CHAPITRE TROISIÈME
ioDs les moyens de persaasion auraient été épuisés : la ieroielé d^ooe part j la bonté de l'autre, se peignaient tout enlières dans les paroles de paix et de miséricorde qu'il ne cessait de iaire porter aux rebelles, sans jamais toutefois iFUisiger avec eux, et sans leur dissimuler que leur soamission immédiate, sans condition, devait nécessairement et dans tous les cas être suivie de la punition exemplaire des fauteurs de la révolte.
Les rebelles persistant dans leurs prétentions hostiles, l'Empereur détacha en éclaireurs plusieurs compagnies d'éUle^ et se mettant à la tête des troupes disponibles , il se dirigea lentement vers la place du Sénat, occupée par les insurgés qui y avaient construit de formidables barricades, d'où par un feu nourri ils s'apprêtaient à repousser les efforts de l'attaque. Il fut bientôt rejoint par le grand-duc Michel. Ce prince, qui venait de rentrer à Saint-Pétersbourg, ayant appris que c'était dans un des régiments de sa division que Tinsurrection avait arboré son étendard, avait volé seul aux casernes du régiment de Moscou , où sans coup férir il avait fait jurer obéissance et fidélité à l'empereur Nicolas par les six compagnies de ce régiment, qui, sans avoir voulu reconnaître le nouvel autocrate, avaient néanmoins refusé de se joiodre au mouvement des révoltés ; c'est à la tête de ces six compagnies, aussi impatientes que les autres troupes fidèles d'en finir avec la révolution , que le grand-duc Michel rejoignit son frère. Les révoltés s'étaient formés en bataillon carré derrière leurs barricades. L'Empereur continuait à s'avancer vers le gros des rebelles, quand tout à coup il aperçut sur son passage un homme d^une figure hideuse , portant noué autour de sa tète un mouchoir noir qui ne parvenait point à cacher sous ses plis toute là laideur d'une physionomie
Oè HISTOitB DE L'EMFBKEIW JIICOLAS.
repoMOOMte , qmoiqmb vt^oiinrasemeiit acMoAuée. Sm N^ard, abriié tMui i'épais «Mircils, xévéiaît iwe m&k
« Que vieas-tn tàive ici ? kû denaada l'Emperenr.
— Ua acte de soumission, Sire, répliqua Tîncooiui.
— Ta es donc an «elielfe ?...
— Je ne le suis plos, Sire, puisque J'ai quille ma camarades pour venir auprès de Voire liajesté,.^.
— C'esi jus4e.«.. Comment t'appdles-iu ¥
— Yakoubowilsch.
— Eh bien , je suis content de toi, ajouta TEmperevr en lui prenant la main, iu as fait ton devoir, je ne t'oa- Uierai pas.... A propos, as-tu du courage ?
— Voici ma réponse. Sire; et d'un geste rapide arrftckani le mouchoir qui couvrait son front, il inclina devMt l'Empereur un crâne criblé de cicatrices.
— Où as-tu reçu ces blessures ?...
— En Turquie , Sire
— Je vois que tu es un brave , et tu vas m^^i donner une nouvelle «preuve....
— Parlez, Sire, je ^s prêt....
— Tu vas retourner auprès de tes anciens complices, pour les engager à suivre too exemple....
— Et s'ils ne veulent point le suivre, Sire...,
— Tu leur diras que je suis décidé à leur arracher par la force ce qu'ils refuseront à la clémence; val...
— Je vais, Sire... » Yakoubowitsch disparut dans la ipule, mais il ne revint pas. Le rebelle avait pris le masque de la soumission pour remplir à coup sur un rôle d'espionnage.
Les groupes des insurgés grossissant à chaque minute, s'exaltaient par les cris de Vive Constantin I A bas Nicolas I Des gens sans nom et sans 'aveu , recrutés par l'insor-
«ceâPins noisiÉvs. U9
MctkRi èmiê les Jbaft-foads 4e la populace, réponéiieaÉà ces chneatg par des cria 4e umri; àe grandb faax aikiméa êm fiei iea iHuntcades répaodaieat leur daiié siniafre mit les pâles âgons des rebelles^ Jaces de oalàoe et de no. Aaprèa des immttaxj. vides , des caisses veaipUes de laoailtoaa de gaerxe ,iiidji|iuiieiit ^pe la réaîstance serait terr&Ue.
A dix iMwnea sBaiiia u« qaart, TEmperevr donaa Tordre an géoéral Ygaatief d'occuper feriemeni le pont de Saiat-Isaac, afia de couper aan insurgés la retRaîte qu'ils anraîeiil pu ae ménager sur la rive dratte 4e la Neva. AcouBipiigné de son £rère le grand^duc Michel et de son état-AMyor, îl se porta rapidenient sair le firont des rebelles pour les harangœr , mais il fot reçu par une décbar^e qui Uessa quelques officiers et tua le cheval de sou frère.
« Vous le voyez , sues amis ^ dit rEmpereor en ae toarnaat vers le gras de ses troupes y ce n'est pas sur moi fue devra peser la responsabilité du sang uersé.... » fsais il aîaaU : « Si des inlames oubliant leur devoir disent ainsi méditer la ruine du gouveraement, j'espère que vous, du aKÛos, vous resterez dignes du nom que imis portez , du beau nom de la vieille garde de l'empereur Alezandref n Et d'un geste il abaissa les armes prèles à faire téu contre les insurgés. 11 voulait recourir à un ffiojeo suprême avant à* en venir à la Corée des armes y VuUima ratio des rois. Espérant que la vue et les paroles du métropolitain de Saint-Pétersbourg, l'archevêque Séraphim, exerceraient plus d'empire sur les massés insui^géesy il envoya chercher ce vénérable vietlIanL
Pendant que ces choses se passaient sur la place du Séoat, la famille impériale courait un imatense danger. .« . Une colABoe des grenadiers insurgés de la garde s'a-*
vançant au pas de course sur le quai du palais d^hiver -pour se réunir au gros de riosurrection , fut tout à coup arrêtée par son chef Alexandre Panoff, Tua des pins ardents révolutionnaires. « Braves soldats, leur dit-îl, - regardez : la cour du palais est déserte y mais ce palais est un lupanar immonde qui renferme à cette heure toute la famille de celui qu'on veut nous imposer pour empereur.... Voyez-vous à travers ces fenêtres Téclat de ces flambeaux volés à la sueur du peuple?... Il faut que ces flambeaux deviennent les torches funèbres de la famille de Nicolas. . . . Allons , courage ; une bonne résolution, un coup de main hardi, et cette famille n'existe plus.... Soldats, êtes-vous prêts à me suivre?
— Oui, oui I mort à Nicolas I...
— Eh bien, marche dessus f... en avant!... »
Et les grenadiers, la baïonnette au bout du fusil, s'élancèrent dans la cour sur les pas de Panofi' brandissant une épée nue dans sa main. C'en était fait de la famille impériale; mais, comme l'avait dit son auguste chef, la Providence veillait sur elle. Au moment ou la colonne régicide s'apprêtait à gravir le grand escalier qui conduit aux appartements impériaux, deux escadrons de la garde à cheval, conduits par le comte Alexis Orloff, débouchèrent au grand trot du côté de la place dans la cour.... Les rebelles s'arrêtèrent aussitôt, et se trouvant trop faibles pour engager la lutte, ils se retirèrent en disant : a Ce ne sont pas des nôtres. »
Cependant le métropolitain , revêtu de ses habits sacerdotaux, portant la mitre en tête et la croix à la main, venait de pardtre sur la place.... Sa voix, pleine de paroles conciliantes et miséricordieuses, eut de la peine à percer le bruit des armes. . . . Pour la première fois les fronts des soldats russes, égarés par des traîtres, resté-