‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 295 sur 331 · CBAPITRE VINGT ET UNIÈME · texte numérisé non relu

CBAPITRE VINGT ET UNIÈME

La science civSisatrice > en debors des idées religieuses, représentait à ses yeux la révolutioa, -dont le fiiDtdme menaçaDt se dressait toujours devant lui. Depuis son avènement au trône , le progrès de la phii06Of>liie était à ses yeux FévolutionDaire, impie, la pensée était insurrectiounelle. Aussi, eonstamment appliqué à les combaitre au lien de les réglementer, les trente années de son règne n'ont-elles été qu'un déplorable temps d'arrêt imposé aux labeurs de l'inielligence , au développement moral de ses peuples.

Son action unique, constante, se concratrait d'une manière absolue sur le nombre et la discipline de son armée , qu'il considérait comme la sauvegarde du présent et l'assurance de ravanir. De la même main ^i servait de balance aux destinées de l'Europe, il touchait aux détails les plus infimes de la chose militaire. Le Même jour qu'il ajoutait une nouvelle province au patrimoine de Pierre le Grand, il donnait les proportions d'une affsûre d'État au changement d'un bouton d'uniforme. Si son règne eut été moins fertile en grandes et belles choses, on pourrait l'appeler le règne du caparaHtme.

Aa détriment des autres rouages de la machine gouvernementale, il appliqua à celui du département de la guerre les plus importantes ressources de TEtat. Les minisières des finances et des travaux publics, ces deux courants destinés à porter la vie aux artères des sociétés modernes, étaient comme paralysés dans leur sphère d'action , comme étouffés sous le pied des régiments en marche de guerre ou en défilé de parade.

De son empire l'empereur Nicolas a fait une uasle caserne, des steppes incultes un camp, de son palais un corps de garde, de son cabinet une guérite, d'où, sentineUe vigilante, il restait inmiobile, l'arme au braSy

su HISTOIRE DE L'EUPEREl'R NICOLAS.

devant ]a civilisation européenne qai passait devant loL Prenant an sérienx son rôle ^e soldat , il Ta joué toote sa vie ; jusqu'au jour où la mort, paraissant en scène , Ta relevé de faction.

Quoi qu'il en soit, l'empereur Nicolas occupera dans l'histoire une place qui ne fera point ombre à celles de Pierre le Grand, de Catherine la Grande et d'Alexandre I**. Il a complété la merveilleuse ébauche que Pierre a tirée du chaos, que Catherine a dessinée plus largement et qu'Alexandre a poétisée.

Un des plus illustres historiens de la Russie , Karamsine , a dit d'un des plus grands princes de l'ancienne Moscovie, que sans son testament on n'aurait jamais connu toute la beauté de son âme. L'àme de l'emperenr Nicolas se révèle avec toutes ses magnificences dans le testament que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs pour le couronnement de notre œuvre.

Sauf quelques dispositions relatives à ses biens personnels, ce testament, écrit dans les circonstances les plus favorables de son règne , ce testament est en quelque sorte un entrelien intime de l'Empereur avec son âme, le résumé de ses pensées d'homme, de monarque et de chrétien. Le jour où il l'écrivit, comme s'il eût abdiqué déjà sa puissance terrestre en vue de la tombe et déposé sa volonté devant celle de la mort, il ne l'intitula point : Mes dernières volontés, mais il lui donna le titre modeste de : Mes derniers désirs.

Après avoir sanctifié, selon l'usage chrétien, le préambule de ce précieux document par une invocation pieuse : A Dieu le Père, à Dieu le Fils et à Dieu le Saint-Esprit, il entre ainsi en matière :

tt En 1831 , le 21 juin , lors de l'invasion du choléra, j'ai rédigé à la hâte mes derniers désirs. Le Seigneur,

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