CHAPITRE TH01S18ME. Ht
biiarre , la légèreté la plus innocente à là plus sauvage énergie, les préceptes de la fraternité chrétienne à la soif dn sang; on voyait à côté d*t]ne irrésislible op* position aux autorités légitimes une obéissance stupide passive à une autorité inconnue prête à se jeter dans les aventures.
Le 12-24 décembre, au mcMiient même où le courrier du général Diebitsch apportait au grand-duc Nicolas les fils du complot, les principaux conspirateurs se ren«daient chez Ryleieff, où bientôt après se trouvèrent réunis le prince Troubetzkoï, les frères BestoujeflT, le prince Obolinsky, Kaovski, Aiiïouzoff, Répine, le comte Konovnitzine, le prince Odoievski, Sutboff, Poutschine, Batenkoff, Yakoubowitscb^ Stchépîne-Rostovski , etc. Us étaient sombres, inquiets, soucieux, car ils ne pouvaient ignorer qu'ils étaient engagés dans une partie où d'un côté se trouvaient le succès et des honneurs douteux , de Tautre des humiliations et une potence assurée.... Ils savaient qu'ils allaient jouer leur vie à pile ou face
R]j[leieff prit le premier la parole, u i'ai reçu ee matin , dit-il , une lettre qui m'annonce que parmi nous il est un traître.... Si je le connaissais , je lui brillerais la cervelle comme à un chien enragé....
— Qui vous a écrit cette lettre ? demanda Kaovski.
— Un anonyme.
— Dans ce cas, nous ne devons y ajouter que peu de foi.
— Assez cependant pour nous tenir sur nos gardes.
— Je propose, fit Ryleieff, que tout membre de la •société reconnu coupable de trahison soit immédiatement puni de mort.
— Adopté f répondirent tous les membres en levant la main.
fM HISTOIBE DE L'*CM PfiftElJl JJIGOLAS.
• -^ C'est bien , B'éem Rylekff^ pàt «n de voo9 ii*a pàli.... Je ne voit formi tous que ^6 lionnDes 4'lioti- B^r.... Quelle nonveHe appertes-^oaSy messieurs?...
-*-l>'esosUei»les, répeadirent NimIss Besloajeff et àâMÊMoS. Mous pMvons osaspter sor Jes marins de la garde. . . ils sont à nous.
•— > Quûi à moî^ ajoute Répine , je puU vous garantir me partie du régiment de Finlande. Les officiers que j'ai swidés nous appartiennent corps et âme.
-^ Moi , êi on des frèaes Bestoujeff , officier au ré^ment de Moscon , je réponds de ma compagnie ; elle marchera comme un seni homme. Je l'ai tout entière dans mn main.
— Vi?e la liberté ! s*écria Aleiandre Beston^eft Je passe le Rubicon , et je sabre tout sur mon passage. «
Kaosskt, plus ardent encore, ajoute : a Point de deminnesure, messieurs. U ne s'agtt pas de faire de la philanthrc^ie à la Jean-Jacqoes, mais à la Danton.... H faut id tout massacrer, m'entendez-vous? Êtes-vous de monavis^ oui on non?... Oui I eh bien, tenez-vous prêts à me suivre. Non I eh bien , j'irai me dénoncer moiméme.».. p
Le prince Odoievslû répétail avec l'accent d'an pitoyable enihonsîaSnie : « Nous mourrons, c'est sur I mais avec quelle gloire nous mourrons 1
— Si nous devons mourir en effet, répliqua à son tour Ryleieff, nous vendrons chèrement nolpe vie d'abord ; puis, en mourant, nous léguerons à la Russie le soin de noire vengeance....
— Voilà ce qui s'appelle parler 1 fit Kaovski ; mais il vaut mieux encore agir.... A vous, messieurs, la parole, mais à moi l'action.... Que faut-il dure, quel couj» dois-je frapper? Dites^ mais dites vite, car je suis prêt. . . .