CHAPITRE TROISIÈME
Anv^ét en jrtnd-doc Michel à Saint - Pëtersboorj;. -> Le gnad-duc Conttantin rsTofe It osaroiine. — Perplexité* da grand -dnc Nicolas. — Le graad-doc Micbel repart pour Varsovie. — IMp^che de Taganrog. — Révélation d'un complot. — Xntore et éléments de ce complot — Conciliabole des conspirateurs. — Scfne étiange. — Que la volonté de Diea soit faite! — Nicolas accepte la couronne.
— Premiers actes. — Un dénonciateur. — Sages conseils. — Nouvelle réunion dot conjurés. — Honrifcle proposition. — La mort de Nicolas est décidée. — Uanifeste de Fempereur Alexandre relativement à la succession an tréne. — Nicolas proclamé empereur. — Manifeste impérial — Fermentation populaire.
— Incertitude. » Bruits sinistres. — Insurrection militaire. — Premiers coups de feu. — Nicolas à la hauteur de la situation. — 11 en appelle au peuple. — L'héritier préoomptil — Le feu s'engage sur toute la ligne. — Barricades. — Le général Miloradovitscb mis hors de combat. — Magnanimité de l'Empereur. — Le grand-duc Michel. — Iakoobovifsch. — Sombre tableau. — Dangers de la faauUe impériale. — Concours impnisannt de la religion. — La conslitntioa. — Courage et sang-froid de l'Empereur. — Défaite de l'infurrection. — Dispositions militaires des troupes fidèles. ~ Repentir et soumission des troupes insurgées. -' Les deux Impératrices. — Nicolas présente et confie son fils héritier anx troupes. — Dernières paroles du général Miloradowitsch. — Belle lettre de l'Impéfutif ce mère.
Retardé par le mauvais élat des routes , le grand-duc Micbel n'arriva que le 13 décembre à Saint-Pétersbourg.
Son premier soin, conforme aux instruction^ du grandduc Constantin y fat de courir au palais d'hiver, oh il resta enfermé avec Tlmpératrice pendant deux heures un quart. Le grand-duc Nicolas, prévenu de l'arrivée de son frère, attendait dans une pièce voisine le résultat de cet entretien...* Son impatience était mêlée d'effroi. Enfin la porte s'ouvrit, et l'Impératrice s'approcbant de Itficolas, lui dit :
a Eh bien, Nicolas, la question est décidée, inclinezvous devant votre frère Constantin....
— Dieu soit loué ! s'écria Nicolas induit en erreur par ce commencement de phrase et s'inclinaut à la voix àB sa mère comme devant une Majesté....
iOe HISTOIRE DE L'EMPEREUR X^IGOLAS.
— Oui y kicliDez-vous devant votre frère Constantin , reprit Fauguste princesse , car il est admirable et sublime dans son inaltérable résolution de vous céder le trône de toutes les Rossies.
— Avant de m'incliner une seconde fois^ comme vous me Tordonnez, ma mère, répliqua Nicolas en pâlissant, veuillez me dire, je vous prie, pourquoi je dois le faire; car en vérité j*igoore lequel des deux sacrifices est le plua grand de celui qui refuse une couronne ou de celui qui racceple?.,* »
Cependant les affaires, malgré cet incident qui déblayait la situation, n'avaient point encore pris un caractère officiel. Les dépêches apportées à Saint-Pétersbourg par le grand-duc Michel avaient jeté les esprits dans une grande perplexité; car le contenu de ces dépêches, quelque importantes qu'elles dussent être, ne pouvait avoir trait à la proclamation de l'avénement de Constantin au trône et au message par lequel le ministre de la justice prrace Lobanour Rostowsky lui avait transmis le rapport d« sénat dirigeant, attendu que ces pièces importantes n'avaient eu le temps de lui être soumises. Les intrigants et les ambitieux ne supposaient pas que, par une fidélité si scrupuleuse à remplir des engagements que les autorités de l'État, la famille impériale elle-même, croyaient résiliés en feit et en droit par le refus de Nicolas; les courtisans, disons-flous, ne supposaient point que le grand-duc Constantin pAt renoncer aussi facilement à la possession du plus vaste empire de l'univers.
De concert avec sa mère, le grand-duc Nicolas, pressé d'en finir, expédia un nouveau courrier au grand-duc Gonslantin, pour le supplier de lui adresser dans le plus bref délai un manifeste explicatif sur ses intentions