‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 280 sur 331 · CHAPITRE DIX-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-NEUVIÈME

reur Nicolas aux prises avec la fatalité , vaincu , humilié, mais grand et fort dans l'adversité comme la vertu antique. En présence de la mort qu'il désirera, qu'il aidera peut-être par des imprudences calculées, mais qu'il ne se donnera point comme Caton, nous le verrons impassible et ferme comme Socrate, vidant la coupe empoisonnée par l'orgueil déçu et servie par le malheur. Jusqu'à l'heure de sa mort il conservera le sang-froid , la grandeur d'âme qui ne l'ont jamais abaudonné durant les épreuves de sa vie. Sur le lit de camp qui lui servira de couche funèbre, il mourra en soldat embrassant l'image de la patrie, en chrétien invoquant les miséricordes de Dieu. Dans la tombe, enfin , il emportera avec son propre deuil celui de l'empire éploré autant par la mort de son souverain que par les désastres de ses armées. II n'entendra pas du moins le dernier râle de Sébastopol croulant sous les boulets victorieux de la France et de l'Angleterre; fièrement encore il pourra s'ensevelir sous les plis de son drapeau comme dans un glorieux linceul.

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