CHAPITRE QUATRIÈME
L'ordre et la tranquillité étant rétablis sur tous les points de la capitale y l'empereur Nicolas adressa le manifeste suivant à ses peuples :
tt A tous Xos fidèles sujets savoir faisons :
V Le déplorable événement qui a troublé la journée du 14-26 décembre , cette journée oii Notre manifeste annonçait à Nos peuples que Nous venions de monter sur le trtoe, est connu dans tous ses détails par la relation que Nous en avons fait publier.
7) {Vu moment où les premiers corps de TEtat, tous les fonctionnaires militaires et civils, le peuple, les troupes Nous juraient unanimement obéissance et fidélité, et réunis dans Us temples du Seigneur appelaient sur \oire règne les bénédictions divines, une poignée de factieux, s'opposant à cet acte national, osa braver les lois, l'autorité, la discipline militaire. Pour dissiper la tourbe des rebelles, il fallut employer la force. Tel est en peu de mots cet événement tout entier. Peu important par lui-même , il ne l'est que trop par son principe et par ses conséquences.
7f Mais quelque douleur qu'elles Nous causent, Nous y retrouvons les impénétrables voies de la Providence, qui punit le mal, et qui, de ce mal même, fait sortir le bien. A la seule vue des premiers résultats de l'enquête dont les troubles du 14-26 sont l'objet, dans le mouvement qui les a produits, deux classes d'hommes se font reconnaître : les uns n'étaient qu'égarés , ils ignoraient le complot; les autres, véritables conspirateurs, les ont conduits.
V Que voulaient les hommes égarés? Garder la foi de leurs serments. Tous les artifices avaient été mis en œuvre pour leur faire croire qu'ils défendaient le trône,
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et, so«s l'empire de cette idée, ils n'ont pu se rendre à a«€«ne persuasion.
» Que voulaient les conspirateurs? Les mots sacrés de fidélité, de serment, d'ordre légitime, le nom même du Gésarowitsch et grand-duc Constantin n'étaient pour eux que des prétextes pour la trahison. Ils voulaient profiter du moment pour accomplir leurs criminels desseins, ces desseins longtemps tramés, longtemps médités, longtemps mûris dans les ténèbres, et dont le gouvernement n'avait qu'en partie pénétré le mystère, ils voulaient bouleverser l'empire, et sur ses ruines inaugurer l'anarchie.
» Quels étaient leurs moyens? l'assassinat — Leur première victime fut le gouverneur militaire comte Miloradowitsch. Celui qu'au champ d'honneur le sort des armes avait respecté dans cinquante batailles, a péri sous le fer d'un assassin. Ce meurtre n'a pas été le seul : le colonel Sturter, commandant du régiment des grenadiers du corps, tué, le général-major Scbenschine, le général-major Friedrichs, et d'autres, grièvement blessés, ont scellé de leur sang leur fidélité à l'honneur et au devoir.
y> Entraînés dans le mouvement, les soldats des compagnies séduites n'ont participé à ces attentats ni de fait ni d'intention. Une enquête sévère m'en a donné la preuve, et je regarde comme un premier acte de justice et comme une première consolation de les déclarer innocents. Mais cette même justice me défend d'épargner les coupables. Tous ceux dont le procès s'instruit et qui seront reconnus coupables subiront un châtiment proportionné à leurs crimes.
» D'après les mesures déjà prises, le procès, le châtiment embrasseront dans toute son étendue, dans toutes