‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 43 sur 331 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

du régiment des chasseurs de la garde occupa la place de VAmiraulé; un bataillon du régiment de Séménoffsky, un bataillon de celui de Moscou , le deuxième bataillon du régiment d'Ismaîloffsky, quatre pièces d'artillerie volante et quatre escadrons de la garde à cheval se for* maient en bataille sur la place d'Isaac sous les ordres de l'aide de camp général Wassilfchikoff; deux escadrons du régiment de la garde à cheval, une division de pionniers à cheval, un bataillon du régiment de la garde de Finlande et quatre pièces d'artillerie volanfe sous les ordres de l'aide de camp général Benkendorff, prirent position à Wassili-Ostroff; enfin le régiment des Cosaques de la garde reçut l'ordre d'envoyer des patrouilles sur tous Jes points de la capitale, plongée dans le silence et la stupeur.

Par ces sages dispositions, la (ranquillilé de la ville se trouva rétablie et assurée partout. Une heure après le dernier coup de canon , il ne restait pas réunis deux hommes de l'armée révolutionnaire*, plus de cinq cents insurgés étaient tombés aux mains des vainqueurs. Les principaux instigateurs de la révolte avaient été arrêtés et jetés provisoirement dans les cachots de la citadelle ; plusieurs autres, se faisant justice, étaient venus d'euxmêmes se constituer prisonniers.

Les marins de la garde étaient en grande partie rentrés dans leurs quartiers, où, repentants et eOrayés des conséquences de leur conduite , ils imploraient pardon et miséricorde. Le grand-duc Michel , dont la conduite pendant tous ces événements fut admirable, acheva par ses remontrances de leur faire prendre une détermination à laquelle d'ailleurs leurs regrets les avaient déjà préparés. Ils se rendirent tous à discrétion à la cléinence de l'Empereur. La plupart des soldats égarés

Ik6 HISTOIRE DE L'EMPEREUR NICOLAS.

da régiment des grenadiers de la garde suivirent le même «xemple.

L'empereur Nicolas ne rentra au palais qu'à sept heures du matin : aux droits de sa naissance , le Dieu des bataillons venait d^ajouter ceux de la conquête; aussi son premier soin, après avoir pressé sur sa poitrine rimpératrice mère et Tlmpératrice régnante , fut-il d'aller avec elles à la chapelle du palais pour remercier la Providence de la protection qu'elle lui avait accordée •durant cette journée et celte nuit néfastes.

Si le courage, le calme, la froide énergie de l'Empereur pendant l'action avaient fait l'admiration de tous les hommes de guerre qui l'entouraient, la tranquillité et la pieuse résignation des deux Impératrices avaient produit la même impression sur toutes les dames de la cour qui, à la première nouvelle du danger, s'étaient groupées autour d'elles. Au premier coup de canon , l'Impératrice mère, songeant aux funérailles d'Alexandre le «Grand, s'était évanouie; mais dès qu'elle eut repris connaissance, elle s'était mise en prière auprès de l'Impératrice régnante, à genoux comme elle, et n'avait cessé jusqu'à la fin du combat d'implorer la toute-puissaace du Roi des rois. Un seul instant elle avait interrompu ses oraisons pour dire à l'aide de camp général Demidoif : « Prenez ce portrait en miniature, général, et courez le montrer aux insurgés; qui saiti le souvenir et les traits de l'empereur Alexandre les rappelleront peutêtre au sentiment de leur devoir I » L'engagement des troupes put seul empêcher le général Demidoff de remplir cette pieuse mission. Les dalles de marbre où les deux princesses s'étaient agenouillées étaient littérale* ment arrosées de larmes.

Après avoir témoigné sa reconnaissance à Celui ^oi

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