‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 42 sur 331 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

reai couverts devant le signe de la rédemption.... Pour la première (bis la religion devait être impuissante et . demeurer sans force devant l'anarchie en armes.. .. La voix de 8<m ministre, couverte par des clameors im-. pies, fnt accueillie par des hué^ et des vociférations.... et rhomme miséricordieux qui venait au nom.de TEm* pereur pour pardonner et pour bénir, reçut à bout portant une décharge sacrilège qni l'aurait renversé sans vie, si la main de Dieu n'avait eu soin d'écarter de sa personne les balles homicides.... Sa mitre cependant fui percée en quatre endroits.

Le feu des insurgés devenant de plus en plus nourri, l'Empereur donna l'ordre au grand-duc Michel d'aller chercher le régiment d'Ismalloffsky, le seul qui n'avait point encore pris position sur la place ; mais le grandduc le trouva en (deine défection et prêt à fraterniser avec l'émente. Michel, s'efforçant en vain de le ramener au sentiment du devoir, lui demanda : a Que voulezvous ?

— La constitution , nous voulons la constitution !. . .

— Qu'appeles-vous la constitution?...

— > Vous le savez aussi bien. que nous....

— Si je le savais, je ne vous le demanderais point....

— Cest la femme de Constantin.... rendez-nous-la, nous la voulons 1... vive la constitution!... » L'absurde brochait sur l'horrible....

A minuit, la situation était des plus critiques, les balles siflSaient autour de l'Empereur, calme, impassible an milieu du feu , comme s'il se fût trouvé à la tête de sa division sur un champ de parade. Des éclats de pierre et de bois tombaient à chaque instant aux pieds de son cheval Sa longanimité semblait défier la rage de ses ^versairea.

lit HISTOIRI ME UIVPniBITl NICOLAS.

c Sire, ft'écm twt IkemxpwaevoH êewtikrt M, tow 1m mofCBS de conoiKalicNi ont été épiNsés par Voire liiajegté.... PaîftOB avaaeer rsrtiKerie* H rép^o^v mx décfcarfn ée PcnieiM par ht nUtaHfe. » VEasfenwr tounuMit hr tâte, ap«rç«t k général' Tel qwi veaoîC lyartiter de Tagamreg; Avant de se rtaére ii cet atis snpréofte y Niceba ordoona ane akarge de cai akne ; aras les afaevsKs lancés sur mm lervam ceuvevt d^nae croAle de* nei^ giaeée, toaabaieBt h chaque pae. Les laBciers as la garde parvinrent néamioiiia j»9^*ait pied des- barricades y mais ils en furent repoassé» pat le fe« des insurgés.

« Sire, s^écria à ses leur le priDce Wassiltcbikoff , fl ifj a pas «n instant à perdre y il (aail de h mUrailley ainai i^e l'a dk le général Toi —

— Vo«s: voidea éene, Ini répandit empereur, qne le premier jo«r de mon règne je verse h sang de mon peôpte?...

— Oui, Sire, je le veux, pour sauver votre empire, votre couronne , votre peuple hti-oiènie ï.^ 9 répondit Wassiltchikoif. Celle rode réponse, feile aree no Ion d'autorité par ua homme qui joinssait d'ooe estime générale, mit fin aux hésitalioos généreuaes de TEoiperenr — Nicolas expédia un de ses officiers ponr annoncer à r Impératrice, qu'après avoir longtemps recalé devant une pareille extrémité, il se trowait enfin foreé de tirer fo eaoon«.. Puis après quelques minoles de recnmUementy comone ponr prendre Dien à témoin de l'fmpbcable nécessité dans laqnette il se tronvaît, il s^écria. d'une voix forte r « Canomsîers, it vos pièces î » Bm eSet, il n'y aiaôl pas un lasiaDt h perdre.... Les révohitionnaires prenant poor de la fiiiblesse le sentment généreux qui paralysait la volonté de TEmperenr, avaient

cmAWfwwm noisiÈiii. im

f le» pwièrgg. K^M» des tirnHran ci fteêti de e» pwitt nccès fH>«r gagner da temÛD.... Les arlâk lesrs, MmI prè» de leors pèêes^ altaidaiea*, mècke ailuiiiée, b 6» d» c^mmimdemtem^ , qme f Empereur ■•. pomeil tr dérider à priO€«cer. Iteax fois: }e dmé filai esfint mr tes lèwvs. Ce fbt yéaeigiipe jféDérat Toi qot bt lieiiièHW fim le coatis en ^écvimk : « Fea f »

La prenière déekarge , pariée tvop bail, paew pnrdcMw le fipeot dce insurgé» et alla se perdre dn» les mors da sénat, sais; eeNe» qui sairireat tombère»! an nribcm des barricades* La lalfe alor» devint terrîMa, sanglanle, adianiée; aux décharges dr PaetiUeria isspé^ riale, les rebelles ripostaient par des irax ée peisÉaa qaiy dirigés sur des peitrisef décmreriea, nsoisseanaîént de aeaibreases victimesL.*» Ve part et d'antre oo eo«»* bal avee on égal courage ; ict asvc le sevtuneat du de* roir, là avee cefasi do dése^mr.... inipétoeaae est )'at«* taqm, mais la résistance ne perd rie» de sait inlemité. nsehie. Les édafc fiilgnraaAs de l'artiHevie 4|ui tesne sans iatervaUes, les décharges de la mousqueterir qoi répoodcal , ks géasissea^nts des blessés, les cris des conbitftanls, les grinceawnt» dea baïennettes croisées contre les baïeaneltes, la voix des ebefii taversant cette tempéle d'acier et de fen^... tovt doanaît à cette hstte saaghnie on caractère qni pestait la mort dans rèoie , avaal de frapper les corps devant ou derrière les bar» rieades.

«Ab nom de Dieu, Sine,, retirea-vonsl » disaient à l'Eiaperenr les ettciero qos l'entouraient.

Msîs TEnipcrenr, soovd à leurs prières, répondaîC : «Ma place est ici), Bsessiearst.-. » Ne pouvant le esnvaiacre, ils reniourèrent de pins ptès^ pour loi fiire us Kmjiatt de leurs corps-. ••

lU HISTOIRB DE L'EMPElBUl NICOLAS.

La victoire enfin te rangea oomplélement du côté du droit... Les insurgés ^ repoussés piar la mitraille de leurs formidables retranchements, demandèrent à la fuite le salut qu'ils ament refusé à la clémence.... Os se dispersèrent dans toutes les directions en jetant leurs armes et en cherchant un refuge partout où ils espéraient échapper à la caval^ie lancée à leur poursuite. C'est ainsi que plusieurs d'entre eux se cachèrent jusque dans les canaux souterrains creusés pour recevoir les immondices de la ville. Une dernière décharge de mitraille tirée sur les glaces de la Neva engloutit dans les eaux du fleuve une colonne de rebelles qui cherchaient à s'échapper sur l'autre rive.

Lorsque le champ de bataille fut ainsi déblayé des derniers éléments de la résistance y l'Empereur décida que les troupes passeraient le reste de la nuit sous les armes, pour enlever aux factieux les moyens de renouveler leurs coupables tentatives. A cet effet, la place du Sénat fut occupée par le régiment de la garde de Préobrajensky^ par le bataillon des sapeurs de la garde , par deux compagnies du premier bataillon des chasseurs de la garde , avec dix pièces de canon appartenant à la première et à la seconde batterie d'artillerie, et par trois escadrons des chevaliers-gardes.

Dans la grande Millionne, près du pont de la Molka, une compagnie du régiment des chasseurs de la garde prit position avec deux bouches à feu ; une autre compagnie du même régiment fut portée avec quatre pièces auprès du pont qu'on traverse au-dessous du palais de l'Ermitage. Le premier bataillon du régiment de la garde d'Ismailoffsky et un escadron des chevaliers -gardes campèrent avec quatre pièces à l'angle du palais qui fait face à l'amirauté, du côté du fleuve; le second bataillon

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