‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 40 sur 331 · CHAPITRE TROISIÈME. f · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. f

c le viens voos apprendre une fôcbeuse nonvelle, lui dit-il ; quelques (roupes égarées ont levé l'étetidârd de rinsurreclion ; mais je ne crains rien, car ponr défendre mon droit, j'ai naon épée et Dieu.

— Allons prier Dieu, s'écria l'Impératrice, pour qu'en ce jour votre épée ne soit pas tirée pour la défense de votre droit. i> Disant ainsi, la jeune princesse entraîna son mari dans la chapelle , et tous deux prosternés devant Celui qui dispose à son gré des sceptres et des couronnes, ils lui demandèrent la grâce de vaincre on de mourir bravement en dignes Romanoff. Alors Nicolas se relevant embrassa sa femme et la quitta en répétant :

a Je ne crains rien y Dieu veillera sur vous. i>

Il était sublime en ce moment ; il était magnifique de courage, de calme, de sang-froid et d'énergie. Avant d'avoir mesuré ses forces au poids de la puissance souveraine, il prouvait le premier jour de son règne que son noble cœur, modelé sur celui de Pierre le Grand, se trouvait digne des hautes destinées qui lui étaient réservées.

D'un coup d'ceil rapide et sûr, il envisagea les périls de la situation et se mit aussitôt en mesure de les conjurer. Après s'être assuré des dispositions des troupes fidèles qui se trouvaient de service au palais , il se dirigea majestueusement vers les masses populaires qui encombraient la place oh l'on voit aujourd'hui la colonne Alexandre, et, de là, dominant de sa haute taille les flots de la foule , il s'écria d'une voix ferme :

tt Ecoutez«moî, mes enfants! i» et un silence religieux s'établit au sein de cette houle humaine.

« Mes enfants, reprit l'Empereur, qu'êtes-vous venus faire ici?

t» HISTOIRE DE CEUPEREVft 3JIG0LAS.

— Sarrair qael est enfia ie légiiMBe sncoesseur <!' Alexandre mtpe fère,....

*— On ne vous l'a doac fM» ^t encore ?

— Non....

— Commeni ! vons ne coonaisees pas mma manifeste?...

— Nom

— Eh hkm y je vais vous rappresdre ! « Et prenaat ^es mains d'an des officiers de. son étal-major «n exemplaire du manifeste , il lut k iiaate voix les idocmnesis 4fû établifisaient d'une manière incontestable ses droits au trdne.

Des hourras enthousiastes accueillirent la fin de cetie lecture.

ttC'est bien, mes enfants, ajoutarEmpereur. Alexandre, votre père, est mort ; mais pour vous aimer, j'ai hérité de :SOB cœur le jour où il m'a légué son sceptre pour vous gouverneret vous protéger. Maintenant, je vousprie et je vo«s oréonne au besoin de rentrer chacun chez vous, car d'un instant à l'autre la place ou nous sonraies pourrait devenir une position dangereuse pour ceux qui ne août pas iCbroésd'y rester pour accomplir un grand devoir. .. . Allez, joes enfants , je compte sur vous , comptes sur moL «

La foule obéissaule jeta un dernier cri de Vive Temperenr Nicolas! et lentement elle s'écoula en siteoce. C'est ainsi q^ae par son san^froid et «onàiergie, Nicolas parvint à soustraire l'élément populaire à l'action des troupes rebelles.

Cependant l'insurrection prenail un caraolère sérieux ; 4es bourgeois et des officiers, dont le déguisement trahissait les desseins, s'étaient joints aux oompagnies mutinées qo'ils entretenaient dans reffervescence par des •discours qui sentaient Falcool et le sang.

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De noaibreiu r^nlbrls arrivaieul 4e toas ks •cAléfl aa centre de riasarrecliMi.

« Boi^oar^ oies enianU^ 4;ria Ntoolas^ suivant «a iifii^e établi dej^is un temps immémorial dans Vatwée russe (Strastvoustië rebeti), k un détachement d'infanierie qui passait devant luL

— Vive Constantin 1 répondirent les soldats en masse.

— Dans ce cas, répliqua Nicolas sans se déooooerler, vous vous trompez de chemin j votre place est là-bas! » Et du doigt il leur montra celle où les traîtres prenaient position à rexArémité de la jdace.

Un autre détachement , dont la marche et les allures étaient indécises, resta sans réponse devant le même salut que lui adressa l'Empereur. ... Alors l'autocrate saisissant le moment avec une admirable présence d^esprit, s'écria : «Conversion à droite, et eA avant, marche I — Vive Nicolas I » répondirent les grenadiers , et à la voix sonore du csar, ils se rangèrent du côté des troupes impériales.

Tandis que l'Empereur donnait ses derniers ordres pour les positions que les régiments fidèles devaient occuper, une voiture sans armoiries arrivai! dans la conr du palais d'hiver; elle renfermait le petit grand-duc Alexandre, qui depuis la veille était devenu l'héritier présomptif de la couronne qu'il porte si dignement aujourd'hui. Le général auquel son illustre pèreiivait confié la mission d'aller le chercher à son palais du pont d'Anitscbkoff, l'avait tronvé dessinant à l' aquarelle un dessin représentant le passage du Granique par Alexandre le Grand '.

Les mêmes moyens par lesquels les chefs des sociétés

^ Cette page întéressaDtc par les souvenirs qui se rattachent à son exé* catioD ae trouve encore tujounffasi «ntre les m»»im de Sa Mefeilé.

156 HISTOIKV Di L' EMPEREUR NICOLAS.

'secrètes avaient insurgé une partie An régiment de Moscou , servirent à opérer la révolte dans le bataillon de la marine, sous les ordres du lieutenant Arbouzoff, et dans un régiment de grenadiers, dont les lieutenants SuthofT et Panoff entraînèrent plusieurs compagnies sur la place du Sénat, oii bientôt et successivement prirent position quinze à dix-huit cents soldats, appuyés par un certain nombre d'individus en frac, armés de poignards, de pistolets et de sabres de luxe.

De leur côté, les troupes iidèles n'étaient pâs restées inactives ; massées devant et autour du palais , où dans ce moment toute la famille impériale se trouvait réunie, elles n'attendaient plus que le moment d'agir.

A six heures et demie, une sourde détonation se fit entendre dans la direction du sénat : le feu avait commencé.... L'Empereur se porta rapidement sur le front des troupes et fit charger les armes : au même instant, son aide de camp le prince Galitzin , les éperons enfoncés dans les flancs de son cheval , arriva de la place du Sénat et dit :

tf Sire , je vous apporte une douloureuse nouvelle : Votre Majesté et la Russie viennent de faire une grande perte dans la personne du comte Miloradowitsch.... Ce brave capitaine est tombé sous les coups des insurgés, n

En effet, le comte Miloradowitsch , gouverneur militaire de Saint-Pétersbourg, espérant que sa voix connue et aimée des soldats que si souvent elle avait conduits à la victoire, les ferait rentrer dans le devoir, s'était avancé vers les mutins et s'apprêtait à les haranguer, quand Kaovski lui cassa la tête d'un coup de pistolet.

Un tel attentat ne changea en rien l'attitude de l'Empereur, décidé à ne recourir à la force que lorsque

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