‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 272 sur 331 · CHAPITRE DIX-\EUVIÈUE. M · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-\EUVIÈUE. M

quatre pubsanees s'entendirent ie nouveau pour soumeUre à Votre Majesté d'antres propositions.

» Votre Majesté, de son côté, montrant le cahne qui naît de la cMMiscience de sa force , s'était bornée à repousser sur la rive gauche du Danube, comme en Asie, ^ les attaques des Turcs, et, avec la modération digne du chef d'an grand empire, die avait déclaré qu'elle se tiendrait sur la défensive. Jusque-là nous étions donc, je doifi le dire, spectateurs intéressés mais simples spectateurs de la lutte, lorsque l'affaire de Sinope vint nous forcer à prendre une position plus tranchée. La France et l'Angleterre n'avaient pas cru utile d'envoyer des troupes de débarquement au secours de k Turquie. Leur drapeau n'était donc pas engagé dans les conflits qui avaient lieu sur terre; mais sur mer, c'était différent. Il y avait à l'entrée du Bosphore trois mille bouches à feu , dont la présence disait assez haut à la Turquie que les deux premières puissances maritimes ne permettraient pas qu'on l'attaquât sur mer. L'événement de Sinope fut pour nous aussi Uessant qu'inattendu , car peu importe que les Turcs aient voulu ou non faire passer des munitions de guerre sur le territoire russe. En (ait, des vaisseaux russes sont venus attaquer des bâtiments tura dans les eaux de la Turquie et mouillés tranquillement dans un port turc. Us les ont détruits, malgré l'assurance de ne pas faire une guerre agressive, malgré le voisinage de nos escadres. Ce n'était plus notre politique qui recevait là un échec, c'était notre honneur militaire.

» Les coups de canon de Sinope ont retenti douloureusement dans le cœur de tous ceux qui, en Angleterre et en France, ont un vif sentiment de la dignité nationale. On s'est écrié d'un commun accord : « Partout oà 9 nos canons peuvent atteindre , nos alliés doivent dire

V respectés. » De là , l'ordre donné à dos escadres d^en- |rer dans la mer Noire et d'empêcher par la force , s'il le fallait, le retour d'un semblable événement. De là, Sire, la notification collective envoyée au cabinet de Saint-Pétersbourg pour lui annoncer que si nous empêchions les Turcs de porter une guerre agressive sur les côtes appartenant à la Russie , nous protégerions le ravitaillement de leurs troupes sur leur propre territoire. Quant à la flotte russe, en lui interdisant la navigation de la mer Noire, nous la placions dans des conditions diiférentes , parce qu'il importait pendant la durée de la guerre de conserver un gage qui pût être l'équivalent des parties occupées du territoire turc, et faciliter la conclusion de la paix en devenant le titre d'un échange désirable.

" Voilà, Sire, la suite réelle et l'encbainement des faits. Il est clair qu'arrivés à ce point , ils doivent amener promptement ou une entente définitive ou une rupture décidée.

n Votre Majesté a donné tant de preuves de sa sollicitude pour le repos de l'Europe , elle y a contribué si puissamment par son influence bienfaisante contre l'esprit de désordre, que je ne saurais douter de sa résolution dans l'alternative qui se présente à son choix. Si Votre Majesté désire autant que moi une conclusion pacifique, quoi de plus simple que de déclarer qu'un armistice sera signé aujourd'hui , que les choses reprendront leur cours diplomatique, que toute hostilité cessera et que toutes les forces belligérantes se retireront des lieux où des motifs de guerre les ont appelées?

i> Ainsi, les troupes russes abandonneraient Ie3 Principautés et nos escadres la mer Noire. Votre Majesté préférant traiter avec la Turquie, elle nommerait un

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