CHAPITRE VIXGT ET LXIÈUE
dans sa miséricorde , a daigné noo-seulement conserver ma famUle^ mais encore permettre que depuis cette époque elle reçût un accroissement considérable. Ces heureuses circonstances sont de nature à changer en partie mes intentions; c'est pour cela que je trouve nécessaire d'ajouter ce qui suit comme l'expression de mes derniers désirs. »
Le premier paragraphe de l'acte est exclusivement consacré à l'auguste princesse qui pendant toute la vie de l'Empereur a occupé dans son cœur la première place après la Russie. Après avoir fait l'énumération de tous les immeubles, palais, domaines, fermes et villages composant la propriété particulière de l'Impératrice, le testateur ajoute : a Je désire néanmoins qu'on laisse à ma femme l'usage de ses appartements dans le palais d'hiver; au palais de l'Ile Jélaguine et dans le nouveau palais de Tsarskoé-Sélo. En outre , bien que par le droit d'hérédité le palais de Nicolaîevski appartienne à l'aîné de mes fils, je le laisse toutefois à ma femme pour qu'elle en jouisse pendant sa vie , si cela lui est agréable.
» J'adjure et je prie mes enfants et mes petits-enfants d'aimer et d'honorer leur mère , d'avoir soin de sa tranquillité, de prévenir ses vœux et de consoler sa vieillesse par leurs soins dévoués. Jamais ils ne devront rien entreprendre d'important sans avoir demandé d'abord son avis et reçu sa bénédiction maternelle.
p Mes enfants mineurs doivent demeurer sous sa dépendance entière jusqu'à l'époque de leur majorité. »
Dans les paragraphes 2, 3, 4, 6, parlant du palais Nicolaîevski, qui lui fut donné par l'empereur Alexandre l*', ainsi que de tous les immeubles dépendant de cette résidence, du domaine de Gatchina, qu'il tenait de l'impératrice Marie Féodorovna aux conditions indi-
quées par son testament, Nicolas stipule qne ces Mens doiveiit appartenir à lliéritier qu'il désigne consUunment sons le titre d'empereur, comme si luinnéme eàt cessé de vivre. Il hii lègue «ftsm son nnisée d'anneB p«ticQlier de Tsar^oé-Séio, et dispose en fsveur du grand-dnc Constantin Nicdaïeidtsch des modèles de constmeNons navales, des télescopes, des porte-voix, dé son cabinet de médailles et de sa bibliothèque du paiaîs d^Anitschkoff.
Les articles 5, 7, 8, renferment des dispositions relatfves aux capitaux légués par rinrpératrioe Marie Féoderovuâ pour être divisés entre les grands-ducs CoBstantîi, Nicolas et Michel, avec l'indication de l'emploi qu'il a fait d'une partie de ces capitaux par les acquisitions 4a domaine de Strelna, pour le grand-duc Constantin Nicolaieivitsch, de la ferme de Znamensky ponr le grand-dwc Nicolas, et de celle de la petite Znamensky powr le grandduc Michel Nicolaîewîtsch.
Dans le septième paragraphe , TEmpereur, parlant de la ferme appartenant au grand-^ac Nicolaïewitsdi, et qui constitue une propriété viagère de l'impératrice Alezandra Féoderovna , ajoute :
a H dépendra de ma femme de mettre quand il lui conviendra ce bien à la disposition de mon fils. Je désirerais que ce fût à l'époque de'^son mariage. «
Portant son attention sur les moindres détails , rScnpereur recommande aux grands-ducs ses fils de partager entre eux ses écuries divisées en lots égaux, répartis par la ime du sort. H autorise en outre le grand-duc Michel Paviowitsch à -choisir dans la grande écurie les <^evaux qui seraient à sa convenance. Mais au milîea de ces arrangetnenfts de famille , de ces dispositions d'intérieur, <m retrouve sans cesse des mouvements, 4es sentiments de tendre préoccupation en faveur des pa«-
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vres qui reoevaient de hii de» eecours^ des personnes de son service particulier et de sa domesticité , enâii des vieux invalides employés dans ies résidences impériales à divers litres.
L'article 11 divise entre les trois grandes-duohesaes., Marie, Olgfa et Alexandra^ tous les capitaux et le comptant effectif placés sous diverses démiminâtions par les soins du trésor particulier de l'Emperenr. u Mais ccmme l'intérêt produit par ces capitaux était affeoté au service de diverses pensions, je prie de porter ces pensions au compte du trésor on du cabinet, comme il conviendra le mieux à l'Empeireur. ai • L'article 12 porte :
tf Je désire que les appointements des fteraonnes. attachées à mon service particulier, et qui ont si fidelament rempli leurs d^K>irB, soient oonvertis en pensions.; je comprends parmii ces serviteurs mon chef d'écurie et mon cocher Jakoff. »
Dans le paragraphe 13, le testateur prie son héritier de prendre en considération les longs et fidèles seroîoes du conseiller privé Block, et de lui accorder une pension égale à smi traitement.
Le paragraphe 14 est remarquable par les sentiments de tendre affection que le souverain exprime pour les compagnons et pour les amis de sa jennesse.
u Depuis mon enfance , dii^il , deux amis <el compagnons -sont restés à mes calés, et leur amitié pour moi est demeurée invariablement la même. J'aimais l'aide de camp générisil d'Adlerberg comme mon frère, et j'espèpe conserver en lui un ami jusqu'à la €n de ma vie. Sa 9«ur, Julie Feodorovna Baranoff , a élevé mes trois £lles comme >vne bonne et tendre parente. Je lègue à chaonn d'eux une pension de 15,000 roubles argent (60,<XM)fr.)
outre celle qu'ils ont déjà y et je les remercie pour la dernière fois de leur amour fraternel. »
Art. 15. a Je prie l'Empereur de vouloir bien avoir soin de mes vieux invalides; je désire qu'ils gardent leur vie durant, dans la maison impériale, les emplois qu'ils occupaient de mon temps, sous la dénomination à^Arsetudme, à moins qu'il ne plaise à mon fils d'améliorer leur position. »
Dans les articles 16 et 17, l'Empereur exprime sa reconnaissance à toutes les personnes qui se sont occupées de l'éducation des grands-ducs et des grandes-duchesses. Il prie ses enfants de les aimer et de les respecter toujours; il prie son héritier d'avoir soin de leur avenir; il lui recommande de remercier son aumônier, le père Mauzovsky, et ses médecins, de les remercier sincèrement pour leurs bons soins. L'Empereur .adresse également ses remerciments aux aides de camp généraux de sa suite et aux aides de camp de service , à toutes les personnes qui se sont dévouées avec zèle à l'accomplissement de leurs devoirs et ont rendu à l'État d'utiles et éminents services; il les prie de continuer à être fidèles et dévoués à son fils. Puis, des individus passant aux troupes, il ajoute : « Je remercie ma loyale et glorieuse garde qui sauva la Russie en 1825, ainsi que mes braves et fidèles armées, mes hraves et fidèles flottes. Je prie le Seigneur de leur* inspirer toujours le même esprit de bravoure et de fidélité qui les distingue.... Avec cela, la tranquillité du pays est assurée, et malheur à nos ennemis. J'ai aimé mes soldats comme mes enfants, je me suis toujours appliqué à améliorer leur sort; si je n'ai pu y parvenir entièrement , ce n'est pas la faute de ma volonté, c'est que je ne savais pas ou ne pouvais pas mieux faire. »