‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 35 sur 331 · CHAPITRE T1i4»ISIÉlfR · texte numérisé non relu

CHAPITRE T1i4»ISIÉlfR

• — Bravo I s'écria Alexandre VestoDJeff en se jetant au c(m de cet énergnmène. Tu nous demandes ce quMl faut Taire? Je vais te le dire.... Tu n^as pas de famille, tu dois te sacrifier pour la société.... assassine FEntpereur 1 »

Les conspirateurs accueiHirent celte proposifion par des cris d'enthousiasme. Hourrah I hourrah I s'écrïèrentils en pressant tour à tour dans leurs bras leur complices voué au régicide.... Kaovski promit d'obéir, et rassemblée s** ajourna au lendemain dans la soirée du 13-25.

Au moment oii les conjurés se séparaient, le courrier si impatiemment attendu de Varsovie arrivait enfin k Saint- Pétersboui*g sans avoir rencontré le grand-duc Michel, que nous avons laissé au relais d'Ispal, que ce même courrier avait évité pour prendre un chemin plus court. La réponse définitive du Césarowitsoh était laconique, froide, mais concluante. Il persistait d'une manière irrévocable à céder tous ses droits à son frère le grand-duc Nicolas, que le premier il saluait du titre d^ empereur.... Nicolas, le front dans ses deux mains, tombai genoux, se recueillit et pria. Puis se relevant il dit : tt Que la volonté de Dieu soit faite et non la mienne. »

Ainsi prosterné devant Dieu, il venait de se reconnaître lui-même emperear.... Ce sacrifice accompli, il se rendit thet sa mère et lui communiqua les dépêches qu'il venait de recevoir....

ttEh bien, mon fils, lui demanda l'Impératrice , que pensez-vous faire maintenant ?

— Accomplir les desseins de la Providence , répondit Nicolas, en me consacrant dès ce jour corps et âme à la grandeur et à hi prospérité de toutes mes Russies.

— Enfin l « s'écria l'Impératrice en se jetant dans les

bras de son enfanl ! Nicolas fit aussitôt appeler le secrétaire d'État Speranski , et lui ordonna de préparer un manifeste basé sur le testament de Pempereur Alexandre, sur la lettre que le grand-duc Constantin avait adressée à son auguste frère au sujet de sa renonciation au trône, et sur divers documents non moins aptes à éclairer Topinion publique.

Speranski venait de se retirer pour exécuter les ordres du grand-duc, et celui-ci s'apprêtait à prendre les dispositions indiquées par la gravité des circonstances, lorsqu'on lui annonça qu'un aide de camp du général en chef de l'infanterie de la garde demandait à lui parler. C'était un jeune homme âgé de vingt ans à peine , nommé Jacques RostovzofiF. Introduit aussitôt dans le cabinet du grand-duc, il fit le; salut militaire et attendit:

tt De la part de qui venez-vous? lui demanda Nicolas.

— De la mienne, monseigneur, répondit Rostovzoff.

— Ce n'est donc pas votre chef qui vous envoie ?

— Non , monseigneur.

— Que me voulez-vous î

— Vous annoncer une nouvelle très-importante.

— Parlez, monsieur, je vous écoute....

— Sommes-nous seuls, monseigneur?»

Nicolas fit signe à un de ses aides de camp de se retirer, puis prenant RostovzofiF par le bras, il le conduisit rapidement dans l'embrasure d'une croisée et lui dit :

tt Maintenant nous sommes sans témoins , vous pouvez parler.

— Je viens auprès de vous , monseigneur, remplir un pénible devoir, un triste rôle, veux-je dire, celui de dénonciateur.

— Dans ce cas, vous pouvez vous retirer, s'écria Nicolas avec la fierté d'un noble cœur que n'avaient point

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