dont sir Hamilton Seymour avait été enguirlandé. Le chiffre III, considéré d'abord comme un zéro politique^ acquit aux yeux de la Russie une valeur que le Czar résolut d'escompter au bénéfice de ses idées. Les paroles flatteuses

CHAPITBE D1X*NEUVIËME. tti

ne ]ai fareot point épargnées , et un joor, le marquis de Castelbajac, succédant à sir Hamiiton Seymour dans les bonnes grâces impériales, fut chargé de faire un appel à renqperenr des Français, pour traiter avec Tau* tocrate directement et sans passer par les bureaux des chaficelleries. Ce fut cet appel qui donna lieu au premier projet d!arrangement, connu sous le nom de Note de Vienne, dont nous avons parlé au chapitre précédent, et à laquelle nous revenons dans celui-ci

Nous avons dit que le cabinet de Saint-Pétersbourg l'avait acceptée à la condition que le Sultan lui donnerait son adhésion; mais après avoir été communiquée an Divan , elle en revint modifiée. Bien que la conférence de Vienne exprimât l'opinion que ces modifications ne la rendaient point inacceptable à Saint-Pétersbourg, l'empereur Nicolas la rejeta sous sa nouvelle forme. D en avait le droit, et son chancelier prit soin de l'établir par une dépêche qu'il adressa le 7 septembre 1853 à M. de Meyendorf, chargé d'afiaires russe en Autriche. Le comte de Nesselrode déclarait que l'Empereur son aaguste maître, refusant pour lui-même la faculté de changer un seul mot dans un projet de note arrêté sans sa participation , ne pouvait le -reconnaître à la Porte Ottomane, sans se créer vis-à-vis d'elle une position d'infériorité. Le cabinet russe croyait avoir assez donné de gages à la paix, en se contentant d'une note en remplacement de son ultinMtum. Il affirmait qu'il n'existait plus qu'un seul moyen de résoudre la difficulté, c'était, de la part des puissances médiatrices, la déclai^tion formelle et énergique quaprès avoir inutilement frayé l'unique voie qui pouvait conduire à une entente à l'amiable, elles lui abandonnaient à l'avenir la tâche à la Russie seule.

SM HISTOIMB DE L'EMPEAUini NICOLAS.

c De deux ohaocfly noe aeole est poanbfe , disaîl IL de Ncsaclrode : on les duttgemenls «ûgfés par la Pbrie sent importants, alors il est tout naiarel que nous refinoas de lear doniier notre acqaiesceiiieBt ; on ils nmat iasigo»âaiits^ dam ce eaa pourquoi le IHfan en hàtil dépendre son aceeplalion? » Cet argument ponvaRétre iacilemut rétorqué contre le chancelier ; la (kande-Bretagoe et la France n'hésifièsent point à le ibioe.

L'examen des modificaiiona iatroduttes par la Porte Ottomane daas la note autridiieniie faitconnailre dans ses détails la question dn praêectorat religieB tel qae l'entendait Nkolas.

c Si, à toutes ks époques ^ disait le projet de Vienne, les empereuvft de Russie ont témoigné leur aetke sollicitode pour le maintien des immunitéa et privîléjfn de TEglfee orthodoxe grecque dans Fempare ottoman; il est constant: que les snltcms ne se sont jamais reftisés à les coDsacxer de nouveau par des actes sdeunds. *

La Porte avait ainsi modifié ce passage :

(( Si à toutes les époques les empereurs de Russie ont témoigné leur actif e sollicitude pour le culte de l'E* glise orthodoxe grecque^ les sultans n'ont jamais cessé de veiller au maintien des immunités et privilèges do cette Eglise dans l'empire ottoman , et de les consacrer de nouveau. »

La Ruasie rédama canire ce changement, qui lui semUail une praéeetatiaD contre ses justes demuides. a Si nous recoBMnssioDa, disait le cabiaaé de Saint-Pétersbourg ^ que la. Porte n'a jamais cessé àt ueiifer aux privilèges par eMë accordés 'au cnbe orthodcoca grec, nous aaouerioM que. nos plaintes: adcessées à ce sujet sont sans valeur, n

CHilPlTJtff DIX-NEUVIËME. S8S

L6S additions oa omissions faites au second passage aTaient poar objet ^ suivant le gonvernemeiit russe, dW^ laiblir le traité de Kaînardp. La rédaction prinûlifve portait que : « Fidèle à l'esprit et à la lettre des stipvH latioiis de Kaioardji et d'AnAneople, relatives à la pro«teetion du culte chrétien, le Sultan regardait comme étant de son honseur de préserver de toute atteinte les prif iléges et les immunités accordés à l'Église orthodoxe grecque, f La Russie réclamait ooiiÉ*e la suppression^ des mota : La lettre et l'esprit.

Quant au changement fait au troisième passage de la note , le cabinet russe le déclarait particulièrement ioadmisuUe. Le gouvernement ottoman ne s'engagpeaît qu'à laisser participer l'Église orthodoxe aux avantages ac* c<Mrdés aux autres confiesstooB chrétîamies sayettes de la Perle. « Dès qne ces canfessâons catholiques ou autres ae seraient pas formées de raîas infidèleft, mais d'ecolé* siastiques ou de laiques étrangers, et qu'il plairait à la- Porte de leur eooeéder de nouveaux avantages, alors les communautés orthodoxes étant sujettes de la Porte,, n'auraient pas le droit de s'employer pour elles. » Telle était, disait le cabinet de Sainf^Pétersboorg, la position inadnussible que les modifications en question lui fair« saient vis-à-vis de ses ccNreligionnaJrcs^

Ce commentaire donnait cette fois la clef des piréten:tions moscovites; c'était bien réellement le droit d'in-** terrenir dans les affaires de la Turquie, droit qu'aurait ameiadri la souveraineté du Sukan, que Nicolas reven-^ diquait et avouait.hautement devant l'Ëm-ope. Ses préteiiH tioBs étaient ai manifeaies, que la conférence de Vienne neerat pas devoir ioai^rà Gonstantinople pour le retrait: des: modifieationa întroduites par le Divan dans son proff 1 4e note*

284 HISTOIBE DE L*EMPEBKUR NICOLAS.

De DouTelles propositipns d'arrangement , combinées et formulées par M. de Nesseirode, durant le voyage que l'empereur Nicolas fit à Olmîitz à la fin de 1853 , n'eurent pas de plus heureux résultats; néanmoîiiSy les grandes puissances ne désespéraient pas encore d'arriver à une solution satisfaisante j car la Russie cootinnait de se montrer disposée à transiger , pourvu que sa dignité fût sauvegardée et ses anciens traités maintenus ; lorsque la Turquie, forte de la protection armée que lui accordaient la France et l'Angleterre, prit l'initiative de h déclaration de guerre.

A la lettre du généralissime turc Omer-Pacha, accordant au général en chef russe un délai de quinze jours pour évacuer les principautés danubiennes, le prince Gortschakoff ré{>ondit le lendemain même de sa réception, le 9 octobre, que son maître, l'Empereur, ne lui avait donné aucun pouvoir pour traiter de la paix , de la guerre ou de l'évacuation des Principautés; que par conséquent il n'attaquerait point, mais qu'il se défendrait L'empereur Nicolas accepta la déclaration de guerre de la Porte, et il y répondit par un manifeste daté du 20 octobrel** novembre, rappelant à ses peuples le manifeste qo'if avait adressé à la nation, le 26 juin, pour lui faire connaître les motifs qui lui mettaient les armes à la main, et ceux qui lui faisaient espérer justice à ses réclamations. 11 s'exprimait ainsi :

a Par Notre manifeste du 14-26 juin de la préieote année. Nous avons fait connaître à Nos fidèles et bienaimés sujets les motifs qui Nous ont mis dans l'obligation de réclamer de la Porte Ottomane des garanties inviolables en faveur des droits sacrés de l'Église ortho* doxe. Nous leur avions également annoncé que toas moi efforts pour ramener la Porte par des moy^u de per-

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