‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 5 sur 331 · CHAPITRE PBKIIIKR · texte numérisé non relu

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d'autre part, convenaient à leur nature ardente et impétueuse. Nicolas voyait en Michel, quoique plus jeune, Fami de son enfance , le compagnon de ses jeux, l'émule de son instruction; tous deux s'affectionnaient d'une amitié tendre et presque exclusive, que la mort seule a pu briser. Tous deux*, dans une poitrine d'acier, portaient un cœur d'or^ et cachaient , sous une écorce impénétrable, le germe d'une délicatesse de sentiments qui devait éclore et mûrir à la douce chaleur du fojer domestique.

A mesure que le grand-duc Nicolas sortait de l'enfance, sa taille devenait élégante et majestueuse comme celle d'Alexandre. La taille du grand-duc Michel, réduite à de moins grandes proportions » semblait avoir été coulée dans le moule de celle de son frère Constantin. Mais à mesure que Nicolas devenait homme , son caractère, se transformant avec l'âge, prit une teinte sérieuse, austère et concentrée même, qu'on pouvait prendre pour de la dissimulation , mais qui n'était réellement que l'impression d'une âme solitaire et méditative. Le côté grave, sévère, de la physionomie de Nicolas, servant de cadre aux qualités aimables qui se développèrent plus tard chez lui, ne devait que mieux faire ressortir la douceur, la cordialité, la franchise et la touchante affection formant les traits distinctifs de sa nature d'élite et privilégiée.

A quinze ans, le grand-duc, pressentant déjà l'orage qui se préparait au loin pour éclater sur la Russie, dirigea toute son activité sur l'art militaire; aussi ses connaissances théoriques en faisaient-elles un officier remarquable lorsque Torage prévu retentit en trombes de colère au delà du Niémen. .

C'était en 1812. Napoléon, suivant le vol de ses aigles Toin I. ^

3it HISTOIRE DE L'EMPEREUR \ICOLAS.

victorieuses, s'avançait sur la route du Kremlin.... Les destinées du inonde aUaient se décider dans les vastes steppes de la Russie. A Touragan de fer qui , de Smolensk et de la Moskowa (Borodino), marchait sur Moscou, la ville sainte préparait des murailles de feu... La torche de Rostopcbine, se mesurant à Tépée d'Austerlitz , allait pour la première fois arrêter Tirrésislible élan de l'armée française.... Alors, prêtant l'oreille aux tressaillements du monde en armes, le grand*duc Nicolas, impatient de prendre part à la lutte, écrivit une lettre respectueuse à son empereur et frère, pour le supplier de lui permettre de prendre parmi les défenseurs de la patrie la place qui convenait à un Romanoff.... Alexandre, tout en appréciant la noblesse des sentiments qui avaient dicté cette lettre, y répondit par un refus motivé sur la trop grande jeunesse de son frère. Nicolas, désespéré, comprit sérieusement, pour la première fois peut-être, tout ce qu'il y avait de difficile et de sublime dans le devoir de l'obéissance.... 11 se résigna.... Il avait compris que pour apprendre à commander à soixante millions d'hommes , il fallait apprendre d'abord à obéir. Ce fut là sa première victoire.

Profondément attristé de l'inactivité à laquelle l'ordre de l'Empereur l'avait condamné , Nicolas ne fit pas entendre une seule plainte, une seule parole de mécontentement; mais il s'attacha avec une application plus grande encore aux études qui possédaient ses plus chères prédilections.

Il se livra principalement à l'étude des mathématiques ei du génie, sciences ardues dont il sut bientdt résoudre les problèmes les plus étendus et les plus difficiles. Ce ^oût inné pour les sciences exactes a dà nécessairement avoir une grande influence sur les dispositions de son

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