CHAPITRE VIXGTIKME
tendil s'écrier : a La me de rhomme est moins qu'un atome dans l'éterùité. »
On a remarqué souvent, quelque temps avant la fin des grands souverains, des signes mystérieux que la froide raison repousse comme preuve, mais que l'histoire accepté comme faits accomplis. Le premier dimanche du carême, il est d'usage à Saint-Pétersbourg que le métropolitain célèbre une grande messe pontificale dans la cathédrale de Gazan. A un certain moment de l'ofifice , un diacre récite ce jour-là les noms des personnages dont la mémoire est exécrée en Russie, comme ceux du faux Dmitri et de Mazeppa , où à chaque nom le chœur des chantres répond : Anaihèmel Quand cette liste est épuisée , le même diacre prononce les noms des bienfaiteurs défunts de la patrie , acclamés chaque fois par le chœur des chantres disant : Mémoire étemelle ! Après cette seconde formule , lorsque le nom du dernier empereur mort a été prononcé , le diacre recommande à haute voix aux prières publiques les noms de l'empereur régnant et ceux des membres de la famille impériale, le saint synode, l'évéque diocésain, tous les assistants, et les chantres répondent à chaque nom par des vœux de conservation durant de longues années. Or, le 13-25 février, premier dimanche du carême de 1855, le diacre ayant épuisé la nomenclature des souverains morts par le nom d'Alexandre P', proclama à haute voix celle de la famille vivante par le nom de Nicolas V\ Mais à ce nom les chantres, par une inexplicable distraction, répondirent : Mémoire éternelle. Cette erreur produisit dans toute l'assemblée une douloureuse impression. Le métropolitain lui-même faillit perdre connaissance. L'empereur Nicolas mourut cinq jours après
Le 17-1*' mars, les symptômes devinrent si menaçants
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que les médecias résolurent de faire part de leurs inquiétudes à Théritier de la couronne. L'un d'eux espérait encore, mais vers le soir cette dernière lueur de salut s'éteignit dans les signes précurseurs d'une fin prochaine. Frappé comme d'un coup de foudre par cette terrible nouvelle, le grand-duc Alexandre ne crut pas devoir le cacher à son auguste mère. Alors l'Impératrice, le cœur déchiré par une incomparable douleur, comme elle le dit elle-même, mais se rappelant les devoirs soprémes que la reli^on impose à une épouse chrétienne, s'empressa de se rendre au chevet du mourant pour les remplir.
Dans la première semaine du carême, Nicolas avait eommencé ses dévotions pascales, et du lundi an jeudi on l'avait vu assister régulièrement aux o£Sces divins. Mais, se plaignant à plusieurs reprises de la faiblesse de sa santé , il avait à plusieurs reprises manifesté le doute d'avoir assez de force pour accomplir cette pieuse obligation. Toutefois il n'avait pas voulu s'asseoir no seul instant pendant le service divin, quoique l'archlprêtre Bajanoff l'en eût prié.
L'Empereur n'avait pas été prévenu de la visite de l'Impératrice; elle s'approcha lentement de l'auguste malade, et, s'inclinant sur sa couche, lui dit avec une douce tendresse :
« Mon ami, tu n'as pu achever tes dévotions pendant la première semaine et recevoir les saints sacrements, ne voudrais-tu pas les recevoir maintenant? La communion, in£siillible pour les maladies de l'âme, a souvent des effets salutaires posr celles du corps.
— Y penses-tu , ma chère , répliqua l'Empereur^ comment veux-tu que je reçoive Dieu dans mon lit, couché? non , je ne puis m'approcher d'un si grand mystère sans