‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 278 sur 331 · CHAPITRE DIX-XEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-XEUVIÈME

tt Soldats y

«Dans quelques jours vous partirez pour l'Orient; vous allez défendre des alliés injustement attaqués et relever le défi que le Czar a jeté aux nations de l'Occident.

3> De la Baltique à la Méditerranée l'Europe applaudira à vos efforts et à vos succès.

» Vous combattrez côte à côte avec les Anglais, avec les Turcs y les Egyptiens ; vous savez ce qu'on doit à des compagnons d'armes : union et cordialité dans la vie des camps, dévouement absolu à la cause commune dans Taclion.

» La France et l'Angleterre, autrefois rivales, sont aujourd'hui amies et alliées; elles ont appris à s'estimer en se combattant; ensemble, elles sont maîtresses des mers. Les flottes approvisionneront l'armée pendant que la disette sera dans le camp ennemi.

» Les Turcs, les Egyptiens, ont su tenir tète aux Russes depuis le commencement de la guerre; seuls, ils les ont battus dans plusieurs rencontres. Que ne feront-ils pas secondés par vos bataillons ?

» Soldats, les aigles de l'empire reprennent leur vol, non pour vaincre l'Europe , mais pour la défendre. Portez-les encore une fois comme vos pères les ont portées avant vous; comme eux, répétons tous avant de quitter la France le cri qui les conduisit tant de fois à la victoire : Vive l'Empereur t »

Les escadres française et anglaise opérèrent leur jonction dans la première quinzaine de juin* Soixante-dix mille hommes, débarqués à Gallipoli, marchèrent sur Varna, tandis que deux camps se formaient en France, l'un dans les environs de Marseille pour renforcer au

besoin l'armée active d'Orient, l'autre à Saint-Omer, afin de fournir les éléments d'un corps de débarquement dans la Baltique. La France , assez riche pour payer sa gloire, donnait les hommes, l'Angleterre donnait les moyens de transport.

Le maréchal de Saint-Arnaud se trouva bientôt en mesure de commencer d'importantes opérations; son système d'approvisionnement était solidement étaMi , et il se trouvait à la léte de quatre-vingt mille hommes impatients de faire parler la poudre. Malgré la divergence des opinions y dictées les unes par une prudence qui ne sacrifie jamais rien au hasard , les antres par une ardeur assurée du succès, l'expédition de Crimée fut dès lors décidée : Sébastopol , centre vital de la pnissance moscovite dans ces contrées , devint le but de cette expédition.

Pendant que les soldats de la France et de l'Angleterre apparaissaient sur les champs de bataiHe , la Russie , espérant détacher l'Autriche et la Prusse des deux puissances maritimes, consentait enfiu , sur la demande du comte de Buol et de M. de Manteufiel , à évacuer les prin- ' cipautés danubiennes; mais Nicolas, trop fier pour avouer le véritable motif de ce mouvement de retraite , aUégua des motifs purement stratégiques. L'efiet qu'il espérait de cette mesure ne répondit point à son attente. Il le détruisit lui-même par le refus des quatre propositions formulées par les cabinets de Paris, de Londres et de Vienne. C'était un défi jeté à l'Autriche et à l'Allemagne; l'Autriche l'avait déjà prévenu an faisant entrer ses troupes dans les Principautés en vertu d'un traité austro-turc conclu le 14 juin.

L'empereur Nicolas allait donc se trouver fatalement isolé au milieu de l'Europe. Les chrétiens d^Orient, sur

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