‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 292 sur 331 · CHAPITRE VINGTIÈME. 3S · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGTIÈME. 3S

dait à l'amour de toQS, il la décigoait comme le symbole de Funité de la famille auguste. Dans ce moment, Tlmpératrice, emportée par le sentiment de son incampatable douleur , se jeta dans les bras de son époux en s'écriant : a Oh! que ne puis-je mourir avec loil n

Mais l'Empereur lui montrant ses enfants , loi dit : K Tu dois vivre pour eux ; » puis à ses enfants tnontnint la mère, il ajouta : « Vivez pour elle.... » Cette scène était sublime.

Sentant que sa fin approchait, Nicolas voulut bénir ses enfants éloignés. A chaque nom prononcé, il levait sa main droite déjà glacée, et envoyait à l'absent, avec sa pensée , le signe sacré de la rédemption.

Ce pieux devoir accompli, l'Empereur se tournant vers le grand-duc héritier lui dit : a Vous savez, mon fils y que toute ma sollicitude, tous mes efibrts, ont eu pour but unique le bien de la Russie. Mon désir le plus cher était de continuer à travailler de manière à vous laisser l'empire bien organisé, garanti de tout danger du dehors, complètement tranquille et heureux au dedans; mais vous voyez dans quel temps et dans quelles circonstances je meurs. Telle est à ce qu'il paraît la volonté de Dieu, il faut l'accepter et la bénir... Le fardeau vous sera lourd. »

Le Césaréwitsch lui répondit d'une voix brisée par les sanglots : a Si je suis destiné à vous perdre, je suis certain que là -haut aussi vous implorerez Dieu pour la Russie, pour nous tous; vous lui demanderez qu'il me donne la force dont j'aurai besoin pour supporter le fardeau qu'il m'aura lui-même imposé.

— Oui, reprit le mourant, oui, je l'ai toujours prié pour vous, pour notre patrie bien-aimée; là aussi, je rimplorerai

Il fit ensile appeler le ministre de sa maîfioa, le comte â'Adlerbergy et le mimsire de la guerre, prince Dolgorotiky ; il les remercia en termes touchants de leurs fidèles services, de leur dévouement éprouvé , e^]e% recommanda à son kéritier; puis s'adressaut encore nue fois au Césarévitscb, il lui dit : a Quand je ne serai phis, vous reo^reievez eu von nom les antres minisires, la garde, l'armée, la flotte, et en particulier les kéroiqnes défenseurs de Sébastopol. »

Sur les onze heures do matin, 9 tendit sa main ao docteur, et lui demanda en souriant : « Quand stgnerezvous ma feuille de route? Tout sera-t-il bientôt fini? »

Le docteur consulta son pouls, et répondit : a Pas encore, Sire.

— Ne perdrai-je pas connaissance ?

— J'espère , Sire , q^ue vous passerez de la terre an ciel sans agonie. »

A midi moins quelques minutes^ il pria Vaumànier de lui lire les prières des agonisants; il les suivit avec la même attentioa qu'il avait prêtée à celles de la confession et de l'eucharistie. Bientôt,, n'ayant plus la force de s'exprimer par des paroles, mais conservant tonte sa connaissance, il fit signe à son confesseur de s'approcher, lui serra la main, busa. la croix pectorale, et lui désigna du regard l'Impératrice et le grand-duc héritier, comme ponc les recommander à ses consoiations^ à ses prièresi.

De ce moment, l'Empereur ne quitta pins les mains que l'Impératrice et le Césaréwitach avaient mises dans les siennes. Ses lèvnes étaient muetfles^ ses ngards étaient éteints,. que sa main leuc parlait encore par ds mystérieuses et. sympathiques pressions.

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