‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 268 sur 331 · CHAPITRE DIX-NEUVIÈME. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-NEUVIÈME. S

suaston amicale, à des sentiments d'équité et à Tobservalion fidèle des traités, étaient restés infractueux, et que Noos avions par conséquent jngé indispensable de faire avancer Nos troupes dans les principautés du Danube. Mais en adoptant cette mesure, Nous conservions encore l'espoir que la Porte reconnaîtrait ses torts et se décide^ rait à faire droit à nos justes réclamations. y> Notre attente a été déçne.

» En vain même les principales puissances de l'Europe ont cherché par leurs exhortations à ébranler l'a-* veogle obstination du gouvernement ottoman. C'est par nne déclaration de guerre, par une proclamation remplie d'accusations mensongères contre la Russie , qu'il a répondu aux efforts pacifiques de l'Europe, ainsi qu'à Notre longanimité. Enfin, enrôlant dans les rangs de son ar^ mée les révolutionnaires de tous les pays, la Porte vient de commencer les hostilités sur le Danube* La Russie est provoquée au combat, il ne lui reste donc plus, se reposant en Dieu avec confiance, qu'à recourir à la force des armes pour contraindre le gouvernement ottoman à respecter les traités , et pour en obtenir la réparation des offenses par lesquelles il a répondu à Nos demandes les plus modérées et à Notre sollicitude légitime pour la défense de la foi orthodoxe en Orient, celle que professe également Notre peuple russe.

» Nous sommes fermement convaincu que Nos fidèles sujets se joindront aux prières que Nous adressons au Très-Haut, afin que sa main daigne bénir Nos armes dans la sainte et juste cause qui a trouvé de tout temps d'ardents défenseurs dans Nos pieux ancêtres.

» In te. Domine, speravi : non confundar in œtemum.

» Signé Nicolas. »

9M HISTOIIE DE UEUPEIBIIR MOOLAS.

Le comte de Nesselrode aceompegoa le nunifesle 4e l'Empereur d'ane circulaire moins mystique , mak font aussi explicite, a Koos attendroBs l'attaque des Tosrcs, disait*il, sans prendre rinitiatite des hostilités-; il dépendra donc entièr^neat des puissances de ne pas élargir les limites de la guerre, si les Turcs s'obstinent à voaloir nous la faire opiniâtrement, et de ae point lui donner un caractère au Ire que celui qoe nous voulons lui laisser. » Le chancelier ajoutait en oulie que dans cet état de choses, la Russie, sans prendre l'inUiative de nouvelles négociations, ne repousserait poiol les onveHurcs de oonciliation qne la Porte , niem eonseiliée sur aes ¥érîtables intérêts, pourrait lui faire.

Tandis que, rassurée par ces déclarations, la eonfé» renée allait tenter un dernier et suprême effort pour l'arrangement pacifique de la question, l'Angleterre et la France donnèrent l'ordre à lears flottes de franchir les Dardanelles, et d^occuper le Bosphore, ssfis pénétrer encore dans la mer Noire.

Le premier coup de canon retentit le 13 octobre sur le Danube. Deux vapeurs de guerre et huit chaloupes canonnières russes remontant le fleuve ne purent passer sons le feu de la forteresse d'Isatka qu'en perdant boao* coup de naonde. Le délai accordé an prince Gortschakoff étant expiré , les hostilités commencèrent simultanément de la part des Turcs, sur le fianube et en Asie. Omer- Facha franchit le fleuve sur plusieurs points , avec nn sucoès inconlestabie, le 2 novembre; la prise du fort Saint^Nicolas, sur le littoral de la mer Noire, par les troupes ottomanes, pro«va au gouvernement russe qu'il trouverait en face de ses armes jun ennemi plus fort qu'il ne l'avait supposé.

Mais l'événement décisif de cette saison ^ en ce sens

GIATITIE DfX*NBUVlilI£. HT

qn'âl devait ^tskier d'ine manère frânchpmant faoBlHe Vattilode de la Fisnce et* de rAng^evre m-»à*vis de la Museie, fat la mifire remfiof tée à fiioo^e far Je vice" anûral Nariûmaff, Pondes meilleurs mariss de la flotte russe.

Ce.saocès obtenn par des fanoes coniridérables met la floittlle tiiiifiie, fat coBsidér^ par IXiurope oooideotale comme un odieux guet-apeus et une TtcdatioD 4le la parole donnée par la Russie qu'elle ne ferait qu'une guerre défensive. Le gonvernenent ffuase.aooepta ks iié- ■éfiees ^ la responsabilité deeet aeie, insfifié selon Jni par la néoeasiié légitime où il s'était trouvé «de séidr centare des bâtiments qai entretenaient sur les oâtes d'AbaMo la révolte des peuplades soumises à la Rusaîe. Quant à la suf^éidorité numérique des ferœs qu^ll avait déployées pour aœompUr ee prétendu massacve^ c'iétaât BB de ces feils qui se présentent cbaque jour dans Ja 9«erre. A ce point de vue, la Aussie avait le di^it et la raison peur elle:; elle aurait pu rappeler dans celle oirconfitance le glorieux fait d'armes que nous avons raoaaté au commencement de «eette histoire, oelui Au Uerewre luttant seul contre toute «ae escadiie tunqoe. D'ailleurs , l'escadrille ottomane qui se trouvait à l'aneve dans Je port de Sinope ^vaif aobevé eUerméme en incendiant ises propres vaisseaux, l'œnvre de desIruoficBi que le lioulet russe avait commencée. Le réécrit jmpéiîal que publia Nicolas à cette occasion, prouve quHi :se trouvait dans cet ordue d'idé» à l'endrott de l'affitire âe£inope :

« La victoire remportée parinotre vicM-^nûral Nachimoff, disait-jl, témoigne que notre flotte de la mer Neire remplit digaauient sa mission. C'est avec une joie sincère £t jcordiale que je vous charge 4e dîneànos braves

marins que je les remercie pour ce bit d'armes accompli pour la gloire de la Russie et l'honneur du pavillon russe. Je vois avec bonheur que la flotte russe n'a point oublié Tschesmé, et que les arrière-petits-fils sont dignes de leurs bisaïeuls, n Le protocole impérial portait : « Je demeure invariablement, mon cher Nachimoff, votre affectionné, « et de la njain de l'Empereur ces mots : a et reconnaissant yi.

Les flottes alliées de France et d'Angleterre profilèrent de cet événement pour entrer dans la mer Noire. Leur donneur, aussi bien que l'intérêt de la Porte, ne permettait plus aux deux cabinets d'ajourner une mesure devant laquelle ils avaient hésité pour ne point entraver les négociations qui continuaient à se poursuivre à Vienne. Mais les puissances maritimes ne se bornèrent pas à l'occupation de la mer Noire, elles intimèrent à leurs amiraux l'ordre de notifier aux autorités d'Odessa qu'elles étaient décidées à prévenir le retour d'une affaire semblable à celle de Sinope , et qu'à cet effet tout bâtiment rosse rencontré en mer serait contraint, par la force au besoin, de rentrer à Sébastopol ou dans le port le plus voisin; en un mot, que toute agression tentée contre le pavillon ou le territoire ottoman serait énergiquement repoossée.

Le s<Mrt en était jeté : la collision entre la France et l'Angleterre, d'une part, se faisant les champions de la Porte, et la Russie de l'autre, était un (Sût inévitable.

Si nous cherchons attentivement les causes de cette guerre qui allait, en l'embrasant, coûter à l'Europe la fleur de ses armées et de ses finances, nous les trouverons moins dans l'imminence de la conquête de l'empire ottoman par Nicolas que dans la situation particulière ob se trouvait l'Europe an m<Hnent où l'empereur Nicolas

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