CHAPITRE TROISIBHE
velie caninaa leurs espérances. Se faisaoi du mensonge un puissant auxiliaire, ils se flalièrent de pouvoir trom-» per le peuple et Farinée en leur persuadant que le Césarowitscb maintenait ses droits dans toute leur intégrité et i|jae les reconnaitre dans la personne du grand^duc Nicolas serait un crime de haute trahison. Ils espéraient, sons ce prétexte bahile y soulever les troupes et la populace, et renverser, à la faveur d'une insurrection générale , l'ordre et le gouvernement étahlis. Pour concilier les ambitions qui pouvaient surgir *en un moment décisif et pour concentrer sous une seule unité tous les 1res* sorts du mouvement révolutionnaire^ les chefs de section y entraînés par Alexandre Bestoujeff, Kaovski et le prince Oboliosky^ nomonèrent chef absolu oh dictateur le prince Trouhefzkoî, qui dès oe moment dirigea toutes les mesures, hès lors aussi les coi^urés s'étahlirent en quelque sorte en permanence, afin d'arrêter d'un com«* mon. accord toutes les mesures nécessaires pour assurer d'une part le succès de la révolution, et d'autre part pour arrêter d'une numière positive la forme du futur gouver-* nemcnt de l'État.
Sur la propositiofi d'un nommé Batenkoff, ils adop« tèrent le plan qui suit^ si toutefois on peut donner ce titre. a des prcjels sans liaison, sans hdseUy et qui ne s'accordaient dans leurs moyens ni avec la siioalion de la Russie, ni avec aucune idée smne sur l'organisatioil des corps et des institutions politiques.
Les factieux devaient, après avoir arrêté l'action du pouvoir agissant :
l* EUablir un gouvernement provisoire qui aurait or* donné dans les provinces la Cormation de cbombres chargées d'élire des députés ^
^ Travailler à l'établissement de deux chambres lé^
Ht HISTOIRE DK L'EMPEREUR NICOLAS.
gislatives, dont Tune, la chambre haute, devait être composée de membres à vie ;
3*" Plus tard , et pour donner des garanties à la monarchie consiitutionnelle, il devait être procédé :
A la formation de chambres de provinces qui auraient formé autant de législatures locales ;
A la transformation des colonies militaires en gardes nationales ;
A ta remise de la citadelle de Saint-Pétersbourg entre les mains de la municipalité , citadelle qui ^ suivant Batenkoff, deviendrait le palladium des libertés russes, et où devaient fonctionner, dans les limites de leurs allributions^ le conseil municipal et la garde nationale;
Enfin, à la proclaaiation de l'indépendance des universités de Moscou , de Dorpat et de Vilna.
C'est ainsi que ces conspirateurs au maillot, plus fous encore qu'ambitieux, voulaient tout d'un coup, sans préparation aucune, sans transition, donner à la Russie nu ordre de choses qui a coûté à la France et à l'Angleterre tant de sanglants labeurs et de si longs sacrifices -, ils voulaient, en un tour de main, élever une tour de Babel et construire en un jour une œuvre qui , chez des nations civilisées , avait demandé les études , les tâtonnements, l'expérience et les efforts de plus d'un siècle
Ils voulaient enfin, avant les semailles, récolter dans leurs steppes arides la moisson de liberté dont, sous d'autres soleils, ils avaient convoité les épis plus ou moins heureux et féconds.
Tandis que quelques-uns des chefs arrangeaient ainsi leurs plans subversifs , les autres en préparaient l'exécution.... Pendant ces derniers jours , où l'inconnu présidait aux destinées de l'empire, on voyait dans les assemblées des conspirateurs s'allier, par un mélange