CHAPITRE PREMIER
HaisMDce du gnnd-dac Nicolas. — Prophëtie de la grande Calheriae. -» Eafaac ém giMid-doe. — Son ëdocatioa. ^ PrécM* intalligêace. — Tanbovr os flnpeiCQr. — Haina iasliactive des rëtolations. •— Soo a^Iniiratioa poar son fiîlre Alemdre. — La teatînelle improt isée. — Belles paroles d*AleTaDdre. — Campajnc de 1812. — ftefreta et premi^ victoire de Nicolas. — Soa apcilode p«nr les sciences eiacles. — Le sentimenl do devoir. — Il prend part à la guerre. — t«u s^jonr k Paris. — > Beaa trait — Pante et réparation. — Retour en Rassie, — Vie séricnse — Vof «ge dn grand-doc en Occident — Waller Scott. — Tu Uêr^ eellvs tri*. — II complète à Berlin son éducation de soldat. — Le mooUn de 8aas-Sonci. — Uariage da grand-dac. — > Bonheur doraesti<]ae. — Pronostic dn baron Aleiaodre de Mnmboldt — Portrait dn grand-doc par le prince Koslovsfcj. — Le palais d'Anilscfakofr. -— Naissance d'an fils aine. — - Lettre de Nicolas à rwciweé^delUsoon.
Le 13 décembre 1553, dans un sombre et myBtérienx château du Béaro, une femme , fbrte comme les femmes de la Bible, mit an monde, en chantant, un fils, qui reçut le nom d'Henri Pour pré{>arer ses lèvres et son cœur aux grandes choses que semblait lui promettre la Providence , un vieux guerrier bardé de fer versa s»r ses lèvres quelques gouttes d'un vin généreux du Juran- ^. Reçu à son entrée dans la vie sous de tels présages, Penfant devait trouver dans les chants aaaéemels, indice»
du bonheur, et dans le vin, symbole de la force, le germe de la bonté instinctive et des màles vertus qui mûrirent si vite dans sa grande âme.
En effet y Teiifant devint bientôt un héros, et le héros un des plus grands rois du monde. La voix de Jeanne d'AIbret en retombant sur le berceau de son fils, le vin du Jurançon en fortifiant ses lèvres, avaient promis à la France upe ère féconde, glorieuse et forte, le règne d'Henri IV. Ces présages heureux se sont réalisés, le jeune Henri a été un grand roi, le roi a élé le père de son peuple.
Le 6 juillet 1796, un enfant, le neuvième des dix que le sein fécond et béni de Maria Feodorovna, princesse de Wurtemberg, devait donner à son époux, Pierre Pétrowitsch, naquit dans le château solitaire et poétique de Tsarskoé-Sélo. La grande Catherine le prit entre ses bras; puis, déposant sur son front un brûlant regard et sur ses lèvres un ardent baiser, elle glissa dans sa vie , pour ainsi dire , une partie de cette âme forte qui devait lui survivre dans toute la majesté de sa grandeur et de sa puissance.
Cet enfant prédestiné, dont le premier regard s'éclaira au génie de Catherine la Grande , reçut le nom de Nicolas, et, comme le fils de Jeanne d'Albret, il s'éleva rapidement vers les destraées suprêmes que lui ménageait la Providence en ses mystérieux desseins. Au premier jour de la naissance de son petit-fils , le baiser de la grande Catherine avait marqué sur son front une place d'élite pour recevoir, quand les temps seraient venus, la ' couronne de Pierre le Grand.
La force déjà puissante de cet enfant, le signe mystérieux dont parfois la Providence se plaît à parer ses élus , avaient tellement frappé son illustre grand'mère, que la