CHAPITRE TBOlSlilfE. .tSi
de ceux qui conseillaient Tarrestation pure et simple de la &mîlle impériale , cita pour exemple la révolution de la Suède en 1809. Ryleieff termina les débats; en disant :
tt Puisque ) parfaitement d'accord sur le but, nous ne ponrons nous entendre sur les moyens, les circonstances décideront ce que nous aurons a faire. »
Mais avant de se séparer, il demanda une carte de Saint-Pétersbourg et le plan détaillé du palais d'hiver.
« A. quoi bon? lui répondit en riant Alexandre Bes« touje€F; la famille impériale n'est pas une épingle, elle ne se cachera pas quand Je moment de l'arrêter sera venu, n
Dans Ja matinée du 13, le secrétaire d'£tat Speranski remit au grand-duc Nicolas le manifeste qu'il avait rédigé pendant la noit. Dans la soirée du même jour, le conseil de l'empire, réuni en séance extraordinaire, prit officiel* lement connaissance du paquet mystérieux que lui avait confié l'empereur défunt; il contenait, indépendamment des pièces que nous avons déjà citées , le manifeste de l'empereur Alexandre relativement à la succession au trône. Il était ainsi conçu :
HAXIFBSTE DK L'E&fPEREUR ALEXANDRE.
a Par la grâce de Dieu , Nous , Alexandre P% empereur et autocrate de toutes les Russies, etc., etc., savoir fair sons à tous Nos fidèles sujets :
» Dès le moment de Notre avènement au trône de toutes les Russies , Nous avons constamment senti q\i'il était do Notre devoir envers le Dieu tout- puissant non* seulement de garantir et d'accrottre dans le cours de Notre règne la félicité 4e Notre chère patrie et de Nos
lit HISTOIKS lli L^BHPVMill NICOLAS.
peuples, mai» aussi 4c préparer ^ dl'assnver le«r rtpoa et bur bonheer «près Noue par me désigaation claire et précise de Notre successeur cenformément aum droits de Notre maison impériale et aux intérêts de l'empire.
i> Neus ne pouvions, à l'exemple de Nos prédéeesseuss, le nommer imu^dialemeat, dans i'atleiile eè Nous étions s'il ne plairait pas à la Providence divine de Noos accorder un héritier du trâne en ligne directe; mais plus Nos années augmentent, plus Nous croyoos devoir Nous bâter de placer Notre trône dans une position telle qu'il ne puisse rester vacant même momenim» Dément. Tandis que cette sdlicftude pcéoocupait Notre cœur, Notre frère hien-aimé, le Césarowitsch et grandduc Coostaaiin, ne suivant que son impulsion spontanée, Noos adressa la demande de transporter son droit k la dignité souveraine, à hqoelle il pourrait un jevrêCre âevé par sa naissance, sur celui qui devait posséder ce droit après loi. fl aaanifesta en même tempe son inlm* tiott de donner ainsi une nouvelle farce à l'acte additionnel sur la succession au tidoe promulgué par Noos en 1820, acte volontairement etsolennellemewt'feeaaaa de sa part en autant qu'il pouvait le coocener.
3) Nous sommes profondément touché de ce sacrifice que Noire frère bien-aimé s'est décidé à &ire avec une si généreuse abnégation à l'affermissement des statuts héréditaires de Notre maison impérialle et à. la tranquillité inébranlable de l'empire de toutes les Russies.
D Ayant invoqué l'aide de Dieu , ayant mûrement réfléchi à un objet aussi cher à Notre cœur qu'important à l'État, ettrouvant que tes statuts qui existent sur Fordte de succession au trdne ne privent pas ceux qui y ont des A^oits de la (acuité d'y renoncer, lorsqu'en pareille- circonstance il ne se présenir aucune difficulté dans la-sniCe
Cflâ^PITRE TR04SIHME. Ml
de la avccMsioD à la cooromey Noos avons, d^aprèf rassenlÎHKDt de Notre imgasie mère coaune en vertu in droit soprème de ckef ie la famille impériale q»î Nom a été hérédilairemeat démokiy c4 usant de toot le pouvoir que Nous tenons de Dieu y ordonné ee qm suit :
ff Fremièremeuft) Taete spontané par lecpiel Notre frère puîné, le Césarowitsch et grand-duc Consianini, renonce à ses droits sur le trône de toutes les Russies , est et demeure fixe et invariable.
» Ledit acte de renonciation sera, pour que la notoriété en soit assurée, conservé à la grande cathédrale de TAssomption à Moscou et Amis les trois bavies adoiini»îralioDs de Notre empire , au saint synode , au conseil de rempîre et au sénat dirigeant.
9 Secondement, en oonseqaeflce de .ces dispositions, et conformément à la stricte teneur de Facte sur la snccessioa au Irôae, est reeomru pour Notre béritier Notre second frère le gnoid^ue Nicolas.
« C^est ainsi que Nous conservons la douce espérance qu'anjaur où il plaira w Roi des roisée nous rappeler, suivant la 1m commune des niorlels, de Notre règne temporet dans Péternîté, les hautes admiûistraljom de Tempire, aoxquelles.Nolre présente et irrévocable volonté, ainsi que nos préseiUies dispositions légales, ne manqueroot pas d'être ooïkimuiiiqtiées en temps opportun et suivant Nos ordres, s'empresseront de prêter leur seiv ment de fidélité à Tempereor héréditaire que Nous venons de désigner pour le trône de Tempire de toutes les Rossies et ceux du royaume de Pologne et du grande duché de Finiande, qui eu sont inséparable».
» Qaant à ftkius. Nous prions tous Nos fidèles sujets qu'avec ce même sentiment d'amour qui Nous faisait considérer comme Notre premier bien sur la terne ke*80Îtt
Ii4 HISTOIRE DE LEMPERfiUR MGOLAS.
que Nous avions de leur constanle prospérité , ils adressent de ferventes prières à Notre Seigneur Jésus-Christ, afin qu'il daigne par sa miséricorde infinie recevoir Notre âme en son royaume éternel.
y) Donné à Tsarskoé-Sélo, le 16 août, Tan de grâce mil huit cent vingt-trois, et de Notre règne le vingttroisième.
D Signé Alexandre. >»
Après la lecture de cet acte , le grand-duc Nicolas , invité à faire connaître ses intentions , déclara qu'il était prêt à se soumettre à la volonté de feu TEmpereur et au désir de son frère le Césarowitsch. Il fut à l'instant même, aux cris de Vive l'empereur Nicolas I prociainé autocrate de tou|^s les Russies. Le peuple y qui attendait avec une sombre inquiétude les résultats de cette séance, joignit ses acclamations à celles du conseil de l'empire , au moment où le nouveau César traversa les flots de la foule pour se rendre chez sa mère.
Pendant que les conjurés préparaient dans l'ombre l'exécution de leurs coupables projets, l'ange de la Russie veillait à la conservation de la famille impériale. Le prince Odoievski, l'un des plus redoutables conspiralenrs, se trouvait précisément de service au corps de garde du palais d'hiver. Prêt et décidé à exécuter le plus exécrable de tous les crimes , il envoya trois fois demander à ses complices les instructions dont il avait besoin pour frapper d'un seul coup l'Empereur et toute sa famille. Trois fois son a£Eidé revint sans rapporter une réponse décisive. Aucun des conjurés , sans doute , n'avait osé prendre sur lui la responsabilité d'un pareil forfait. De ce moment , le prince Odoievski regarda la cause de la révolution comme perdue.